‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 138 sur 312 · L. A. S. à une dame, 2 p. in-8. — P · texte numérisé non relu

L. A. S. à une dame, 2 p. in-8. — P

Très belle lettre de sa jeunesse ou il lui transcrit une pièce s '

de vers intitulée Chanson, destinée à l'album musical de sa cor- , „ -y j

respondante. Voici les deux premières strophes de cette pièce : /

« Si mes deux mains étaient clefs d'or, a-^v/^c^^ J**^~ J^lm*<^. /y%^— ■4&-^r*~~

0 J'ouvrirais le cœur de ma belle ' "j^*"^^*^ « Et j'obtiendrais de la rebelle , , . j 7 S

» Ce que son cœur me cache encor, - » e/arf .

« Si mes deux mains étaient clefs d'or. S

« Si mes deux mains étaient clefs d'or,

« Son cœur n'aurait point de serrure ^ . . . /> , ? 1 - —

" Et j'y puiserais sans mesure Z^ûIZ^TuZ <Z^#r*>&~C*-~j

« L'amour, ineffable trésor, p y

« Si mes deux mains étaient clefs d'or. 1» jr

* 892 TOCQUE VILLE (Alexis-Charles-Henri Clérel de), célèbre publiciste et homme politique, auteur du beau livre sur la Démocratie en Amérique^ membre de l'Académie française (1841), n. à Paris, 29 juillet i8o5,m. à Cannes, 16 avril 1859.

L. A. S. (au baron d'Eckstein); Baujy, 8 mars 1 838, 4 p. in-4. (Coll. B. Fillon.) — P.

Remarquable lettre relative aux articles du baron d'Eckstein sur Guizot- et sur M. de Cassagnac. Il s'élève avec force contre l'idée émise par le baron qu'il existe des différences sociales entre les différentes races humaines. Cette doctrine lui semble dangereuse pour l'avenir dé l'humanité, « C'est sur cette idée qu'est établi l'esclavage qui déshonore les Chrétiens du nouveau monde; c'est au nom de ce principe qu'on y détruit les anciens propriétaires du sol, avec un calme tout philosophique. Si cette doctrine se répandait sur la terre, je ne sache rien, je vous le confesse, qui fut plus propre à paralyser les efforts de l'homme sur lui-même, à engourdir son courage et à le livrer à tous les tyrans présents et à venir... »

S. vi POÈTES ET PROSATEURS 327

893 -e- AGOULT (Marie de Flavigny, comtesse d'), dite Daniel Stern, célèbre femme de lettres, n. à Francfort-sur-le-Mein, i8o5, m. à Paris, 5 mars 1876.

L. A. S. à Jules Janin; (10 février 1840), 2 p. in-8, cachet. (Coll. B. Fillon.) — P. de Léopold Flameng avant la lettre.

Jolie lettre où elle le félicite de ses feuilletons. Elle le prie devenir lavoir. « Si vous avez un de ces moments perdus, dont parle M. Sainte-Beuve, donnezle, monsieur, à une pauvre malade qui vous en saura bien bon gré. »

894 ■* REYNAUD (Jean-Ernest), célèbre philosophe et écrivain spiritualiste,

l'auteur de Terre et Ciel, n. à Lyon, 14 février 1806, m. à Paris, 28 juin 1 863.

L. A. S. à La Mennais (l'illustre écrivain); (Paris, 2 5 février 1848), 3/4 de p. in-8. — P.

Curieuse épître où il lui annonce en ces termes la révolution de février: «Cher monsieur Lamennais, grâce à l'héroïsme indomptable du peuple, nous avons pu accomplir ce qui semblait impossible. La garde nationale est aujourd'hui le peuple lui-même. Je suis si harassé et si occupé que je n'ai pu vous voir hier et ne le pourrai sans doute pas encore aujourd'hui. Tout va bien. La voix du peuple est la voix de Dieu. » ^-^s^r^^

± 895 -* LACROIX (Paul), dit le Bibliophile Jacob, célèbre écrivain de l'école romantique et éminent bibliographe, auteur de la Bibliographie moliéresque, n. à Paris, 27 février 1806. Il a été un des plus fervents propagateurs du goût des autographes. L. A. S. au duc (de Padoue, ministre de l'Intérieur); Paris, 10 août 1859, 2 p. 1/2 in-4. — P.

