‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 67 sur 85 · LUE ES QUAMQUAM PLORES. », 4. AOÛT · texte numérisé non relu

LUE ES QUAMQUAM PLORES. », 4. AOÛT

Certes, Ja dignité de la Mère de Dieu cé si haute, qu'il ne peut être . créé rien au-dessus. Mais, toutefois, comme Joseph a été uni à la Bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu'il . n’ait approché plus que personne de cette dignité suréminente par - laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les natures créées. Le mariage est, en effet, la société et l'union de toutes la plus intime, qur entraîne de sa nature la communauté des biens 3 entre l’un et l'autre conjoint. Aussi, en donnant Joseph pour époux … à la Vierge, Dieu lui donna non seulement un compagnon de sa vie, un témoin de sa virginité, un gardien de son honneur, mais encore, …. en vertu même du parie conjugal, un participant de sa sublime dignité. | . Semblablement, losaph brille entre tous par la plus auguste » dignité, parce qu'il a été, de par la volonté divine, le gardien du FÜs de Dieu, regardé par les hommes comme son père. D'où il résultait que le Verbe de Dieu était humblement soumis à Joseph, qu'il lui obéissait et qu'il Jui rendait tous les devoirs du les enfants sont obligés de rendre à leurs parents.

De cette double dignité découlaient d’elles-mêmes les charges que la nature impose aux pères de famille, de telle sorte que Joseph était le gardien, l'administrateur et le défenseur légitime et naturel » de la maison divine dont il était le chef. IL exerca de fait ces

charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’apphiqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son Epouse et le divin Enfant; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l'un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement; il préserva de la mort l'Enfant menacé par la jalousie d’un roi, en ‘Jui procurant un refuge; dans les incom- » modités des voyages et les amertumes de l'exil fut constamment le compagnon, l'aide et le soutien de la Vierge et de Jésus.

… Or, la divine maison que Joseph gouverna comme de Pautorité. … du père, contenait les prémices de l'Eglise naissante. De même que Ja Très Sainte Vierge est la Mère de Jésus-Christ, elle est la Mère de tous les chrétiens, qu'elle a enfantés sur le mont du Calvaire, au milieu des souffrances suprèmes du Rédemoteur ; Jésus-Christ aussi … est comme le premier-né des chrétiens, qui, par l'adoption et la 3 rédemption, sont ses frères.

Telles sont les raisons pour lesquelles le bienheureux Patriarche regarde comme lui étant particulièrement confiée la multitude des chrétiens qui compose l'Eglise, c'est-à-dire cette immense famille . répandue par toute la terre, sur laquelle, parce qu'il est l'époux de Marie et le père de Jésus- Christ, il possède comme une autorité >aternelle. Il est donc naturel et très digne du bienheureux Joseph que, de même qu'il subvenait autrefois à tous les besoins de la famille de Nazareth et l’entourait saintement de sa protection, il . couvre maintenant de son céleste pétponese et défende l'Eglise de Jésus-Christ.

Vous comprenez feilement, Vénérables Frères, que ces considéations sont confirmées par l'opinion qu'un -grand nombre de Pères 1 PES ont admise et à laquelle acquiesce la sainte liturgie elle-

256 | ENGYGUIQUE DE ‘5. 4 LÉON XI HART patriarcha natum , bujus nostri personam adimbrassé ac munéra, è itemque claritate sua custodis divinæ familiæ futuri magnitudinem ostendisse. Sane præterquam quod idem utrique contigit nec vacuum significatione nomen, probe cognitæ vobis sunt

. aliæ eædemque perspicuæ inter utrumque similitudines: illa imprimis, quod graliam adeptus est a domino: suo benevolentiamque singularem : cumque rei familiari essèt ab eodem præpositus, prosperitates secundæque res herili domui, Josephi gratià, affatim obvenere. Illud deinde majus, quod regis jussu | toti regno summa cum potesiate præfuit ; quo aultem tempore calamitas fructuum inopiam caritatemque rei frumentariæ peperisset, ægyptiis ac finitimis tam excellenti providentia consuluit ut eum rex salvatorem mundi appellandum decreverit. — Ita in vetere illo Patriarcha hujus expressam imaginem licetagnoscere. Sicut alter p:osperus ac salutaris rationibus heri sui domesticis fuit, ac mox un:verso regno mirabiliter profuit, sic alter christiani nominis custodiæ destinatus, defendere ac tutari putandus est Ecclesiam, quæ vere domus Domini est Deique in terris regnum. .

Est vero cur omnes, qualicumque conditione locoque, fidei sese tutelæque beati Josephi commendat atque committant. — Habent in Josepho patres familias vigilantiæ providentiæque paternæ præstantissimam formam : habent conjuges amoris, una- … nimitatis, fidei conjugalis perfectum specimen : habent virgines | integritatis virginalis exemplar eumdem ac tutorem. Nobiligenere | nati, proposita sibi Josephi imagine, discant retinere etiam in afflicta fortuna dignitatem : locupletes intelligant, quæ maxime appetere totisque viribus colligere bona necesse sit. Sed prole- … larii, opifices, quotquot sunt inferiore fortuna, debent suo quo dam proprio jure ad Josephum confugere, ab eoque, quod imi- tentur, capere. Is enim, regius sanguis maximæ sanctissimMæque | omnium mulierum matrimonio junctus, pater, ut putabatur, fiii Dei, opere tamen faciendo ætatem transigit, et quæcumque ad . suorum tuitionem sunt necessaria, manu et arte quærit. Non est igitur, Si Verum exquiritur, tenuiorum abjecta conditio :. neque solum vacat dedecore, sed valde potest, adjuncta virtute, omnis opificu noblitiarim labos. Josephus, contentus et suo e parvo, angustias cum illa tenuitate cultus necessario conjuncta æquo animo excelsoque tulit, scilicet ad exemplar filii sui, qui, acceptà formä servi cum sit Dominus omnium, ne ne atque indigentiam voluntate suscepit. mn?

