ET
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but qu’ils poursuivent de toutes manières, même au prix de toutes les meurtrissures du cœur et du corps, dans le travail et la souffrance, dans la faim et la soif, dans le froid et la nudité (1). Cette vertu, toujours en haleine, toujours intrépide à l'effort tenté pour le prochain, elle sera merveilleusement favorisée et raffermie par la fréquente considération des biens célestes. Et à mesure qu'ils s'appliqueront davantage à cette contemplation, ils verront avec plus de clarté apparaître la grandeur, l'excellence et la sainteté de leurs fonctions sacerdotales. Ils comprendront l’infortune de tant d'hommes qui, rachetés par Jésus-Christ, courent pourtant à leur perte éternelle; et, dans la pensée de l'être divin, ils trouveront . un surcroît d’ardeur pour s'appliquer à l'amour de Dieu et pour y exciter les autres. |
Voilà le plan le plus sûr pour arriver au salut commun. Mais, en lappliquant, il faut bien prendre garde à ne pas se laisser effrayer par la grandeur des difficultés, ou décourager par la durée des maux qu'il s’agit de guérir. Dieu, dans son équitable et immuable justice, réserve des récompenses aux bonnes actions et des supplices aux péchés. Mais les peuples et les nations, ne pouvant se perpétuer au delà des limites de la vie mortelle, doivent nécessairement recevoir ici-bas même la rémunération due à leurs actes. Aussi bien n'est-ce pas une chose nouvelle de voir prospérer une cité coupable. C'est l'effet d’un juste conseil de Dieu, qui, par ce genre de bienfaits, accorde parfois aux actions louables (et 1l n’est aucune nation qui en soit complètement dépourvue) une certaine récompense ; saint Augustin nous rapporte qu'il en fut ainsi pour le peuple : romain. C’est pourtant une loi tout à fait régulière que la prospérité d'un Etat dépende beaucoup de la manière dont il pratique officiellement la vertu, et particulièrement celle qui est la mère de __ toutes les autres, la justice. La justice élève les nations, tandis que le péché rend les peuples misérables (2). Ce n'est pas le cas de nous arrêter ici à la considération des injustices triomphantes, ni de . rechercher s’il n’est point certains Etats dont les affaires semblent
aller au gré de leurs désirs, et qui portent pourtant, comme‘caché au fond de leurs entrailles, un germe de misère. La seule chose que Nous voulons faire entendre, et l’histoire à cet égard est toute pleine d'exemples, c’est que les actions injustes finissent toujours par être punies, et que la sévérité de cette punition est proportionnée à la durée du crime.
Pour Nous, Nous trouvons une grande consolation dans cette pensée de l’apôtre saint Paul : Tout, en effet, est à vous ; mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu (3). Mystérieuse conduite de . la divine Providence, qui dirige et gouverne si bien le cours des
choses mortelles que, de tout ce qui arrive aux hommes, il n'est ” rien qui ne serve à la gloire de Dieu même et qui ne profite en même , temps au salut de ceux qui, de cœur et en vérité, cherchent Jésus- Christ! Or, tous ceux-là ont pour mère etnourrice, pour gardienne et pour guide, l'Eglise, cette Eglise qui, attachée au Christ son époux ar les liens intimes d’une indissoluble charité, lui est pareillement unie par la communauté des luttes et l'association dans la victoire,
& EXEUNTE JAM ANNO »,
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sed valde pertimescimus de salute Ft de qui, Ecclesia
superbe posthabita, érrore vario in interitum aguntur : angimur
earum causà civitatum, quas spectare cogimur aversas a Deo,
et summos rerum énnium discrimini onda securitate indor-
mientes. Mihil Ecclesiæ par est... Quot Ecclesiam oppugnarunt
ue perierunt? Ecclesia vero cœlos transcendit. Talis est celesiæ magnitudo; vincit impugnata, insidiis appetita supe-
rat... luctatur nec prosternitur pugilatu certat nec vincitur (1). Neque solum non vincitur, sed illam, quam perenni hausiu à Deo ipso derivat, emendatricem naturæ et efficientem salutis viriutem conserva integram, nec ulla temporum permutatione
mutabilem. Quæ virtus si senescentem vitiis et perditum supers-
titione mundum divinitus liberavit, quidni devium revocabit? Conticescant aliquando suspiciones ac simultates : amotisque impedimentis, esto jurium suorum ubique compos Ecclesia, cujus est tueri ac propagare parta pe Jesum Christum beneficia.
Tunc enimvero licebit experiendo cegnoscere quo lux Evangelii.
pertineat, quid virtus Christi redemptoris possit. — Hic annus,
qui est in exitu, non pauca, ut iritio diximus, reviviscentis
fidei indicia prætulit. Utinam istiusmodi velut scintilla crescat in vehementem flammam, quæ absumptis vitiorum radicibus, viam celeriter expediat ad renovandos mores et salutaria capessanda. Nos quidem mystico Ecclesiæ navigio tam adversa tempestate præpositi, mentem animumque in divinum gubernatorem defigimus, qui clavum tenens sedet non visus in puppi.