Il le prie de montrer à l'Empereur le dessin d'un canon cannelé ou à rainures dont il a trouvé la description dans un vieux bouquin et qui est un ancien essai de ces canons rayés qui viennent de décider la victoire de Solférino. « Je suis presque honteux d'élever timidement la voix dans une question qui n'est pas de ma compétence, mais vous m'excuserez, monsieur le Duc, de m'être occupé de canon pendant la guerre d'Italie et à la bibliothèque de l'Arsenal. » —Le dessin est joint à la lettre.

*- 896 + BRIZEUX (Julien-Auguste-Pélage), un de nos plus sympathiques poètes, auteur de Marie, n. à Lorient, 12 septembre 1806, m. à Montpellier en mai 1 858. i° L. A. S. à Napoléon III; Paris, 5 avril 1854, 1 p. in-4. — P- 4 /p\

Superbe lettre d'envoi du manuscrit de ses Chants de guerre, composés à l'occasion de la guerre de Crimée. « Sire, une guerre devenue nécessaire, seul vous avez pu la rendre possible : tout homme de cœur doit accourir. La poésie, l'histoire le prouve, a ses armes; voici les miennes, n

2° Chants de guerre, manuscrit autographe signé; avril 1854, 10 p. in-4.

le Chant de guerre ; — à l'Allemagne. Voici la dernière

Ce manuscrit contient les poésies suivantes : La Paix armée strophe de la seconde pièce :

« Des bassins de Toulon vole à la Corne d'or,

» Chant de guerre, et plus loin, refrains, volez encor !

« Que marins et soldats, abrités sous les voiles,

« Vous entonnent joyeux aux clartés des étoiles;

« Armez pour les combats et les bras et les cœurs,

« Puis rentrez dans nos ports couronnés et vainqueurs! »

* 897 -* MICHON (l'abbé Jean-Hippolyte), le créateur de la Graphologie, n. à Roche-Fressange (Corrèze), 21 novembre 1806, m. à Montauzier, 8 mai 1881. L. A. S. à M. Alfred Bovet ; Confolens (Charente), 10 août 1874, 4 p. pl. in-8. — P.

La

Il répond à desobjections qui lui ont été soumises sur ses Portraits graphologiques. » Sachez à ce sujet que jamais je ne me blesse d'une remarque, d'une contradiction. Au contraire. Aimant passionnément le vrai, je cherche perpétuellement à tout éclaircir; mais il arrive souvent ou bien qu'on ne prend pas le même mot dans le même sens, ou que l'un lui donne plus d'étendue que l'autre ne lui en donne. »

1 <^Céj^~vi

S. vi

* 898 * PLANCHE (Jean-Baptiste-Gustave), un des plus éminents critiques de son temps, n. à Paris, 16 février 1808, m. dans la même ville, 18 septembre 1857. i° L. A. S. à son camarade Gustave Dupont; Paris, 1 1 novembre 1825, 3 p. in-4.

Lettre des plus curieuses où il le supplie de le tirer du plus grand embarras en lui prêtant trente francs dont il a besoin pour prendre ses inscriptions à la Faculté de médecine. Il avait reçu cette somme de son père, mais il l'a dépensée. « Il croit que je suis assidûment tous les cours de la Faculté, je n'en suis aucun. Il croit que je suis inscrit depuis huit jours, je ne le suis pas encore, et lundi les souscriptions sont définitivement fermées. » Il espère traduire un roman anglais. Piquantes considérations.

20 L. A. S. à Victor Hugo; 8 décembre i83o, 2 p. in-8

Très belle lettre où il le prie d'appuyer auprès de MM. Villemain et Cousin la demande qu'il fait d'une chaire de littérature anglaise, soit à la Faculté des Lettres, soit au Collège de France. « Après une ambassade, un ministère, la députation ou la pairie, c'est la seule chose que je veuille et puisse demander, sauf l'hérédité du trône à mon profit. Je n'ai aucun titre absolument, si j'en excepte ma bonne volonté, mon savoir modeste, quelque confiance en moi-même, la bienveillance et l'estime de mes amis. Pour des états de services et des chevrons universitaires, je ne saurais où en trouver... »

