‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 8 sur 85 · SUR LA · texte numérisé non relu

SUR LA

cons TITUTION | CHRÉTIBNNE DES ÉTATS

À tous Nos Vénérables Frères, les Patriarches, Primats, Archevéques et Evéques du monde catholique, en grâce ef communion avec le Siège. . Apostolique.

LÉON Ar PAPE

1 | NO ER CNT Er Fhérés Salut et Bénédiction apostolique.

‘Ouvre. immortelle du Dieu de miséricorde, l'Eglise, bien qu’ en

soiet de sa nature elle ait pour but le salut des âmes et la félicité

éternelle, est cependant, dans la sphère même des choses humaines, la source de tant et de tels avantages qu'elle n’en pourrait procurer de plus nombreux et de plus grands, lors même qu'elle eût été fondée surtout et directement en vue d'assurer ja félicité de cette MAO UT |

Partout, en effet, où l'Eglise a pénétré, elle a immédiatement

. seulement de vertus inconnues jusqu'alors, mais encore d’une civi- lisation toute nouvelle. Tous les peuples qui l'ont accueillie se sont * distingués. par la douceur, l'équité êt la gloire des entreprises. —

£t toutefois, c'est une accusalion déjà bien ancienne que l'Eglise,

: dit-on, est ‘contraire aux intérêts de la société civile et incapable

d'assurer les conditions de bien-être et de gloire que réclame, à bon droit et par une aspiration naturelle, toute société bien constituée. Dès les premiers jours de l'Eglise, nous le savons, les LS chrétiens ont été inquiétés par suite d'injustes préjugés de cette sorte, et mis en butte à la haine et au ressentiment, sous prétexte

“EU ils étaient les ennemis de l'empire. A cette époque, l'opinion publique mettait volontiers à la charge du nom chrétien les maux qui assaillaient la société, tandis que c’était Dieu, le vengeur des Eu crimes, qui infligeait de justes peines aux coupables. Cette odieuse ÿ calomnie indigna à bon droit le génie de saint Augustin et aiguisa

changé la face des choses et imprégné les mœurs publiques non.

… ENCYCLIQUE DE ss. LÉON. xuL k

k sapientiæ , qua ouie necessitudinem habet. in republica ns Lanto in lumine collocavit, ut non tam pro christianis sui temporis dixisse causam, quam de criminibus falsis perpeluum . triumphum egisse videatur.

à Simihum. tamen querelarum atque insimulationum funesta. | . Jibido non quievit, ac permultis sane placuit civilem vivendi disciplinam aliunde petere, quam ex doctrinis quas Ecclesia catho- … Jica probat. Immo postremo hoc tempore novum, ut appellant, jus, quod inquiunt esse velut quoddam adulti j jam SæCUli iInCré 0,67 . mentum, progrediente libertate partum, valere ac dominari pas- | … sim cœpit. — Sed quantumvis multa multi periclitati sunt, constat,

8 reperlam nunquam esse præsiantiorem constituendæ temperandæque civitatis rationem, quam quæ ab evangelica doctrina sponte efflorescit. Maximi igitur momenti atque admodum muneri

Nostro apostolico consentaneum esse arbitramur, novas de re | 4 publica opiniones cum doctrina christiana conferre : : quo modo ETTOTIS dubitationisque causas ereptum iri, emergente veritate, confidimus, ita ut videre quisque facile queat summa illàa præcepta vivendi, quæ sequi et quibus parere debeat. ne Non est magni negotii statuere qualem sit speciem formamque HA babitura civitas, gubernante christiana philosophia RL — Insitum homini patura est, ut in civil societate vivat; is

