L. A. S. au comte Decazes ( ministre de
Louis XVIII) ; 5 mars 181 8, 1 p. 1/2 in-4. — P-
Belle et noble épitre. Ayant reçu l'avis qu'il était inscrit pour une pension de douze cents francs à titre d'indemnités littéraires, il lui mande qu'il n'a pas cru pouvoir faire un meilleur usage de cette gratification pécuniaire que de la faire distribuer aux pauvres de son arrondissement.
•5- 8o3 -* COURIER DE MERE (Paul-Louis), un de nos meilleurs écrivains politiques, n. à Paris, 4 janvier 1772, assassiné dans le bois de Larçay, le 10 avril 1825. L. A. S. au libraire Merlin ; Véretz (près de Tours), 2 décembre 1824, 1/2 p. in-4. — P.
Belle lettre ou il le prie instamment de terminer l'impression de sa traduction de Longus. Il est certain que tout le monde voudra lire cet ouvrage. « Je ne puis plus attendre et je me crois en droit d'exiger que eela finisse. » — ( L'édition de Longus, donnée par Merlin, parut en 182D.)
4~ 804 -s- BALLANCHE (Simon-Pierre), célèbre philosophe mystique et moraliste, auteur d'Antigone et d'Orphée, le plus fidèle ami de Madame Récamier, membre de l'Académie française (1842), n. à Lyon, 4 août 1776, m. à Paris, 12 juin 1847. i° L. A. S. au comte de La Tour du Pin ; (Paris), 22 juin (1829), 2 p. 1/4 in-8. — P.
Lettre fort remarquable dans laquelle il apprécie ses propres ouvrages et explique son système philosophique. «Je suis historien et je ne suis que cela. Plus on pénétrera dans V Orphée, plus l'on sentira que ce livre est profondément historique. Il raconte environ quinze siècles de l'humanité. »
2Ù L. A. S. à Lamartine (le grand poète) ; mercredi matin, 3/4 de p. in-4. (Coll. de la marquise de Barol avec notice autographe de Silvio Pellico.)
Très belle lettre de recommandation en faveur de M. de Ferrière, « jeune homme qui marche dans nos voies, très bien doué et qui a de fort bonnes manières. »
•5- 8o5 -* NODIER (Jean-Charles-Emmanuel), célèbre écrivain et conteur, bibliophile émérite, membre de l'Académie , s y française (1 833), n. à Besançon, 29 ^^Z- '^GûJ 6 totn
avril 1780, m. à Paris, 27 janvier 1844
L. A. S. (à Raynouard); Paris, 8 septembre 1824, 3/4 de p. in-4. — P
Très belle lettre où il pose sa candidature à l'Académie française au fauteuil vacant par la mort de Lacre- — «t- — ^
telle aîné. Il donne la liste de ses ouvrages, à savoir : / ' 0 V "" . *) 1/
Dictionnaire des onomatopées françaises, Questions de iM^/1 C -4*J<x / cf~r* * ff^/lfit***
littérature légale, Voyages pittoresques dans l'ancienne y - s r «~ „ yi, , ' France, Mélanges de littérature et de critique, Nouveau oU è/ç, tS? & • ffl.C//iÔfyi&C&i<)
commentaire sur les Fables de La Fontaine. • "
* 806 -s- BÉRANGER (Pierre-Jean de), célèbre poète, le plus populaire de nos chansonniers nationaux, n. à Paris, 19 août 1 780, m. dans la même ville, 17 juillet 1857.
La Sainte Alliance (des peuples), chanson autographe, avec ratures et corrections, 3 p. in-4. — P-
C'est l'original d'une de ses plus célèbres chansons politiques. Elle présente des variantes avec le texte imprimé.
* 807 •* BÉRANGER (Pierre-Jean de).
L. A. S. à Adalbert de Chamisso, poète lyrique, à Berlin; Passy, 1 août 1834, 3 p. in-4, cachet. (Coll. Charles de Halm.)
Superbe lettre de remerciments de l'envoi de ses œuvres. Il ne sait pas la langue si riche et si variée des Schiller et des Goethe, mais il n'en avait pas moins été initié depuis longtemps à la réputation de Chamisso. Il lui sait gré de l'honneur qu'il lui a fait de traduire quelques-unes de ses chansons. Les pauvrettes avaient bien besoin d'une si haute protection pour être accueillies en Allemagne. « Votre nom, monsieur, semble indiquer que vous êtes d'origine française. Un reste de vieux sang est la cause peut-être de la bienveillance que vous m'avez témoignée. Peut-être aussi me savez-vous gré d'avoir, le premier en France, prêché l'alliance des peuples. Ce doit être aussi là votre rêve. Nos soldats ont bien longtemps vexé l'Allemagne. Nos philosophes métaphysiciens ont été chez elle remplir leur besace vide et plus d'un sans en faire l'aveu. Il se pourrait que les Allemands en gardassent rancune aux soldats et aux philosophes français. C'est donc aux poètes, hommes d'avenir, d'extirper enfin ces vieilles haines. C'est là, monsieur, un digne et saint emploi pour votre beau talent. Quant à moi, je n'y peux plus rien. Nos luttes à outrance ont épuisé ma voix qui . achève d'expirer dans une retraite sans échos... » — (Adalbert de Chamisso, le célèbre auteur de Pierre Schlemilh, était Français, étant né en 178 1 au château de Boncourt, près de Sainte-Menehould. Il avait émigré avec sa famille et s'était établi en Allemagne. Il mourut à Berlin en 1 838.;
* 808 -s- BÉRANGER (Pierre-Jean de).