*- 899 * GÉRARD DE NERVAL (Ge'rard Labrunie, dit), célèbre écrivain, traducteur de Faust, n. à Paris, 21 mai 1808, m. dans la même ville, 24 janvier 1 855. i° L. A. S. Gérard Labrunie à un ami, 1 p. in-8. — P. . „ ~ 1 t

Lettre de sa jeunesse, écrite de la prison de Sainte-Pélagie. Il le prie de lui , acheter un almanacli allemand intitulé Cornelia et de le lui envoyer aussitôt. fj ^tW^XW^

2° La Treizième, sonnet autographe, 1 p. in-4. '

Etrange pièce commençant ainsi : » La treizième revient; c'est encor la première... »

* 900 ■* FAVRE (Jules-Claude-Gabriel), le célèbre orateur politique, membre de l'Académie française (1867), n. à Lyon, 2 1 mars 1809, m. à Versailles, 20 janvier 1880.

L. A. S. à Lamartine, ministre des Affaires étrangères (poste que l'illustre poète occupa du 24 février 1848 au 1 1 mai de la même année); (Paris, mars ou avril 1848), 1 p. in-8. — P.

Belle lettre ou il demande pour son frère un consulat en Italie moindre que celui que Lamartine lui a confié. « Je saisis cette occasion de rappeler à M. de Lamartine combien est vive et profonde mon admiration et, j'ose le dire, combien est ancien et sincère l'attachement que je lui demande la permission de lui vouer. »

4 qoi MERCŒUR (Elisa), poète et romancière, surnommée la Muse nantaise et célèbre par ses malheurs, n. à Nantes, 24 juin 1809, m. à Paris, 7 janvier 1 835 . L. A. S. (à Maret, duc de Bassano, de Napoléon); Paris, 8 mai 1834, 3 p. in-4. — P-

Touchante lettre, prose et vers, où elle sollicite un secours, comme ex-pensionnaire de la liste civile de Charles X. « Réduite au désespoir, prête à mourir, faute d'argent pour avoir ce qu'il me faut, chaque instant qui s'écoule me dépense une année d'existence. C'est au nom de ma pauvre mère que je viens faire appel à tout ce qu'il y a de pitié, de bienveillance, d'humanité dans votre noble cœur, en vous priant de me faire obtenir les prompts secours que je devais avoir... »

* 902 -s- BOREL (Petrus), dit le Lycanthrope, un des écrivains les plus originaux de l'école romantique, auteur des bizarres romans de Champavert et de Madame Putiphar, n. à Lyon, 28 juin 1809, m. à Mostaganem, 14 juillet i85q.

L. A. S. à Honoré de Balzac (l'illustre romancier), 1 p. in-8, cachet brisé. Très rare. — P.

S. vi

Belle lettre où il le remercie de s'être intéressé au sort de son article le Croque-Mort, de si triste mémoire, et de bien vouloir chercher à réparer l'injustice de M. Curmer à son égard. « C'est samedi prochain la mise en vente. Si vous pouviez me faire connaître avant ce terme le résultat de votre négoc ation en m'a faveur à la Presse, j'en éprouverais une vive satisfaction et je me considérerais de plus en plus votre très obligé et très sincère serviteur. »

* 903 ■* PROUDHON (Pierre-Joseph), le célèbre écrivain socialiste, représentant de la Seine en 1848, n. à Besançon, ib juillet 1809, m. à Paris, 19 janvier i865. L. A. S. à une demoiselle; Paris, 14 septembre i855, 4 p. in-8. (Coll. Gilbert.) — P.

