PROSATEURS
•f- 837 JOUFFROY (Théodore-Simon), un des plus célèbres philosophes de l'école
spiritualiste, n. aux Pontets (Doubs), 6 juillet 1796, m. à Paris, 1 mars 1842.
L. A. S. à Trognon, professeur au collège de Langres; Paris, 6 avril 18 16, 3 p. 1/4 in-8. — P.
Curieuse et intéressante lettre écrite à l'âge de vingt ans, alors qu'il était encore à l'Ecole normale. II disserte sur les gens qui n'entendent pas ou ne veulent pas écouter. II s'est promis de ne jamais disputer avec de tels personnages. Nouvelles de l'école, qui est triste et monotone, et de quelques camarades, entre autres Damiron (depuis membre de l'Institut) et Bautain (qui se fit prêtre et devint un prédicateur et un théologien éminent). Il ne peut écrire une ligne de sa thèse de littérature. « Si cette dureté d'acouche- « .
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•f- 838 ■+ RÉMUSAT (Ghaiies-François-Marie, comte de), célèbre philosophe et homme d'État, historien d'Abélard, de Bacon et de Channing, membre de l'Académie française (1846), n. àParis, dinars 1797, m. dans la même ville, 6 juin 1875. L. A. S. à un homme politique italien; Paris, 6 mai (1860?), 4 p. in-8. — P.
Très intéressante lettre toute relative à la question italienne. Il discute le programme de son correspondant, à savoir le système de l'unité absolue, l'expédition d'Ombrie, l'annexion de Naples et l'expulsion du pape de Rome. Il le croit difficilement réalisable. C'est pourquoi il ne peut, comme on le lui demande, exprimer publiquement son opinion sur l'Italie.
■f- 83g -+ THIERS (Marie-Joseph-Louis-Adolphe), l'illustre historien du premier
empire, n. àMarseille, 1 5 avril 1 797, m. à Saint-Germain en Laye, 3 septembre 1877.
L. A S. à Prosper Mérimée (le célèbre écrivain); (Paris), 10 mai (1841), 1 p. in-8. — P.
Très belle lettre où il le remercie de l'envoi de son livre (Essai sur la guerre sociale). « J'aime l'histoire romaine pardessus toutes les autres et je vous envie votre sujet et votre manière de rendre les choses.Je le lirai certainement. »
4-840-* THIERS (Marie-Joseph-Louis-Adolphe). L. A. S. à Alexandre Dumas (le célèbre romancier); 19 décembre, 1 p. in-8, enveloppe et cachet.
Jolie lettre ainsi conçue : « Mon cher voisin, je vous remercie de votre aimable invitation. Je ne sors jamais ou presque jamais de chez moi le soir. Cependant je ferai volontiers exception pour vous quand, cet hiver, je quitterai mon coin du feu. »
+- 841 -5- THIERRY (Amédée-Simon-Dominique), frère d'Augustin Thierry, le savant historien des Gaulois et d'Attila, n. à Blois, 2 août 1797, m. à Paris, 26 mars 1873.
L. A. S. à l'empereur Napoléon III; Paris, 19 janvier 1860, 1 p. in-fol. — P. photographié.
Très belle lettre où il le remercie de l'avoir élevé D /
à la dignité de sénateur. « Je n'ai, Sire, qu'un Cis^^5^ r <p/ c^*- <__/^3 /y^i e v moyen de reconnaître les marques d'une si auguste j \, /
bonté, c'est de me dévouer plus encore, s'il est j .
possible, à la personne sacrée de Votre Majesté et v/îj. <s, fcu^- e~t- *->^w*£- «/• ' ' rf^fe^*^~C—--' au service de son gouvernement. ii V
•5-842-* VIGNY (Alfred-Victor, comte de), un des plus grands poètes de ce siècle, l'auteur à'Eloa et de Chatterton, membre de l'Académie française (1845), n. à Loches (Indre- et-Loire), 27 mars 1797, m. à Paris, 17 septembre 1 863. L. A. S. aux. membres du Comité de la Comédie française; (Paris), 14 août 1829, 1 p. 3/4 in-4.
