LA TRÈS SAINTE VIERGE
A Nos Vénérables Frères les Patriarches, Primats, Archevéques et Evéques el les autres ou ayant paix et communion avec le a
LÉON XII, PAPE Vnérabls Frères, Salut et Bénédiction Apostolique.
° Bien que, plusieurs fois déjà, Nous ayons ordonné que des prières
spéciales fussent faites dans le monde entier et que les intérêts catholiques fussent avec plus d'instances recommandés à Dieu, personne, néanmoins, ne s’étonnera que Nous jugions opportun, \ au temps présent, d’ inculquer de nouveau ce même devoir,
. Aux époques de difficultés et d'épreuves, surtout lorsque la licence . de tout oser pour la ruine de la religion chrétienne semble laissée à la puissance des ténèbres, l'Eglise a. toujours eu la coutume d'implorér avec plus de ferveur et de persévérance Dieu, son auteur et * son défenseur, en recourant aussi à l’intercession des saints — et principalement de l’auguste Vierge, Mère de Dieu, dont le patronage lui paraît devoir être le plus efficace. Le fruit de ces pieuses supplications et de la confiance mise sr la bonté divine Spore {tôt ou tard. VF Or, Vous connaissez Les temps où nous vivons, Vénérables Frères: S ne sont pas beaucoup moins calamiteux pour la religion chréfi nne que ceux qui, dans le passé, furent le plus remplis de cala-
nités. Nous voyons s'éteindre dans un grand nombre d'âmes le prin- cipe de toutes les vertus chrétiennes, la foi; la charité se refroidir; la jeunesse grandir dans la dépravation des mœurs et des opinions; ise de Jésus-Christ attaquée de toute part par la violence et
pa nue une guerre vie dirigée contre le Souverain Pon-
gnari bellum atrox cum Pontificatu geri : ipsa icons funds menta crescente in dies audacia labefactari. Quo descensum novissimo tempore sit, et quid adhuc agitetur animis, plus eStRe 4 cognitum, quam ut verbis declarari aporteat. 4
Tam difficili miseroque statu quoniam mala sunl, quam remedia humana, majora, restat ut a divina virtute omnis eorum petenda sanatic sit. Hac de causa faciendum duximus, ut pietatem populi christiani ad implorandam studiosus et constantius Dei omnis potentis opem incitaremus. Videlicet apropinquante jam mense octobri, quem Virgini Mariæ a Rosario dicatum esse alias decrevimus, vehementer hortamur, ut maxima qua fieri potest religione, pietate, frequentia mensis ille totus hoc anno agatur.
Paratum novimus in materna Virginis bonitate perfugium : spesque Nostras non frustra in ea collocatas certo scimus. Si centies illa in magnis christianæ reipublicæ temporibus præsens adfuit, 3 dubitetur, exempla potentiæ gratiæque suæ renovaluram, humiles constantesque preces communiter adhi- … beantur ? in tanto mirabilius credimus adfuturam, quanto se diutius obsecrari maluerit . 4
Sed aliud quoque est propositum in Nobis : cui proposito dia * gentem, ut soletis, Venerabiles Fratres, Nobiscum dabitis operam. Scilicet quo se placabiliorem ad preces impertiat Deus, pluribusque deprecatoribus, Ecclesiæ suæ celerius ac prolixius opituletur, magnopere hoc arbitramur expedire, ut una cum Virgini | deipara catissimum ejus Sponsum beatum Josephum implorare 4 populus christianus prœæcipua pietate et fidenti animo insuescat: quod optalum gratumque ipsi Virgini futurum, certis de causis : judicamus. 4
Profecto hac in re, de qua nunc primum publice dicturi aliquid. ke sumus, pietatem popularem cognovimus non modo pronam, . sed velut instituto jam cursu progredientem: proptérea quod Josephi cultum, quem superioribus quoque ætatibus romani Pon-. tifices sensim provehere in majus et late propagere studuerant, postremo hoc tempore vidimus passim nec dubiis incrementis augescere, præsertim postea quam Pius IX fe. rec. decessor Nos- : ter sanctissimum Patriarcham, plurimorum episcoporum rogatu, patronum Ecclesiæ catholicæ ‘declaravit. Nihilominus cum tanti referat, venerationem ejus in moribus institutisque catholicis penitus inhærescere, idcirco volumus populum christianum voce imprimis atque auctoritate Nostra moveri.
Cur beatus Josephus nominatim habeatur Ecclesiæ patronus,. vicissimque plurimum sibi Ecclesia de ejus tutela phscniogies polliceatur causæ illæ sunt rationesque singulares, quod is vi. fuit Mariæ, et pater, ut putabatur, Jesu Christ. Hinc omnis ejus dignitas, gratia, sanctilas, gloria PEOIEG CEra matris Dei lan É.
| | ENGYGLIQUE DE s. Se Léon x GPA I TRE
QUANQUAM PLURIES. » vi AOÛT 1889 : V1953
. tificat; les fondements mêmes dela religion ébranlés avec une | audace chaque jour croissante. À quel degré on en est descendu, en . ces derniers temps, et quels desseins on agite encore, c'est trop connu pour qu'il soit besoin de le dire.
.: Dans une situation si difficile et si malheureuse, les remèdes humains sont insuffisants, et le seul recours est de solliciter de 1a | puissance divine la guérison.