Cette lettre est une des plus curieuses qu'on connaisse de Proudhon. Le célèbre philosophe y répond à une demoiselle de dix-huit ans qui, recherchée en mariage par deux jeunes gens, l'un pauvre, ami de cœur, et l'autre, riche et non aimé, lui avait demandé conseil sur le parti qu'elle devait suivre. Proudhon développe à ce sujet ses théories sur le mariage et sur l'amour. II dissuade sa correspondante de s'unir à un homme riche, qu'elle n'aime pas, et il lui conseille de ne pas songer davantage à l'ami de cœur, puisque celui-ci est pauvre et n'est pas agréé par le père de la jeune fille. « Bien que je sois loin de penser que la volonté d'une jeune fille ne doive être comptée pour rien en mariage, je pense aussi que c'est un inconvénient presque égal que celle des parents soit sacrifiée. Tremblez, mademoiselle, de contrarier votre père. Malgré les romans et toutes les histoires des almanachs et des journaux, il y a sur cent toujours soixante-quinze à parier contre vingt-cinq que dans tout cas semblable c'est le père et la mère qui ont raison contre la jeune fille! » Et puis la pauvreté du prétendant est un empêchement au mariage, « II est peu digne à un homme pauvre d'épouser une demoiselle riche, quand il n'y a d'autre motif à cette union que le goût particulier de la demoiselle. De cette indignité, passez-moi le mot, invincible découlent toutes les misères que vous avez à redouter pour l'avenir, et que je ne perdrai pas le temps à énttmérer ici. Mais comment se fait-il que ce jeune homme, qui naturellement se sait pauvre, songe à vous ? Comment se justifie-t-il à luimême cette prétention ? Aurait-il besoin de votre dot pour arrondir son existence ? Se flatterait-il qu'elle lui aidera à faire valoir son talent, et q l'après tout, un jeune homme bien tourné, qui fait de la peinture, qui exerce une profession libérale, vaut bien une jeune fille qui n'a que son cœur et sa dot ? » Il faut donc préalablement que le jeune homme élève sa pauvreté à la hauteur de la fortune de la jeune fille et qu'il se fasse par son travail un revenu égal à celui de la dot qu'on doit lui apporter. Proudhon termine sa lettre par ces éloquentes considérations :

« Eh quoi ! Mademoiselle, vous n'avez que dix-huit ans, et toutes vos préoccupations sont au mariage. Qui donc vous sollicite et vous presse ? Votre père a-t-il envie de se débarrasser de vous, ou si c'est vous-même qui brûlez de jouir de votre liberté ? Connaissez-vous le mariage, pour en raisonner déjà et le vouloir ? Honte à notre génération, à nos mœurs, à notre luxure! A peine la jeune fille sort de l'enfance que la richesse ou la misère, l'une autant que l'autre, la précipite aux bras d'un homme. On ne lui laisse pas le temps de se connaître, de jouir d'elle-même, de goûter les délices de sa propre virginité. C'est une primeur que se disputent la cupidité et la débauche, ayant pour complice l'indolence des parents et la vanité de la jeune personne. Ne mourez pas fille ; il n'y a pas de bonheur à tromper le vœu de la nature. Mais songez que cette même nature, d'accord avec les cris de la pudeur et d'une saine morale, prescrit à la femme comme à l'homme d'attendre po ir le mariage la pleine virilité : il y va pour vous de ce que vous avez de plus précieux, de la sécurité de votre avenir, de la solidité de l'affection conjugale, de la vaillance de vos enfants, de la conservation de votre santé, de la liberté de

votre esprit, de la garde de votre cœur et de vos sens Nous ne savons plus, race lascive et dégénérée, ce qu'il y a de

beau, de digne, pour l'homme comme pour la femme, à garder une longue et inviolable virginité, à tenir son corps, comme

son imagination et son cœur, pur et libre ; à goûter enfin cette haute indépendance de l'âme, qui nous affranchit de

toutes les appétences du sexe. Marie-toi, jeune homme, marie-toi, jeune fille, dissimulez tant que vous pourrez, sous un nom chaste et sacré, vos indignes ardeurs. Mettez pour comble d'hypocrisie, par-dessus tout cela, un vernis de religiosité, et courez à votre ruine. Je vous le dis, moi, qui ris de votre religion comme de vos grimaces : l'honnêteté est blessée de ce que vous faites ; et tôt ou tard, dans le torrent qui vous ff A.' * ^"^N / "/

entraîne, la vengeance saura 'Lf /UZ* , LitsÛUU Xsv~Ovi C#j2 OolfJU dtf&VU vous atteindre. Je laisse sans /[ ^/^n réponse, mademoiselle, vo- *J C, ^*

tre petite mercuriale sur la ff ^"1 /

religion. Vous n'êtes guère (y •

savante encore en amour .

quoi que vous vous imaginiez; vous l'êtes encore moins en morale ; et vous ne savez rien en théologie. »

S. vi

*- 904 -* PEYRAT (Napoléon), ditNAPOLLE Pyrénéen, pasteur de l'église réformée, un des poètes les plus remarquables de l'école romantique, n. aux Bordes-sur-Aribe (Ariège), 1809. Son beau poème sur Charlemagne est devenu classique.

