Lettres assyriennes et babyloniennes [microform]
Les Assyriens et les Babyloniens ne se sont pas servis de labrique seulement pour enregistrer les armalesdeleursrois, ou pour consigner les observations astronomiques, recueillir les traditions de leur mythologie et les textes rituels, graver la minute des contrats, en un mot pour conserver tout ce qui devait passer a la posterite. lis l'ont employee encore pour la correspondance. Beaucoup de lettres sur briques ont ete retrouvees dans les fouilles entreprises a Koyundjick, sur l'emplacement de Ninive, et transporters au British Museum. M. Robert Francis Harper les a editees en cinq volumes 1 sans transcription, ni traduction. Apres avoir dechiffre rapidement les deux premiers volumes avec le P. Scheil, j'essayerai aujourd'hui d'en donner une idee aux lecteurs de la Revue de VInstitut catholique.
Leurs auteurs n'y apparaissent pas des litterateurs de profession. lis n'ecrivent point pour le plaisir de se livrer a un exercice de style, de faire des dissertations sur des sujets de religion ou de morale, de composer des narrations savamment ordonnees. lis ecrivent uniquement dans un but pratique, pour annoncer une nouvelle, solliciter une
1 . Assyrian and Babylonian letters belonging to the K. collection of the British Museum, by Robert Francis Harper, of the university of Chicago , Londres. Le premier volume a paru en 1892, le cinquieme en 1901.
faveur, faire leur cour au maitre ou lui rendre compte (Tune mission, mais ils ecrivent pour un rien.
L'ecriture cuneiforme n'etait pourtant pas a la portee du grand public. Peu de gens etaient capables d'en apprendre les signes multiples, de discerner et d'employer a propos les nombreuses valeurs phonetiques ou ideographiques de ces signes. La plupart devaient se rendre chez l'eerivain , le scribe, lui faire preparer une brique, lui dieter la lettre etl'envoyer par un courrier siir, car si elle etait lourde elle etait aussi tres fragile. Ils auraient.du, semble-t-il, ne recourir a un pareil mode de correspondance que dans les circonstances graves ou dans les cas urgents. En realite, ils s'en servaient meme pour les menus faits de la vie journaliere ou pour des incidents sans importance. Un renard est entre dans une ville, aussitot un serviteur du roi informe son maitre de l'evenement, n 142, recto : Au roi, mon maitre, ton serviteur Nabua. Que le dieu Nabu et le dieu Marduk benissent le roi, mon maitre. Le septieme jourdu mois de Kisleu 1 , un renard au milieu de la ville est entre, dans le verger du dieu Ashur. Verso : Dans un puits il est tombe,on l'a retire, on l'a tue. Un autre ecrit au souverain pour le prier de lui donner des nouvelles de sa sante, n 44, recto : Au roi, mon maitre, ton serviteur, Akkullanu. Salut auroi, moii maitre. Que le dieu Nabu et le dieu Marduk benissent le roi, mon maitre. Le bien-etre du roi, mon maitre, le bonheur deson cceur et la sante de sa chair 2 dans la reponse a ma lettre, que le roi, mon maitre, a son serviteur [verso) mande.
Gette facilite meme etait un ecueil. Leur style epistolaire presente les defauts qui accompagnent presque tou-