Épitre des plus curieuses dans laquelle il se plaint amèrement de ce que les acteurs n'assistent pas régulièrement aux répétitions de sa tragédie le More de Venise. « Dans le cas où cet ouvrage cesserait de vous plaire, les suffrages qu'il a obtenus dans le monde littéraire le plus élevé me donnent le droit de vous dire que des propositions qui m'ont été faites m'entraîneront à le retirer. » Il se plaint surtout de Michelot, qu'il prie de rendre son rôle de Iago. — (Le More de Venise fut représenté au Théâtre-Français peu après cette lettre.)
4- 843 * VIGNY (Alfred-Victor, comte de). La frégate la Sérieuse, pièce devers autographe signée ; juillet i832, 6 p. in-8. — P.
Superbe pièce d'album, qui commence ainsi : « Qu'elle était belle, ma frégate, Quand elle voguait dans le vent ! »
*■ 844 VIGNY (Alfred-Victor, comte de). L. A. S. à Thalès Bernard (poète, n. i82i,m. 1873); (Paris), 1 février 1859, 3 p. 1/2 in-8, cachet-
Très belle lettre sur les Poèmes mystiques de Thalès Bernard. « N'avez-vous pas quelques remords d'avoir défendu Thersite et accusé Homère de se tourner toujours du côté de l'argent? Hélas ! l'aveugle errant peut-il être le symbole de la vénalité? Mais ce jour-là vous étiez fatigué de l'Iliade et le lendemain vous aviez vu quelque jeune femme détournée de l'étude par une distraction qui vous rendit un peu sévère pour l'amour. C'est le droit des poètes de se livrer à la fantaisie... »
845 ■+ COMTE (Isidore-Auguste-Marie-François-Xavier), célèbre philosophe, créateur de la doctrine du Positivisme, n. à Montpellier, 19 janvier 1798, m. à Paris, 5 septembre 1867. Il compta Littré parmi ses plus célèbres disciples.
L. A. S. à La Mennais; (Paris), vendredi soir 3i mars (1826), 2 p. in-18. — P.
Lettre des plus curieuses où il l'invite à assister le dimanche 2 avril à l'ouverture de son cours de philosophie positive, dont il lui envoie le programme. « Si vous le faites, je sentirai tout le prix de cette marque d'estime et d'intérêt; si vous ne le faites pas, je saisirai l'ensemble de vos motifs, même sans que vous preniez la peine de m'en donner aucun signe, et je vous réponds d'avance que ma sympathie d'esprit et de cœur n'en sera nullement altérée. Je puis vous dire, comme renseignement, que la compagnie sera convenable: MM. de Humboldt et de Blainville en feront partie, avec quelques autres savans peut-être.
Le reste sera composé de huit à dix jeunes gens de choix, n II le remercie de la manière dont il s'est exprimé sur son compte dans le Mémorial catholique et il lui mande que le cours aura lieu chez lui, rue du Faubourg-Montmartre, i3. — Le programme du cours, joint à la lettre, est autographe d'Auguste Comte.
* 846 -c- MÉRY (Joseph), célèbre poète satirique et spirituel romancier, n. aux
Aygalades (Bouches-du-Rhône), 21 janvier 1798, m. à Paris, 17 juin 1866.
Naples, pièce de vers autographe signée, i p. in-fol. — 'P. photographié avec signature autographe.
Superbe pièce, composée et écrite pour la comtesse de Hanska (qui devint la femme d'Honoré de Balzac). Elle est d'autant plus intéressante qu'au verso se trouve une lettre autographe signée à' Honoré de Balzac envoyant à la comtesse les vers de Méry. « Chère comtesse, lui dit-il, Méry avait perdu au lansquenet, il n'avait pas fermé l'œil de la nuit, je l'ai talonné. C est un homme d'honneur et il m'a demandé un sujet. La Pologne était bien compromettante à chanter, Pétersbourg le glaçait,) ai dit Naples, et là devant moi, en dix minutes, sur ce papier, sans une rature, il a improvisé ces délicieux vers... »