L. A. S. Napol à Madame Zoé Clément (amie de La Mennais); (Saint-Germain-en-Laye), 24 avril (1848), 3 p. in-18. Légère déchirure parla rupture du cachet. Très rare.

Très intéressante lettre où il mande que le projet de sa candidature à l'Assemblée constituante dans l'Ariège est tombé dans (l'eau. « Je crois que les élections se seront faites dans un sens modéré généralement ; nous aurons une Chambre bour-

geoise, composée de boutiquiers, de bonnes gens et du chantre de leur Dieu. J'espère pourtant encore. La sève neuve du peuple peut seule régénérer la France. Il faut que dans cette Assemblée palpite l'âme du lion. Sans quoi la République en naissant agonisera sur un bourbier. Que prophétise votre illustre, votre saint ami (La Mennais), car il est prophète, et tout ce qu'il annonçait depuis dix-huit ans s'est accompli. Il a entraîné la papauté et le monde catholique dans leur voie nouvelle. Que n'est-il sur le trône pontifical, lui ! Lui seul est neuf, et je ne vois que du vieux dans le monde, du décrépit, du badigeon, du taré, corruption, vermoulure, rien de sain, rien de vierge. Quels pauvres élémens pour notre République

-5- 905 s- MARTIN (Bon-Louis-Henri), notre célèbre historien national, biographe de Vercingétorix et de Jeanne d'Arc, membre de l'Académie française (1878), sénateur, n. à Saint-Quentin (Aisne), 20 février 1810, m. à Paris, 14 décembre 1 883.

L. A. S. à Quérard (le savant bibliographe); Paris, 3 février i832, 1 p. 1/4 in-4. (Coll. L. Veydt.) — P. photographié avec signature

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Curieuse lettre, écrite à l'âge de vingt-deux ans et où S il donne, pour la France littéraire, ses nom, prénoms, date et lieu de naissance, et la liste de ses ouvrages, qui ne se composait encore que d'une nouvelle intitulée Wolfthuren ou la tour du Loup, et d'un volume, la Vieille Fronde, qui venait d'être publié. Il a sous presse un roman historique, Minuit et Midi (i63o- 1649) > il termine ainsi : ci II me reste, Monsieur, à vous exprimer ma reconnaissance de la modeste place que vous voulez bien m'accorder dans la grande et belle galerie formée par votre noble et laborieuse persévérance. »

* 906 •* MOREAU (Hégésippe), célèbre poète, l'auteur du Myosotis, le chantre de la Voulzie, n. à Paris, 9 avril 1810, m. dans la même ville, à l'hôpital de la Charité, jo décembre 1 838. Une partie de sa vie s'écoula à Provins, sa patrie d'adoption.

Deux pièces de vers autographes, signées de ses initiales, 4 p. in-4. Très rare. — P. gravé par Staal.

Cet autographe contient deux romances : L'Oiseau que j'attends et la Nuit de la Toussaint. Voici les trois premières strophes de la première pièce :

Les beaux soleils morts vont renaître, Et voici déjà mille oiseaux Pendant leur nid à la fenêtre, Peuplant les bois, rasant les eaux.

Tous les matins un doux bruit d'ailes Me réveille, et j'espère... Hélas! A mes carreaux noirs d'hirondelles L'oiseau que j'attends ne vient pas.

Voici le rossignol qui cueille Un brin d'herbe pour se nourrir, Puis se cache aux bois sous la feuille Pour chanter un jour et mourir.

Il parle d'amour : ironie !

Oiseau moqueur parle plus bas ; Et qu'ai-je besoin d'harmonie ?

L'oiseau que j'attends ne vient pas.

Plus loin le martinet des grèves, Sur un grand lac d'azur et d'or, Comme un poète sur ses rêves Se berce, vole et puis s'endort.

