LETTRE DE VICTOR HUGO A LAMARTINE
Numéro 864.
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S. vi
Très jolie letlre, des plus curieuses par l'union des noms des deux plus grands poètes du siècle. « Je crains, mon cher Lamartine, que mes répétitions ne me permettent guères d'être chez vous lundi avant six heures et demie. Cependant, si vous voulez toujours bien de moi à cette heure, je serai heureux de diner avec vous. Il y a si longtemps que je ne vous ai vu. » — (Victor Hugo faisait alors répéter Angelo. — La notice de Silvio Pellico est conçue en termes piquants : h Victor Hugo est, après M. de Lamartine, le plus grand poète qu'ait dans nos jours la France. Il traite avec succès les genres dramatique et lyrique; il brille aussi dans le roman. Malheureusement la plupart des compositions de son génie sont immorales, »)
v 865 -; HUGO (Victor-Marie, vicomte).
Dessin original à la plume et au lavis d'encre de Chine; 27 août 1 S3S, 1 p. in- 18 oblong.
Joli dessin représentant une cathédrale gothique. — (Le grand poète, on le sait, est un très habile dessinateur à la plume.)
-: 866 c- HUGO (Victor-Marie, vicomte).
Dessin original à la plume et au lavis signé V. H. ; Lucerne, 1 3 septembre i83q, i p. in-8 oblong.
Très beau et très curieux dessin fait à Lucerne pour sa fille unique Léopoldine (qui se noya par accident près de Caudebec avec son mari, Charles Vacquerie, en 1 8.(3). Il porte cette légende: « Ce que je vois de ma fenêtre. Pour ma Didine. »
867 HUGO (Victor-Marie, vicomte).
L. A. S. à Villemain ; Hauteville house, 17 novembre 1859, 3 p. 1/2 in-8.
Très curieuse lettre : « Cher ami, savez-vous ce que c'est que l'exil ? C'est de n'entendre qu'au bout de six mois les mots prononcés par vous, qui êtes une des paroles illustres de ce temps. Un ami m'est arrivé de Paris. Il a eu l'idée heureuse de mettre dans sa malle votre livre sur Pindare, et me voilà depuis hier lisant cette œuvre excellente et profonde, .le me plonge dans Pindare et dans vous comme dans une eau salubre. Vous traduisez Pindare comme vous le sentez, comme vous l'expliquez, puissamment, et, quand je dis Pindare, je dis aussi Eschyle, Sophocle, Aristophane, Horace, tous ces poètes sacrés et vrais ; leur esprit passe entier à travers le vôtre. Votre prose n'ôte rien à ces grandes ailes... » Il le remercie de la manière émue dont il a parlé de lui. « Je me repose en vous depuis plusieurs heures comme dans un port de l'esprit. J'ai besoin quelquefois de ces repos dans cette solitude et devant cet océan, au milieu de cette sombre nature qui m'attire souverainement et m'entraine vers les ombres éblouissantes de l'infini. Je passe quelquefois des nuits entières à icver sur mon sort en présence de l'abîme, et j'en arrive à ne pouvoir plus que m'écrier : Des astres ! des astres ! des astres! Votre livre est de ceux qui font doucement changer d'extase. Au lieu de l'aigle de mer, j'ai regardé planer Pindare. Je vous ai écouté conter, et avec quelle haute éloquence ! l'histoire de l'enthousiasme, c'est-à-dire du génie humain. Et dans la manière dont vous prononcez le mot fier et
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4 868 ■:- HUGO (Victor-Marie, vicomte).
L. A. S. à un confrère; (Paris) 8 octobre (1874), 1 p. i/4in-32. — P. gravé à l'eau-forte par Boilvin.
Piquante épître où il le prie de venir le voir. « Nous causerons de Faust et de Gœthe. Je n'aime pas Goethe. L'homme me Ijâtc le poète Le lâche cœur diminue l'esprit. Je n'en serai pas moins charmé de vous voir et de serrer votre cordiale main. »
S. vi
•$-869-5- LACORDAIRE (Jean-Baptiste-Henri), éloquent prédicateur, restaurateur de l'ordre de Saint-Dominique (1839), membre de l'Académie française (1860), n. à Recey-sur-Ource (Côte-d'Or), 12 mars 1802, m. à Sorèze, 21 novembre 1861.
L. A. S. à l'archevêque de Paris (Affre, qui occupait ce siège depuis 1840 et fut blessé mortellement sur les barricades en juin 1848) ; Nancy, 1 1 mars 1842, 1 p. in-4. — ■ P.
Superbe lettre où il sollicite la souscription de l'archevêque pour un poème, œuvre d'un jeune catholique de Nancy, un des premiers qui aient arboré en Lorraine la croix de Jésus-Christ dans ces derniers temps. « Son poème, approuvé sous le rapport de l'orthodoxie par Monseigneur de Joppé, est une sorte d'antidote du Jpcelyn de M.. de Lamartine. »
4-870 -s- GUVILLIER FLEURY (Auguste-Alfred), célèbre critique, rédacteur au Journal des Débats , membre de l'Académie française (1866), n. à Paris, 18 mars 1802.