Vides, Domine, ut undique eruperint venti, ut mare inhorrescat, magna vi excitatis fluctibus. Impera, quæsumus, qui . solus potes, et ventis et mari, redde hominum generi pacem
veri nominis, quam mundus dare non potest, tranquillitatem
ordinis. Scilicet munere impulsuque tuo referant sese homines …
ad ordinem debitum, restituta, ut oportet, pietate in Deum, justitia et caritate in proximos, temperantia in semelipsos, domitis ratione cupiditatibus. Adveniat regnum tuum, tibique subesse ac servire ii quoque intelligant oportere, qui veritatem et salutatem, te procul, vano labore exquirunt. Inest in legibus tuis æquitas ac lenitudo paterna : ad casque servandas ultro nobis ipse suppeditas expeditam virtute tua facultatem. Militia
est vita hominis super terram; sed ipse certamen inspectas, et:
adjuvas hominem ut vincat, et deficientem sens et vincentem coronas (2). |
Atque his sensibus erecto in spem tan ne animo,
munerum cœlestium auspicem et benevolentiæ Nosiræ testem,
(1) S. Jo. Chrys. O. post Eutrop. captum habita. n. he — (2) Cf. S HE in Ps. 23.
; ÉCEMBRE 1888 PAU RET Nous n'avons donc et Nous ne pouvons avoir aucune inquiétude pour l'Eglise ; mais le sujet de Nos vives alarmes, c'est le salut de tant d'hommes qui mettent dédaigneusement l'Eglise à l’écart et que les : nombreux chemins de l’erreur conduisent à leur perte ; ce qui Nous - remplit d'angoisses, c’est le sort de ces cités que Nous sommes condamné à voir se détourner de Dieu et s'endormir, au plus fort de la crise commune, dans la plus folle sécurité. Rien n’est comparable à | l'Eglise... Combien l'ont attaquée et ne sont plus ? L'Eglise ! elle monte jusqu'aux cieux. Telle est sa grandeur qu’elle triomphe des attaques et sort victorieuse de toutes les embüches : elle lutte sans jamais succomber, elle descend dans l'arène sans étre jamais vaincue (1). Et non seulement elle n’est point vaincue, mais cette vertu que, par une inspiration incessante, elle puise en Dieu même et qui, en transformant la nature, opère le salut, elle la conserve intacte et à l’abri de toutes les vicissitudes des âges. Or, si cette vertu à pu divinement sauver un monde vieilli dans le vice et abîmé dans les superstitions, pourquoi ne le ramènerait-elle pas de ses égarements ? Trêve donc aux méfiances et aux ressentiments! Ecartons les entraves, et qu'en possession de ses droits rentre enfin cette Eglise à qui appartient la garde et la propagation des bienfaits de Jésus-Christ. Alors, nous pourrons connaître par expérience ce que vaut la lumière de } Evangile, ce que peut la vertu du Christ rédempteur.
Cette année, qui touche à sa fin, Nous a, par bien des indices, fait constater (Nous l'avons dit en commencant) une renaissance de . foi. Plaise à Dieu que cette étincelle devienne une flamme ardente, - qui, consumant jusqu'à la racine des vices. ouvre bientôt la voie au renouvellement des mœurs er aux œuvres du salut! Pour Nous, à qui a été confiée, dans des temps si difficiles, la nef mystique de - l'Eglise, Nous tenons Notre esprit et Notre cœur fixés vers le divin Pilote, qui, le gouvernail en main, se tient, invisible, à la poupe. Vous voyez, Seigneur, comme les vents se sont de toutes parts déchaînés, comme la mer se soulève par la violence des flots irrités. . Commandez, Nous vous en supplions, vous qui le pouvez seul, com- mandez aux vents et à la mer ! Rendez à la race humaine la véritable po celle que le monde est impuissant à donner, la tranquillité da l’ordre ! Par votre grâce et sous votre impulsion, que les hommes rentrent dans l’ordre légitime, restaurant, selon leur devoir et par l’assujettissement de leurs passions à-la raison, la piété envers Dieu, la justice et la charité envers le prochain, la tempérance envers eux-mêmes! Que votre règne arrive, et que la nécessité de . vous être soumis et de vous servir soit comprise de ceux-là mêmes qui, pour chercher loin de vous la vérité et le salut, s’épuisent en vains efforts. Vos lois sont pleines d'équité et de douceur paternelle, - et pour en procurer l'exécution, vous offrez vous-même à nos - facultés le secours de votre vertu. La vie de l’homme sur la terre … est une vie de combats; mais vous-même vous assistez à la lutte,
dant l’homme à triompher, relevant ses défaillances, couronnant sa vicloire (2). RSR O N AT SRE, Dans ces sentiments qui relèvent nos cœurs vers les joies d'une erme espérance, et comme augure des bienfaits célestes et témoi-
te OU A
« EXEUNTE JAM ANNO », 25 D
vobis, Venerabiles Fratres, et Clero populoque catholico universo apostolicam benedictionem peramantef in Domino impertimus.
Datum Romæ apud S. Petrum, ipso die natali D. N. Jesu An. MDCCCLXXX VIT, Pontificatus Nostri undecimo.
P- FPS ET ES ne AR: La
nage de Notre bienveillance, Nous Vous accordons avec amour dans e Seigneur, à Vous, Vénérables Frères, en même temps qu'au clergé etau peuple catholique toutentier,la Bénédiction Apostolique.
Donné à Rome, près Saint-Pierre, le jour même de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en l’année 1888, de Notre Pontificat la onzième,
S. S. D. N. LEONIS PAPÆ XIII
EPISTOLA ENCYCLICA