& QUAMQUAM PLURIES », 15 aouT 1889 Ft ART

. même, que ce Joseph des temps anciens, fils du patriarche Jacob, fut la figure du nôtre et, par son éclat, témoigna de la grandeur du # futur gardien de la divine famille.

Et, en effet, outre que le même nom, point dénué de signification, fut donné à l’un et à l’autre, vous connaissez parfaitement les simi-

premier Joseph obtint la faveur et la particulière bienveillance de | son maître, et que, étant préposé par lui à l'administration de sa . maison, il arriva que la prospérité et l'abondance affluèrent, grâce à Joseph, dans la maison du maître; celle-ci ensuite, plus impor-

le Sauveur du monde.

. C’est ainsi que dans cet ancien patriarche il est permis de reconnaître la figure du nouveau. De même que le premier fit réussir et prospérer les intérêts domestiques de son maître et bientôt rendit de merveilleux services à tout le royaume, de même le second, destiné à être le gardien de la religion chrétienne, doit être regardé comme le protecteur et le défenseur de l'Eglise, qui est vraiment la maison du Seigneur et le royaume de Dieu sur la terre. Il existe des raisons pour que les hommes de toute condition et de tout pays se recommandent et se confient à la foi et à la garde du bienheureux Joseph.

parfait exemple d'amour, d'accord et de fidélité conjugale; les vierges ont en lui, en même temps que le modèle, le protecteur de

Joseph à garder, même dans l'infortune, leur dignité ; que les riches comprennent par ses lecons, quels sont les biens qu'il faut désirer et acquérir au prix de tous ses efforts. HR

Quant aux prolétaires, aux ouvriers, aux personnes de condition . médiocre, ils ont comme un droit spécial à recourir à Joseph et à | se proposer son imitation. Joseph, en effet, de race royale, uni par le mariage à la plus grande et à la plus sainte des femmes, regardé comme le père du Fils de Dieu, passe néanmoins sa vie à travailler » et demande à son labeur d’artisan tout ce qui est nécessaire à

l'entretien de sa famille. 4 ONE ù

Il est donc vrai que la condition des humbles n’a rien d’abject, et

- peut, si la vertu vient s'y joindre, être grandement ennohli. Joseph, … content du peu qu'il possédait, supporta les difficultés inhérentes à

e toutes choses, s’assujettit volontairement à l’indigence et au anque de tout. ù (rs

vivent du travail de leurs maïns doivent relever leur courage et

litudes évidentes qui existent entre eux : celle-ci d’abord, que le

l'intégrité virginale. Que les nobles de naissance apprennent de.

non seulement le travail de l’ouvrier n’est pas déshonorant, mais il

cette médiocrité de fortune avec grandeur d'âme, à l’imitation de son Fils qui, après avoir accepté la forme d’esclave, lui, le Seigneur

Au moyen de ces considérations, les pauvres et tous ceux qui.

Les pères de famille trouvent en Joseph la plus beile personnifi- pe cation de la vigilance et de la sollicitude paternelle; les époux, un

298 Na . ENGYGLIQUE DE S. S. LÉON x RS Mo

tire egeni et quotquot manuum mercede vitam tolerant : “quibus siemergere ex egestate et meliorem statum acquirere concessum est non repugnante justitia, ordinem tamen providentià Dei . constitutum subvertere, non ratio, non justitia permittit. Immo. vero ad vim descendere, et quicquam in hoc genere aggredi per seditionem ac turbas, stultum consilium est, mala illa ipsa effi- ciens plerumque g graviOrTa, quorum leniendorum causâ suscipitur. Non igitur seditiosorum hominum promissis confidant inopes, si Sapiunt, sed exemplis patrocinioque beati Josephi, itemque .materna Ecclesiæ caritate, quæ scilicet de illorum statu curam gerit quotidie majorem.

Jtaque plurimum Nobis ipsi, Venerabiles Ps de vestra auctoritate studioque episcopali polliciti : nec sane diffiusi; bonos ac pios plura etiam ac majora, quam quæ jubentur, sua sponie ac voluntate facturos, decernimus, ut octobri toto in recitatione Rosaru, de qua alias statuimus, oratio ad sanctum Josephum ‘adjungatur, cujus formula ad vos una cum his Litteris perferetur ; idque singulis annis perpetuo idem servetur. Qui autem oratio= nem supra dictam pie recitaverint, indulgentiam singulis septem

annorum totidemque quadragenarum i in singulas vices tribuimus. Ilud quidem salutare maximeque laudabile, quod est jam alicubi institutum, mensem martium honori sancti Patriarchæ quotidiana pietatis exercitatione consecrare. Ubi id institui non facile queat, optandum saltem ut ante diem ejus festum in tem- 4 plo cujusque opidi principe supplicatio in triduum fiat. Quibus autem in locis dies decimus nonus martii, beato Josepho sacer, numero festorum de præcepto non comprehenditur, hortamur singulos, ut eum diem privata pietate sancte, quoad fieri potest, … in honorem Patroni cælestis, perinde ac de præcepto, agere ne À!

recusent. 4

Interea auspicem cælestium munerum et Notre benevolentiæ testem vobis, Venerabiles Fratres, et Clero populoque vestro | apostolicam benedictionem peramanter in Domino impertimu s

Datum Romæ apud S. Petrum die XV Augusti Le.

| MOUOSRESRERS: Pontificatus Nostri Duodecimo.

Lys PP. XII

Page 1