L. A. S. à Prosper Mérimée (le célèbre écrivain) ; (Paris), 12 mai (1841), 2 p. 1/4 in-8.
Très curieuse épître. Après avoir refusé une invitation à diner, il parle du dernier ouvrage de Mérimée, l'Essai sur la guerre sociale. « Vraiment c'est bien savant pour moi et j'admire la profondeur et la patience de votre érudition. Votre
S. VI
style ne sent pourtant pas le pédant, malgré la gravité du sujet. Le tout me fait bien augurer pour votre César. Quels gredins c'étaient que vos Romains! Je répète toujours qu'ils n'ont été que des portefaix dont la Providence s'est servie pour porter les lumières de la Grèce dans tout le monde ancien. Les Athéniens n'avaient ni les épaules assez fortes, ni le jarret assez solide pour cette y,
besogne. Votre canaille romaine, brutale et féroce, n'était propre qu'à cela, mais elle s'éclairait peu du flambeau qu'elle portait.
Quel horrible peuple !
Quand cessera-t-on de le recommander à l'admiration des petits enfans et des vieux imbéciles? Tout ceci ne dit rien contre votre César, quoique ce fût aussi un assez vilain monsieur , meilleur pourtant que la plupart de ses concitoyens... »
* 809 * BARANTE (Amable-Guillaume-Prosper Brugière, baron de), historien des ducs de Bourgogne, membre de l'Académie française (1828), n. à Riom (Puyde-Dôme), 10 juin 1782, m. à Barante (Puy-de-Dôme), 23 novembre 1866.
L. A. S. à Silvio Pellico (le célèbre auteur du beau livre Le mie prigioni)\ Vigne Monticelli, 9 octobre ( 1 834), 1 p. in-8, cachet. ( Coll. de la marquise de Barol avec notice autographe de SilvioPellico.j
Jolie lettre ou il lui envoie un journal du Puy-de-Dôme qui parle de Silvio Pellico. « Vous voyez que le goût du beau et du bon n'est point perdu en France et que même loin de Paris votre nom est respecté et honoré. » — (Barante était alors ambassadeur en Sardaigne depuis octobre i83o.)
4 810 + LA MENNAIS (Hugues-Félicité Robert de), un des plus éloquents écrivains de ce siècle, n. à Saint-Malo, 19 juin 1782, m. à Paris, 27 février 1854.
L. A. S. à Victor Hugo ; (Paris), samedi (6 septembre 1824), 3/4 de p. in-8. — P.
Jolie lettre. « Puisque vous voulez bien, mon cher ami, me laisser le choix du jour où j'aurai le plaisir de diner avec vous, ce sera, si vous n'avez pas vous-même d'engagement, mercredi prochain. Je regarderai la chose comme arrangée ainsi, à moins que vous ne m'indiquiez un autre jour. Vale et me ama. « (Voir au n» 861, la lettre de Victor Hugo à La Mennais.)
-> Nu * LAMENNAIS (Hugues-Félicité Robert de).
L. A. S. au baron d'Eckstein (le célèbre écrivain et philosophe, n. 1790, m. 1861), à Saint-Germain en Laye ; La Chênaie, 2'3 juin 1834,4p. ll2 ni 4- (Coll. B. Fillon.)
Précieuse lettre, des plus remarquables, où il expose ses théories humanitaires. A ses yeux, les mêmes lois, modifiées seulement par la nature des êtres qu'elles régissent, mais immuables en soi, gouvernent l'univers entier, depuis l'ange jusqu'à l'atome, et ces lois ne sont que les lois de Dieu même. « Je me plais à les suivre le long de cette échelle mystérieuse, semblable à celle de Jacob, dont le pied repose sur les éléments terrestres les plus simples et dont le sommet va se perdre dans les profondeurs de l'être infini. L'ouvrage que j'espère achever contiendra une exposition telle quelle de cette grande synthèse. « 11 s'élève ensuite avec une grande éloquence contre la doctrine de l'inégalité de nature, soutenue théoriquement par M. de Maistre, écho en cela d'une longue tradition d'inhumanité, dans laquelle Aristote forme un anneau remarquable. I ii- i élu- inégalité de nature résulte une inégalité de droit, les uns étant naturellement destinés à commander et les autres à obéir. De la les maux qui ont inondé la terre. « Il n'a fallu rien moins que la puissance divine du Christ pour ramener sur la terre l'égalité et la fraternité humaine, égalité de nature, égalité primitive de droit, dont la notion et le sentiment semble, de """> '""""s mêmes, s'être perdue de nouveau parmi ceux qui gouvernent, tandis qu'il est au contraire devenu plus vif parmi ceux qui sonl gouvernés, ci c'est la vraie raison, la raison première de la guerre qui existe entre eux. Je le répète, l'égalité de droit, qui laisse subsister toutes les autres inégalités inhérentes à la nature de l'homme et de la société, et les protège, en les enfermant, pour ainsi dire, dans la vaste enceinte de ce droit même égal pour tons, cette égalité est la seule que