enim necessarium vitæ cultum et paratum, itemque ingenii A animi perfectionem cum in solitudine adipisci non possit, pro-. visum divinitus est ut ad conjunctionem. congregationemque, hominum nasceretur cum domesticam, tum etiam civilem, quæ suppeditare vitæ sufficientiam perfeciam sola potest. Quoniam vero non potest societas ulla consistere, nisi, si aliquis omnibus præsit, efficaci similique movens singulos ad commune propo- Situm impulsione, efficitur, civili hominum communitati neces- Sariam esse auctoritatem, qua regalur : quæ, non secus ac societas, . à natura propitereaque a Deo ipso oriatur auctore. HAT Ex quo illud consequitur potestatem publicam per se ipsam non esse nisi a Deo. Solus enim Deus est verissimus maximusque rerum dominus, cui subesse et servire omnia, quæcumque sunt,. ee necesse est : ita ut quicumque jus imperandi habent non id aliunde accipiant, nisi ab illo summo omnium principe Deo. Non À est potestas nisi a Deo (1). — Jus autem imperii per se non est. ce . cum ulla reipublicæ forma necessario copulatum : aliam sibi “el 0 aliam assumere recte potest, modo utilitatis bonique communis reapse efficientem. Sed in quolibet genere reipublicæ omnino principes debent summum mundi gubernatorem Deum intueri eumque M ne in administranda ciyiale Fine exem-

AE Rom MD ii Last

Nue

ENG NE NAT À AE ÿ 19 NovEMBRE 1885

/ 4 IMMORTALE DEL », : lumière la vertu de la sagesse chrétienne dans ses rapports avec la chose publique, si bien qu’il semble moins avoir plaidé la cause des . chrétiens de son temps que remporté un triomphe perpétuel sur de si fausses accusations. — Toutefois, le penchant funeste à ces . | plaintes et à ces griefs ne cessa pas, et beaucoup se sont plu à chercher la règle de la vie sociale en dehors des doctrines de l'Eglise “ | catholique. Et, même désormais, le droit nouveau, comme on l'appelle, et qu'on prétend être le fruit d’un âge adulte et le produit d’une … liberté progressive, commence à prévaloir et à dominer partout. — … Mais, en dépit de tant d'essais, il est de fait qu'on n'a Jamais trouvé, pour constituer et régir Etat, de système préférable à celui qui est D emait spontané de la doctrine évangélique. — Nous : croyons donc qu'il est d’une importance souveraine, et conforme à Notre charge Apostolique, de confronter les nouvelles théories sociales avec la doctrine chrétienne. De cette sorte, Nous avons la confiance que la vérité dissipera, par son seul éclat, toute cause d'erreur et de doute, si bien que chacun pourra facilement voir ces règles suprêmes de conduite qu'il doit suivre et observer.

de) #10 re €" # | Lo {

fl n'est pas bien difficile d'établir quel aspect et quelle forme aura la société si la philosophie chrétienne gouverne la chose publique. — L'homme est né pour vivre en société, car, ne pou- … vant dans l'isolement, ni se procurer ce qui est nécessaire et utile … à la vie, ni acquérir la perfection de l'esprit et du cœur, la Provi- - - dence l’a fait pour s’unir à ses semblables, en une société tant domestique que civile, seule capable de fournir ce qu'il faut à la perfection de l'existence. Mais, comme nulle société ne saurait exister sans un chef suprême et qu’elle imprime à chacun une même impulsion efficace vers un but commun, il en résulte qu’une . autorité est nécessaire aux hommes constitués en société pour les régir,; autorité qui, aussi bien que la société, procède de la nature, . et par suite a Dieu pour auteur. — Il en résulte encore que le pouvoir public ne peut venir que de Dieu. Dieu seul, en effet, est le vrai et souverain Maître des choses; toutes, quelles qu’elles soient, doivent nécessairement lui être soumises et lui obéir; de telle sorte que quiconque a le droit de commander ne tient ce droit que de Dieu, Chef suprême de tous. Tout pouvoir vient de Dieu (1). — Du reste, la souveraineté n’est en soi nécessairement … liée à aucune forme politique; elle peut fort bien s'adapter à celle-ci ou à celle-là, pourvu qu'elle soit de fait apte à l'utilité et au bien commun. Mais, quelle que soit la forme de gouvernement, ous les chefs d'Etat doivent absolument avoir le regard fixé sur Dieu, souverain Modérateur du monde, et, dans l’accomplissement

Page 1