Dors et vole à ta fantaisie, Heureux frère! devant mes pas, Moi, j'ai vu fuir la Poésie :

L'oiseau que j'attends ne vient pas.

Numéro 906.

S. vi

4- 907 * MONTALEMBERT (Charles-Forbes de Tryon, comte de), célèbre écrivain, publiciste et orateur, un des chefs du parti libéral catholique, membre de l'Académie française ( 1 85 1 ), n. à Londres, 29 mai 1810, m. à Paris, 16 mars 1870.

L. A. S. au révérend Père Theiner (Augustin, savant historien de l'Eglise et de Clément XIV), à Rome; château de La Roche en Bourgogne, 28 septembre 1845, 2 p. in-8, cachet. — P.

Belle lettre de remerciments d'un opuscule sur la donation de la bibliothèque Palatine au pape Grégoire XV par le grand Maximilien. « C'est dans le passé qu'on apprend à se consoler des humiliations et des tribulations du présent. Autempsdes Maximilien et des Grégoire XV, les droits des catholiques, la liberté des religieux, l'honneur de l'Eglise n'étaient pas sacrifiés aux ruses transparentes d'une diplomatie hypocrite. Puissent de pareils hommes et de pareils temps nous être rendus... ! »

-: 908 ^ MONTALEMBERT (Charles-Forbes de Tryon, comte de). L. A. S. à un abbé; (Paris), i3 novembre 1 858, i p. 1/2 in-8.

Très remarquable et très caractéristique épitre. « Vous avez bien deviné le vrai, le seul chagrin qui me domine depuis bien des années. Il est né de l'attitude prise par le clergé, non pas seulement à l'égard des gens de cœur restés fidèles à leurs antécédents, mais à l'égard de tous ces grands principes de liberté et d'honneur qu'il a feint de professer ou d'admirer pendant vingt ans. Il est triste de penser que si j'avais consenti à me déshonorer en me laissant faire sénateur ou chambellan, la très grande majorité du clergé m'aurait conservé ses sympathies qu'il m'a si longtemps prodiguées et qu'il me refuse par cela seul que je n'ai pas voulu renier mon passé. Mais, comme me l'écrit le P. Lacordaire : c'est pour Jésus- Christ et l'Eglise que nous travaillons, Jésus- Christ et l'Eglise qui sont de tous les temps, et non pour le clergé d'un temps ou d'une situation, n

* 909 + MUSSET (Louis-Charles-Alfred de), l'illustre poète, membre de l'Académie française (i852), n. à Paris, 11 novembre 18 10, m. dans la même ville, 1 mai 1857.

Pièce de vers autographe signée, 1 p. in-8. — P.

Précieuse pièce, ornée d'un petit dessin à la plume représentant une église dont le clocher est surmonté de la lune Elle comprend quatre strophes de sa ballade à la lune.

* 910 * MUSSET (Louis-Charles-Alfred L. A. S. au célèbre sculpteur Clesinger; (Paris), 16 avril 1 85 1 , 1 p. in-8. Très belle pièce.

Il mande qu'il est allé le voir sans le rencontrer. « Je voulais vous voir d'abord et vous dire ensuite que mademoiselle Rachel m'a autorisé de la façon la plus aimable à profiter de l'offre plus aimable encore que vous avez bien voulu me faire. Ainsi j'espère que vous m'excuserez si je vais vous rappeler votre promesse. Elle est de celles qu'on n'oublie pas

*-gn * SANDEAU (Léonard-Sylvain-Jules), romancier et auteur dramatique, auteur de \a. Roche aux Mouettes, membre de l'Académie française (1 858), n. à Aubusson, 19 février 181 1, m. à Paris, 24 avril i883.

i° L. A. S. Jules Sand à M. David, rédacteur en chefde l'Écho du Peuple, à Poitiers; (Niort, 5 juini834), 1/2 p. in-4. — P.

Jolie lettre, signée du pseudonyme qu'il donna à George Sand. «Je pars jeudi soir pour Paris; je passerai à Poitiers vendredi matin. Je serai heureux de vous y voir. Aurez-vous le courage de vous lever avec le soleil et de vous trouver à la voiture? Je vous presserai la main en frère et ce sera beaucoup de pris sur les ennuis du voyage. »

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