‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 137 sur 312 · PIÈCE DE VERS DE SAINTE BEUVE A VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

PIÈCE DE VERS DE SAINTE BEUVE A VICTOR HUGO

Numéro 885.

* 889 SAINTE BEUVE (Charles-Augustin).

L. A. S. (au poète Charles Baudelaire); (Paris), ce 20 (janvier 1862), 4 p. 1/2 in-8.

Lettre des plus remarquables sur les Fleurs du Mal. Il le remercie (le l'envoi de son volume. « Vous êtes bien un poète de l'école de l'art, et il y aurait à l'occasion de ce livre, si l'on parlait entre soi, beaucoup de remarques à faire. Vous êtes, vous aussi, de ceux qui cherchent de la poésie partout, et comme, avant vous, d'autres l'avaient cherchée dans des régions tout ouvertes et toutes différentes, comme on vous avait laissé peu d'espace, comme les champs terrestres et célestes étaient à peu près tous moissonnés et que, depuis trente ans et plus, les lyriques sous toutes les formes sont à l'œuvre, venu si tard et le dernier, vous vous êtes dit, j'imagine : « Eh bien, j'en trouverai encore de la poésie, et j'en trouverai là où nul ne s'était avisé de la cueillir et de l'exprimer. » Et vous avez pris l'enfer, vous vous êtes fait diable, vous avez voulu arracher leurs secrets aux démons de la nuit. En faisant cela avec subtilité, avec raffinement, avec un talent curieux et un abandon quasi précieux d'expression, en perlant le détail, en pétrarquisant sur l'horrible, vous avez l'air de vous être joué; vous avez pourtant souffert, vous vous êtes rongé à promener vos ennuis, vos cauchemars, vos tortures morales; vous avez dû beaucoup souffrir, mon cher enfant. Cette tristesse particulière, qui ressort de vos pages et où je reconnais le dernier symptôme d'une génération malade dont les ainés nous sont très connus, est aussi ce qui vous sera compté. » Il examine ensuite quelquesunes des pièces de Baudelaire et parle de Joscpli Delorme et des Consolations. Il lui donne des conseils et l'engage à ne pas trop se défier de la passion. Il termine par ces mots : « Si je me promenais avec vous au hord de la mer, le long d'une falaise, sans prétendre faire le Mentor, je tacherais de vous donner un croc en jambe, mon cher ami, et de vous jeter brusquement à l'eau pour que, vous qui savez nager, vous alliez désormais sous le soleil et en plein courant. »

* 890 -c- GRATRY (l'abbé Auguste-Joseph-Alphonse), oratorien, célèbre théologien et moraliste éminent, membre de l'Académie française (1867), n. à Lille, 3o mars i8o5, m. à Montreux (Suisse), 7 février 1872. K r n

L. A. S. (à Jules Favre); Paris, 17 février 1870, i p. in-8. A/ X£ ^M/<^ &Kjju/4. /

Curieuse épitre où il le prie de ne pas l'attendre. « Après informations plus amples, je crois utile, en ce qui me concerne, de livrer cette affaire à elle-même. Je prie Dieu de vous donner la lumière et la force de contribuer, pour votre grande part, à la révolution pacifique de la France. »

4-891 * BARBIER (Henri-Auguste), un de nos plus illustres poètes, le puissant auteur des ïambes^ membre de l'Académie française (1869), n. à Paris, 28 avril i8o5, m. dans la même ville, 14 février 1882. /> / , ■ ,a /y,' - 1

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