LETTRE D'ALEXANDRE DUMAS FILS — FRAGMENT
Numéro 949.
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S. vt
2° L. A. S. au même ; (le Puys, 8 décembre 1870), 10 p. 1/4 in-8.
Très intéressante et très remarquable lettre sur la mort de son père (décédé au Puys, près de Dieppe, le 5 décembre). « Mon père est mort lundi soir à dix heures, ou plutôt il s'est endormi, car il n'a aucunement souffert. Il avait désiré se coucher le lundi précédent, au milieu de la journée, et depuis lors il n'avait plus voulu, et à partir de jeudi il n'avait plus pu se lever. Le sommeil était presque continuel. Cependant quand nous lui parlions il répondait clairement et en souriant toujours. Il n'a commencé à être silencieux et indifférent que le samedi. Il ne s'est plus alors réveillé qu'une seule fois, toujours avec le sourire que vous lui connaissiez et qui ne s'est pas altéré un moment. Il a fallu la mort pour l'effacer de ses lèvres... » Il conte ensuite quelques anecdotes touchantes sur les derniers jours du grand romancier.
* g5i ■+ MONSELET (Charles), spirituel romancier et critique, historien de Re'tif de la Bretonne, auteur de la Lorgnette littéraire, n. à Nantes, 3o avril 1825.
i° L. A. S. à Charles Asselineau (le bibliographe de l'école romantique, ami et biographe de Charles Baudelaire, n. à Paris, 1820, m. à Châtelguyon, 1874); septembre 1857, 1 p. in-8.
Spirituelle épitre ou il le félicite de son article sur Saint-Marc Girardin. Il collaborerait volontiers au journal le Présent. Il souhaite le bonjour à Théodore de Banville, à Charles Baudelaire et à Philoxène Boyer. Il signe : « Charles Monselet, rédacteur du Rabelais, de l'Eventail et du Coqsigrué, etc., plus malheureux que coupable, émule de Jules Lovy pour les farces. »
2° Portrait photographié avec sa signature et cette légende : « Ce roi barbu qui s'avance, bu qui s'avance, c'est Charles Monselet », in-02.
Ce portrait est des plus curieux en ce qu'il représente Charles Monselet avec sa barbe. Or on sait que le spirituel écrivain est ordinairement rasé.
*■ 952 s- SAINT VICTOR (Paul-Jacques-Raimond Binsse, comte de), célèbre critique, un des meilleurs stylistes de notre temps, auteur d'Hommes et Dieux et des Deux masques, n. à Paris, 1 1 juillet 1825, m. dans la même ville, 9 juillet 1881. L. A. S. aux directeurs du Conseiller du Peuple; Mâcon, i5 novembre 1849, 4P- ht-8. — P.
Très intéressante lettre ou il leur expose un projet conçu par Lamartine (dont il était le secrétaire). u Sous le titre du Tour de France, journal de l'ouvrier, M. de L. publierait en six ou huit feuilletons, qui paraîtraient de deuxième en deuxième numéro dans le Conseiller, un roman industriel qui serait le poëme populaire, moral et religieux de l'atelier. Tous les métiers auraient leur page et en quelque sorte leur chant dans ces géorgiques de l'industrie, dont les épisodes des laboureurs et du tisserand, dans Jocelyn, et l'article sur les devoirs civils du curé peuvent vous faire pressentir d'avance la poésie et le sentiment... » Lamartine est disposé à donner ce roman pour vingtcinq mille francs. Curieux détails à ce sujet.
* 953 s- DELISLE (Léopold-Victor), célèbre érudit et historien, le chef de l'école paléographique actuelle, auteur de Y Histoire de la classe agricole en Normandie au moyen âge et du Catalogue des actes de Philippe-Auguste, membre de l'Académie des Inscriptions (1857), administrateur de la Bibliothèque nationale, dont il a inventorié les manu s- ~*) crits et écrit l'histoire, n. à Valognes, 24 octobre 1826.
L. A. S. à Danquin, marchand d'autographes; Paris, 1 septembre i854, 1 p. 1/2 in-8. — P.
Intéressante lettre sur le projet d'acquisition par la Société des Antiquaires de Normandie d'un dossier de parchemins concernant cette province. « J'espère que vous êtes toujours dans l'intention de nous les céder de préférence aux Anglais. «
S. vi
* 954 ■* HYACINTHE (Charles Loyson, dit le Père), carme, éloquent prédicateur, qui se sépara avec beaucoup d'éclat de l'Eglise catholique en 1869 et fonda une secte nouvelle sous le nom d'Église gallicane, n. à Orléans, 10 mars 1827.
L. A. S. à l'évêque d'Orléans (Dupanloup) ; Paris, 26 septembre 1869, 1 p. in-8. — P.
Très curieuse épître, reproduite par tous les journaux de l'époque et dans laquelle le Père Hyacinthe répond catégoriquement aux reproches que lui avait adressés Dupanloup sur sa retraite de l'ordre des Carmes. « Je suis très touché du sentiment qui vous a dicté la lettre que vous
me faites l'honneur de m'écrire et je suis çy j . . 7^3^-
très reconnaissant des prières que vous Y fffOu At-*? J •€/!
voulez bien faire pour moi; mais je ne peux accepter ni les reproches, ni les conseils que vous m'adressez. Ce que vous appelez une grande faute commise, je l'appelle un grand devoir accompli. »
* 955 -s- RIVIÈRE (Henri-Laurent), capitaine de frégate, un de nos romanciers les plus originaux, auteur de Pierrot et Gain et de la Main coupée, n. à Paris, 12 juillet 1827, m. héroïquement au Tonking, en défendant Hanoï, 19 mai 1 8 S 3 .
L. A. S. (à Alphonse de Calonne, directeur de la Revue contemporaine) ; Toulon, 20 mars 1 858, 1 p. 1/2 in-8. Rare.
Très intéressante épître sur ses débuts littéraires. Il lui renvoie Madame de Felmy qu'il a arrangé suivant sa demande. Il lui parle de son drame intitulé Caracciolo, où i] retrace toutes les agitations de Nelson, placé entre son honneur qui lui défend de violer la capitulation accordée à l'amiral napolitain et sa passion pour lady Hamilton qui le pousse à le faire juger et condamner. Il termine par ces mots : « Je cherche ainsi en travaillant à occuper les longs loisirs que la guerre nous a faits, mais dont je suis heureux, puisqu'ils m'ont permis, si modeste que soit ma place, d'être compté, comme m'appelait l'autre jour monsieur de Marivault, au nombre de vos sujets les plus respectueusement reconnaissants et dévoués. » — (Henri Rivière était alors lieutenant de vaisseau. Ildébutait alors dans la carrière littéraire, mais ce ne fut qu'en 1860 qu'il publia Pierrot et Caïn
qui le mit aussitôt au rang y J
des meilleurs écrivains.) (/
956 * ABOUT (Edmond-François-Valentin), un de nos plus spirituels écrivains, auteur de Madelon et du Roi des Montagnes, membre de l'Académie française (1884), n. à Dieuze (Lorraine), 14 février 1828.