‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 142 sur 312 · POÈME DE LECONTE DE LISLE · texte numérisé non relu

POÈME DE LECONTE DE LISLE

FRAGMENT

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Numéro 927.

S. vi

*- 92g * FILLON (Benjamin), célèbre archéologue et écrivain sur les Beaux-Arts, numismate éminent, historien de la Vendée, n. à Grues (Vendée), i5 mars 1819, m. àSaint-Cyr-en-Talmondais (Vendée), 23 mai 1881. Il avait réuni un cabinet d'autographes des plus importants dont il a été publié un beau catalogue raisonné. L. A. S. (à Etienne Charavay); La Court de Saint-Cyr, 16 février 1881, 3 p. in-8. — P.

Belle lettre ou il lui mande qu'il vient de traverser une rude crise de rhumatismes qui l'a empêché de continuer la rédaction de son catalogue. « Vous m'eussiez pris en pitié si vous m'eussiez vu il y a une huitaine. Le mieux s'accentue depuis quelques jours. Plaignez moi s'il s'arrête. » Il parle ensuite d'un autographe du prince Louis I de Condé, qu'il vient d'acquérir, et il exprime l'espoir de se procurer bientôt un beau dossier de i — , pièces protestantes. — (Benjamin Fillon ne put malheureusement J 0ts~{^. ^ pas achever la rédaction de son catalogue ; atteint d'un cancer à l'estomac, il mourut trois mois après avoir écrit cette lettre.)

-: 930 <- VACQUERIE (Auguste), célèbre publiciste, poète et auteur dramatique, ami de Victor Hugo, n. à Villequier (Seine-Inférieure), 19 novembre 18 19.

A Mademoiselle L. Hugo, pièce de vers autographe signée, 7 p. in-8 oblong. — P. photographié.

Très jolie pièce, adressée à la fille de Victor Hugo, Léopoldine, qui épousa en i8q3 Charles Vacquerie, frère d'Auguste, et se noya peu de temps après son mariage par accident près du Havre avec son mari.

Voici le commencement de ce gracieux poème, qui comprend vingt-deux strophes : ^faC-j, •• Si vous n'êtes pas déjà lasse « Prenez toute ma poésie,

« D'effeuiller si souvent mes vers » Je vous la donne, elle est à vous.

Et d'avoir toujours une place « Et dans votre coupe choisie

« A l'ombre de mes arbres verts, « Epuisez les vins les plus doux. »

-: 931 <- MEURICE (François-Paul), célèbre romancier, poète, publiciste et auteur dramatique, critique théâtral, ami de Victor Hugo, n. en février 1820.

Pièce de vers autographe signée, 1 p. in-8 oblong. — P.

Jolie pièce adressée à Léopoldine Hugo, fille de Victor Hugo. Elle se compose de sept strophes, dont voici les deux dernières :

a Vous avez donc tout, filleule des fées, « Pourquoi le ruisseau que son but réclame ^* ■ Rayons et regards ! Et comment alors « Se perd-il du fleuve à l'Océan bleu ? Oiftu.L sfle &u,-u'

•• Osé-je, faiseur de lignes biffées, « Pourquoi donnons-nous notre vie à l'âme, " /

" D'un pauvre caillou gâter vos trésors? « Notre âme à l'amour, notre amour à Dieu? »

-: 932 <- AUGIER (Guillaume- Victor-Emile), un de nos meilleurs auteurs dramatiques, membre de rAcadémie française (1 858), n. à Valence (Drôme), 17 septembre 1820. i» L, A. S. à Jules Hetzel (célèbre libraire et écrivain); jeudi (mars 1845), 1 p. in-4. — P.

Intéressante lettre relative à une de ses premières pièces (probablement : Un homme de ^ s — s /" * \ X bien). «Je vous remercie de vos conseils, mon /\a t/^y 0t^2S f ^«-^V *^ ^* SZ^-^f #

cher maître. Je les ai ruminés hier toute la «t--journée et je suis sûr maintenant que vous avez raison. Mais quel remue-ménage cela va lairc dans ma pièce! Je frissonne en songeant à tant de vers piochés en vain. Voilà du reste toute leur oraison funèbre. » Avant de se remettre à la besogne, il fera un petit proverbe en prose, « car, dit-il, j'ai des vers pardessus la létc en ce moment, n

2° Watteau, pièce de vers autographe signée, 3/4 de p. i a-fol.

Supei be pièce où il fait l'éloge du célèbre peintre Watteau. En voici la dernière strophe :

< Mi ! les charmants tableaux ! Que ces gens sont heureux ! « Que les riants propos, la musique, les jeux,

« Comme leur vie est calme et comme ils n'ont d'affaire « Le loisir sans scrupule et l'amour sans mystère! b

* c)33 -s- FROMENTIN (Eugène), célèbre peintre de genre, excellent écrivain, dont les Souvenirs sur le Sahara et le Sahel et le roman Dominique sont justement admirés, n. à La Rochelle, 24 octobre 1820, m. dans la même ville, 27 août 1876. L. A. S. (à Ernest Chesneau, le critique d'art); lundi 23 mars ( 1 863), 2 p. 1/2 iri-8. — P.

