‹ Lettres apostoliques des S.S. Léon XIIIChapitre 9 sur 85 · Fr te À ENGYGLIQUE DE s. 6. LÉON x Re Le · texte numérisé non relu

Fr te À ENGYGLIQUE DE s. 6. LÉON x Re Le

plum legemque proponere. Deus. enim, sicut in rebus, quæ sunt quæque cernuntur, causas genuit secundarias, i in quibus perspici

aliqua ratione posset natura actioque divina, quæque ad eum ! finem, quo hæc rerum spectat universitas conducerent : ta in: socielate civili voluit esse principatum, quem qui gererent, ii ima-

ginem quamdam divinæ in genus humanum potestaiis divinæque .

providentiæ referrent. Debet igitur imperium justum esse, neque bherile, sed quasi paternum, quia Dei justissima in homines

potestas est et cum paterna bonitate conjuncta : gerendum vero

est ad utilitatem civium, quia qui præsunt cæteris, hac una de

causa præsunt, ut civitalis utilitatem tueantur. Neque ullo pacto

committendum, unius ut, vel paucorum commodo serviat civilis auctoritas, cum ad commune omnium bonum constituta sit. Quod

si, qui præsunt, delabantur in dominatum injustum, si importunilate superbiave peccaverint, si male populo consuluerint, sciant. sibi rationem aliquando Deo essereddendam, idquetantoseverius, quanto vel sanctiore in munere versati sint, vel gradum dignitatis altiorem obtinuerint. Potentes potenter tormenta patientur (1 Ita sane majestatem imperii reverentia civium honesta et libens comitabitur. Etenim cum semel in animum induxerint, pollere, qui imperant, auctoritate a Deo data, illa quidem officia justa ac debita esse sentient, dicto audientes esse principibus, eisdemque

La

obsequium ac fidem præstare cum quadam similitudine pietatis, quæ liberorum est erga parentes : Omnis anima potestatibus

sublimioribus subdita sit (2). — Spernere quippe potestatem : legitimam, quavis eam in persona constiterit, non magis liceti*

. quam divinæ Voluntati resistere : cui si qui resistant, in interitum ei ruunt voluntarium. Qui resistit potestati, Dei ordinationi resistit ;

qui autem resistunt, ipsi sibi damnationem acquirunt (3 ï Quapropier obedientiam abjicere, et, per vim multitudinis, rem ad

seditionem vocare est crimen majestatis neque humanæ tantur,

sed etiam divinæ.

Hac ratione constitutam civitatem, perspicuum esL;, omnino debere plurimis maximisque officiis, quæ ipsam jungunt Deo, religione publica satisfacere. — Natura et ratio, quæ jubet vel singulos sancte religioseque Deum colere, quod in ejus potestate

sumus, et quod ab eo profecti, ad eumdem reverti debemus,

eadem lege adstringit civilem communitatem. Homines enim communi societate conjuncti nihilo sunt minus in Dei potestate, quam singuli; neque minorem quam singuh, gratiam Deo societas. debet, quo auctore coaluit, cujus nutu conservatur, cujus bene-

- ficio innumerabilem bonorum , quibus affluit, copiam accepit. Quapropter sicut nemini Hicet sua adversus Deum officia neghi=,#

(4) Sap., VL T. — (2) Rom. XII, 1. — (3) ibid. V, 2,

de leur mandat, le prendre pour modèle et règle. De même, en effet, que dans l’ordre des choses visibles, Dieu a créé des causes - * secondes, en qui se reflètent en quelque façon la nature et l’action divines, et qui concourent à mener au but où tend cet univers; : ainsi a-til voulu que dans la société civile, il y eût une autorité dont les dépositaires fussent comme une image de la puissance que Dieu a sur le genre humain, en même temps que de sa Providence. Le commandement doit donc être juste; c’est moins le gouvernement d'un Maître que d'un Père, car l'autorité de Dieu sur les | hommes est très juste et se trouve unie à une paternelle bonté. Il ‘ doit, d’ailleurs, s'exercer pour l'avantage des citoyens, parce que ceux qui ont autorité sur les autres en sont exclusivement investis + pour. assurer le bien public. L'autorité civile ne doit servir, sous * aucun prétexte, à l'avantage d’un seul ou de quelques-uns, puisqu'elle à été constituée pour le bien commun. Si les chefs d'Etat se laissaient entraîner à une domination injuste, s'ils péchaient par abus de pouvoir ou par orgueil, s'ils ne pourvoyaient pas au bien du peuple, qu'ils le sachent, ils auront un jour à rendre compte à Dieu, et ce compte sera d'autant plus sévère que plus sainte est la fonction qu'ils exercent et plus élevé le degré de la dignité dont ils sont revêtus. Les puissants seront puissammentpunis (1). — De cette manière, la suprématie du commandement entrainera l'hommage volontaire du respect des sujets. En effet, si ceux-ci "sont une fois bien convaincus que l'autorité des souverains vient ”. de Dieu, ils se sentiront obligés en justice, à accueillir docilement les ordres des princes et à leur prêter obéissance et fidélité, par un sentiment semblable à la piété qu'ont les enfants envers les __ parents. Que foute dme soit soumise aux puissances plus élevées (2). —. … Car il n’est pas plus permis de mépriser le pouvoir légitime, quelle que soit la personne en qui il réside, que de résister à la volonté de Dieu; or, ceux qui lui résistent courent d'eux-mêmes à leur perte. Qui résiste au pouvoir résiste à l'ordre établi par Dieu, et ceux qui lui résistent s’attirent à eux-mémes la damnation (3). Ainsi donc, secouer . l’obéissance et révolutionner la société par le moyen de la sédition, c’est un crime de lèse majesté, non seulement humaine, mais divine.

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