‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 123 sur 312 · ECRIT PAR GUIZOT · texte numérisé non relu

ECRIT PAR GUIZOT

Numéro 820.

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*823 -s- LAMARTINE (Alphonse-Louis-Marie Prat de), un des plus grands poètes de notre siècle, n. à Màcon, 21 octobre 1790, m. à Paris, 28 février 1869.

L. A. S. à Charles Nodier; Saint-Point, 2 avril 1829, 2 p. 1/2 in-4, cachet. iColl, Sensier.) — P.

Superbe et noble épitre. 11 se défend d'avoir cherché à nuire à Elisa Mercosur. Il refuse de collaborer à la Revue de Paris. « L'opinion littéraire et poétique de vos journaux et de Paris est en ce moment contre moi; ce que je publierais n'aurait aucun avantage pour le recueil et aurait des inconvénients pour l'auteur, » II est désolé des embarras d'argent où se trouve Nodier et il lui offre généreusement l'hospitalité. « Si les huissiers vous persécutaient à Paris, j'ai un azile charmant et solitaire à vous offrir ainsi qu'à vos dames dans les environs de Dijon (le château de Montulot). C'est un grand château au milieu de belles forets avec tout ce qu'il faut pour passer un tems dans la vie. Je vous en remettrai les clés pour tant d'années que vous voudriez, ne vous demandant pour loyer que le droit d'aller y passer de tems en tems un mois avec vous. Ceci est sérieux. Vous y trouveriez le toit, le feu, le pain et le vin de l'hospitalité jusqu'à ce que les circonstances eussent tourné comme le vent. Dans tous les cas d'infortune, ne songez au désespoir qu'après avoir éprouvé l'amitié. La mienne pour vous est vive et sincère. Adieu mon cher ami, ne vous découragez pas et songez à ceux qui vous aiment . »

f- 824 •* LAMARTINE (Alphonse-Louis-Marie Prat de).

L. A. S. au baron d'Eckstein (célèbre philosophe et publiciste, n. 1790, m. 1861); château de Montulot, par Dijon (qu'il offrait à Nodier dans la lettre ci-dessus), 23 octobre 1829, 4 p. in-8.

Très belle et remarquable lettre ou il donne son opinion sur des vers, qu'il trouve beaux, mais qui lui semblent peu propres à faire bruit et fortune pour l'auteur. Il le félicite des articles qu'il insère dans le Catholique (journal fondé par le baron d'Eckstein). « Ce sont les plus beaux fragments pour un large édifice, mais l'homme est trop court pour tailler sa pierre et élever son palais. Je le sens par moi-même aussi. Nous durons trop peu pour faire rien qui dure. Je suis un peu sur les rangs pour l'Académie. Si par grand hasard j'y suis admis, j'irai à Paris et je vous ferai bien vite ma visite à votre nouvelle adresse... » — (Lamartine fut élu en effet membre de l'Académie française le 5 novembre 1829 en remplacement du comte Daru.)

* 82 5 * LAMARTINE (Alphonse-Louis- Marie Prat de).

1 0 L. A. S. (à Gilbert Duprez, le célèbre chanteur) ; (Paris), mercredi matin, 1 p. 1/2 in-8.

Belle lettre d'envoi de quelques paroles qu'il lui a demandées pour les illustrer de ses notes et de sa voix. « En voici de bien mauvaises sans doute, que je viens d'écrire dans des préoccupations très peu poétiques. Mais il ne faut que de mauvais vers aux grands musiciens. Voyez si vous pouvez en faire quelque chose?... »

2° Romance pour M. Dupré. Adieu à une fiancée de quinze ans, pièce de vers autographe signée, 1 p. i n-fol.

Superbe pièce, annoncée dans la lettre précédente. Elle comprend , .

six strophes, dont voici les quatre premières : «»•*, ^^c^y a-z-^— <£^*2-;

Sur ton front, Laurence.

Laisse-moi poser De l'indifférence Le chaste baiser.

Si je le prolonge, Oh ne rougis pas !

On s'attache au songe Oui fuit de nos bras.

Ma lèvre dérange Sur tes blonds cheveux Le bouquet d'orange Embaumé de vœux.

Ta main est promise Et l'autel est prêt.

Viens que je te dise Mon dernier secret.

J'ai deux fois ton âge.

Ta joue est en fleur, Mais ta jeune image Rajeunit mon cœur.

Toi dans ma paupière .l'avais dit au tems :

Je la vois derrière, Marche ! moi, j'attends.

Ces mots de caresses Que tu m'épelais, Ces noms de tendresses Dont je t'appelais, Ennui dans l'absence Et joie au retour, Pour toi l'innocence Et pour moi l'amour !

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