Très belle lettre où il le remercie de son article sur Dominique et parle de celui que lui a consacré M. Jules Levallois. « Si j'osais et si cela pouvait vous intéresser, je vous demanderais, Monsieur, comme faveur de venir jusqu'à mon atelier voir la très modeste exposition i 0 que je prépare. Cette demande est si peu dans mes habitudes ombrageuses *- **-x^L. que je m'étonne un peu de vous l'adresser. Mais j'estime qu'il y a dorénavant f entre nous tout un ensemble de sympathies mutuelles qui m'encouragent à beaucoup de franchise... »

■5- 934 * MARIETTE (Auguste-Edouard), un des plus célèbres égyptologues de ce

siècle, n. à Boulogne-sur-Mer, 1 1 février 1821, m. à Paris, 18 janvier 1881.

i° L. A. S. (à l'éditeur Leleux); Boulogne-sur-Mer, i3 avril 1847, 1 p. 1/2 in-4.

Belle lettre relative à ses premières études. Il s'est déjà procuré les ouvrages relatifs à l'archéologie égyptienne, mais il le prie de lui procurer un catalogue spécial de ce genre de livres. « Vous me rendrez, monsieur, un grand service, car vous ne savez pas combien les études égyptiennes sont difficiles en province à cause du manque de matériaux. »

2° Dessin original à la plume d'une poupée égyptienne, avec légende autographe, 1 p. in-4.

Cet intéressant dessin a pour légende : » Poupée égyptienne de la collection du docteur Abbott, au Kaire. Publiée par M. Prisse, Revue archéologique, t. II, p. 742. »

^ 935 -s- FEYDEAU (Ernest- Aimé), romancier de l'école réaliste, auteur de Fanny et de Daniel, n. à Paris, 16 mars 1821, m. dans la même ville, 29 octobre 1873. L. A. S. (au romancier Hippolyte Lucas); Paris, 20 mars 1860, 3 p. 1/2 in- 18. — P. photographié.

Belle lettre ou il le remercie de son article sur son roman Catherine d'Ovcrmeire. « Vous faites vos réserves sur. mes livres, vous citez franchement ce qui vous choque en eux, mais du moins vous ne m'insultez pas, comme tant d'autres, parce que j'ai acquis une certaine notoriété. Je sais que j'ai en vous un juge indulgent et intelligent, dont la bienveillance est sans arrière-pensée et la politesse sans fiel... »

936 BAUDELAIRE (Charles-Pierre), un des poètes les plus originaux de ce siècle, auteur des Fleurs du Mal, traducteur fidèle des Histoires extraordinaires d'Edgard Poë, n. à Paris, 9 avril 1821, m. dans la même ville, 3i août 1867.

6 L. A. S., dont une au crayon signée seulement de ses initiales, à Alfred de Vigny (le grand poète); Paris, décembre 1861 à avril 1862, 1 3 p. 1/2 in-8, enveloppes et cachets. — P.

Précieuse correspondance toute relative au projet de candidature de Baudelaire à l'Académie française. Dans la première lettre il exprime le désir d'être 'présenté à Vigny, comme à un de nos plus chers maîtres, et signe Un de vos plus fervents et dévoués admirateurs. — Dans deux lettres des 26 et 27 janvier 1862, il exprime à Vigny sa gratitude de son bienveillant accueil et des compliments qu'il lui a adressés sur ses vers. Il parle des visites académiques en termes piquants et lui demande un avis sur sa paradoxale tentative. Il lui transcrit les termes d'une lettre qu'il se propose d'écrire à M. Villemain pour le prévenir qu'il se présente au fauteuil du père Lacordaire. Sa correspondance avec Sainte-Beuve à ce sujet. Curieux détails. — Il lui envoie un article de Sainte-Beuve (sur les prochaines élections académiques). Il va donner des sonnets au Boulevard (journal satirique de Carjat), puisqu'un poète tel que Banville veut bien lui tenir compagnie. — Dans une autre lettre il conseille à Vigny, malade de l'estomac, des gelées de viandes combinées avec un vin très chaud, que les estomacs les plus désolés digèrent facilement et avec plaisir. — Enfin le billet au crayon mérite d'être cité : « Mon cher amf, tâchez de savoir, non pas si je peux mettre Emile Augier de mon bord (je crois cela impossible), mais si je peux me présenter chez lui avec sécurité, c'est-à-dire sans me manquer à moi-même. Est-fl lié avec Ponsard ? Croyez-vous que je pourrais, sans indiscrétion et avec chances, prier Janin de dire quelques mots de mon affaire? » — On a ajouté à cette curieuse correspondance une minute de lettre autographe d'Alfred de Vigny à Baudelaire, écrite le 27 janvier 1862, et relative aux Fleurs du Mal. « Depuis le 3o décembre, monsieur, j'ai été très souffrant et presque toujours au lit. Là je vous ai lu et relu, et j'ai besoin de vous dire

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combien de ces Heurs sont pour moi des fleurs du bien et me charment. Combien je vous trouve injuste envers ce bouquet souvent si délicieusement parfumé de printanières odeurs, pour lui avoir imposé ce titre indigne de lui, et combien je vous en veux de l'avoir empoisonné par je ne sais quelles émanations du cimetière d'Hamlet. » Il lui donne ensuite des conseils sur sa candidature. « Ne jetez pas ainsi au hasard votre nom, votre rare talent, vos actions, vos lettres et vos propos, et surtout venite ad me. » — (Baudelaire, qui avait eu l'étrange fantaisie d'aspirer au fauteuil du père Lacordaire, se rendit aux conseils d'Alfred de Vigny et de Sainte-Beuve et se désista, au milieu du mois de février 1862.

•3- 937 -5- DUPONT (Pierre), le célèbre poète, chansonnier rustique populaire, n. à Lyon, 23 avril 1 82 1 , m. dans la même ville, 24 juillet 1870.

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