C'est pourquoi Nous avons jugé devoir Nous adresser à la piété du peuple chrétien pour l’exciter à implorer avec plus de zèle et de constance le secours de Dieu tout-puissant. A l’approche donc du mois d'octobre, que Nous avons précédemment prescrit de consacrer à la Vierge Marie sous le titre de Notre-Dame du Rosaire, Nous exhortons vivement les fidèles à accomplir les exercices de ce mois avec le plus de religion, de piété et d’assiduité possible. Nous savons qu'un refuge est prêt dans la bonté maternelle de la Vierge et Nous avons la certitude de ne point placer vainement en elle oi espérances. Si cent fois elle à manifesté son assistance dans les époques critiques du monde chrétien, pourquoi douter qu'elle ne renouvelle les exemples de sa puissance et de sa faveur, si d’humbies et constantes prières lui sont partout adressées? Bien plus, Nous croyons que son intervention sera d'autant plus merveilleuse qu'elle aura voulu se laisser implorer plus longtemps.
Mais, Nous avons un autre dessein que, selon Votre coutume, Vénérables Frères, Vous seconderez avec zèle. Afin que Dieu se montre plus favorable à Nos prières et que, les intercesseurs étant nombreux, il vienne plus promptement et plus largement au secours de son Eglise Nous jugeons très utile que le peuple chrétien s’habitue à invoquer avec une grande piété et une grande confiance, en même temps que la Vierge, ‘Mère de Dieu, son très chaste Epoux, le bienheureux Joseph : ce ‘que Nous estimons de science certaine être, pour la Vierge elle-même, désiré et agréable.
__ Au sujet de cette dévotion, dont Nous parlons publiquement pour = la première fois aujourd'hui, Nous savons sans doute que, non seulement le peuple y est incliné, mais qu'elle est déjà établie et en - progrès. Nous avons vu, en effet, le culte de saint Joseph que, dans les siècles passés, les Pontifes Romains s'étaient appliqués à déve- lopper peu à peu et à propager, croître et se répandre-à notre époque, surtout après que Pie IX, d’heureuse mémoire, Notre pré- | décesseur, eut proclamé, sur la demande d’un grand nombre d'évêques, le très saint patriarche patron de PEglise catholique. Toutefois, comme il est d’une si haute importance que la vénération envers saint Joseph s’enracine dans les mœurs et dans les institutions catholiques, Nous voulons que le peuple chrétien y soit incité avant tout par Notre parole et par Notre autorité. ï
: Les raisons et les motifs spéciaux pour lesquels saint Joseph est . nommément le patron de l'Eglise et qui font que l'Église espère - beaucoup, en retour de sa protection et de son patronage, sont que . Joseph fut l'époux de Marie et quil fut réputé le père de Jésus-
Christ. De là ont découlé sa dignité, sa faveur, sa sainteté, sa gloire. ; LETTRES APOSTOLIQUES... DE S. S, LÉON XIII, — T, II 9
254 ; SAN | ENCYCLIQUE DE $. 8 LÉON xt )
in excelso dignitas est, ut nibil fieri majus lee Sed mets
quia intercessit Josepho cum Virgine beatissima maritale vinclum, ad illam præstantissimam dignitatem, qua naturis creatis omnibus longissime Deipara antecellit, non est dubium quin accesserit 1pse, ut nemo magis. Est enim conjugium societas
necessitudoque omnium maxima, quæ naturà suâ adjunctam
habet bonorum unius cum altero communicationem. Quocirca si
sponsum Virgini Deus Josephum dedit, dedit profecto non modo
vitæ socium, virginitatis testem, lutorem honestatis, sed etiam
excelsæ dignitatis ejus ipso conjugali fœdere participem. — ;
Similiter augustissima dignatate unus eminet inter omnes, quod divino consilio custos fili Dei fuit, habitus hominum opinione
paier. Qua ex re consequens erat, ut Verbum Dei Josepho modeste subesset, dictoque esset audiens, omnemque adhiberet
honorem, quem liberi adhibeant parenti suo necesse est. Jamvero ex hac duplici dignitate officia sponte Sequebantae
quæ patribusfamilias natura præscripsit, ita quidem ut domus
divinæ, cui Josephus præerat, custos idem et curator et defen-
sor esset legitimus ac naturalis. Cujusmodi Gfficia ac munia ille
quidem, quoad suppeditavit vita mortalis, revera exercuit. Tueri
conjugem divinamque sobolem amore summo et quotidiana assi-
duitate studuit: res utrique ad victum cultumque necessarias labore suo parare consuevit : vitæ discrimen, regis invidia conflatum, prohibuit, quæsito ad securitatem perfugio : in itinerum incommodis exiliique acerbitatibus perpetuus et Virgini et Jesu
comes, adjutor, solator exlitit. Atqui domus divina, quam Jose- . phus velut potestate patria gubernavit, initia exorientis Ecclesiæ
continebat. Virgo sanctissima quemadmodum Jesus Christi genitrix, ita omnium est christianorum mater, quippe quos ad
Calvariæ montem inter supremos Redemptoris cruciatus genera-
vit: itemque Jesus Christus tamquam primogenitus est christianorum, qui ei sunt adoptione ac redemptione fratres.
Quibus rebus causa nascitur, cur beatissimus Patriarcha commendatam sibi peculiari quadam ratione sentiat multitudinem
christianorum, ex quibus constat Ecclesia, scilicet innumerabilis
isthæc perque omnes terras fusa familia, in quam, quia vir . Mariæ et pater est Jesu Christi, paterna propemodum auctoritate : pollet. Est igitur consentaneum, et beato Josepho apprime
dignum, ut sicutille olim Nazarethanam familiam, quibuscumque rebus usuvenit, sanctissime tueri consuevit, ita nunc PURGE cælesti Ecclesiam Christi tegat ac-defendat.
Hæc quidem, Venerabiles Fratres, facile intelligitis ex €0 !
confirmari, quod non paucis Ecclesiæ patribus, ipsa adsentiente Sacra liturgia, opinio insederit, veterem illum Josephum, Jacobo
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