WOLFGANG FABRICIUS — FRAGMENT
S. vi
*- 992 -* OPITZ (Martin), illustre poète et écrivain, chef de la première école des poètes silésiens, que les Allemands ont appelé le Père et le Restaurateur de leur poésie, n. à Bunzlau (Prusse), 23 décembre 1597, m. à Dantzig, 20 août 1639.
P. A. S., en latin, où il signe avec ses titres; 1 décembre 1625, 1 p. in-12 oblong. Rare. — P.
Jolie pièce d'album, ainsi conçue : « Et gaudium mihi et solatium in literis : nihilque tam lœtum, quod sit lœtius ; nihil tam triste quod non per lias sit minus triste (je trouve et ma joie et ma consolation dans les lettres :
rien n'est si joyeux qui ne soit plus joyeux par elles ; rien n'est si triste qui ne soit moins triste par elles.) »
— (Les autographes de Martin Opitz sont rares.)
H*m y T>- 4*sf 0$
[4*t/,'Jf> M&~* *'/k&. JïJJt'OçKt
4. 993 + HOFMANN VON HOFMANNSWALDAU (Christian), poète célèbre, chef de la seconde école des poètes silésiens, qui abandonna les saines traditions de Martin Opitz, pour inaugurer le règne du mauvais goût qui caractérise cette période littéraire, n. à Breslau, 25 décembre 1618, m. dans lamême ville, 8 avril 1679.
L. A. S., en latin, à Johann-Hieronimus von Merlach, à Nuremberg; Breslau, 27 novembre 1676, 1 p. in-fol., cachet. Pièce de
la plus grande rareté. — P.
Précieuse lettre. Il parle des événements politiques. Il craint que les Hollandais ne viennent à traiter avec la France. Détails intéressants. Il annonce en terminant qu'un marchand vient de lui proposer quatre tableaux de Heer, peintre assez célèbre. — (Il s'agit peut-être de Lucas Heere, peintre flamand, n. 1 534, m- 1584.)
1 994 ^ SPENER (Philipp-Jakob), célèbre prédicateur et théologien, fondateur du Piétisme en Allemagne, n. à Ribeauvillé (Alsace), i3 janvier 1 635, m. à Berlin, 5 février 1705. C'était, au dire de ses contemporains, un modèle de candeur, de simplicité et d'humilité, et sa modestie n'était surpassée que par sa bonté.
L. A. S. Philipp Jakob Spener à un théologien ; Dresde, 25 juillet 1689, 8 p. in-4. Rare. — P.
Précieuse lettre du plus haut intérêt pour l'histoire théologique du dixseptième siècle. Longue dissertation sur le sabbat des Juifs et le dimanche des chrétiens. Curieuses et savantes considérations à ce sujet.
S. vi
■5- 995 -5- LEIBNIZ (Gottfried-Wilhelm von), philosophe, un des plus grands esprits de l'Allemagne, n. à Leipzig, G juillet 1646, m. à Hanovre, 14 novembre 1716.
L. A. S., en latin, à Liebeknecht, professeurde mathématiques, à Giessen ; Hanovre, 3o janvier 1 7 1 1 ,
I p. in-4, superbe cachet armorié. — P. gravé à Dresde par C. G. Raps d'après la peinture de A. Scheits.
Superbe lettre. Il le remercie de l'envoi d'un morceau de bois pétrifié. Si des hommes savants et curieux comparaient le travail des diverses régions, la surface de notre globe serait un peu mieux connue. (Si confèrent operam diversarum regionum viri docti et curiosi, superficies globi nostri paulo meliùs noscetur
II lui rappelle que, dans sa dissertation intitulée Protogea, il a soutenu que notre globe avait été soumis au feu avant de l'être à l'eau et que dans l'origine même il avait été habité par l'eau, alors que l'esprit de Dieu était porté sur les eaux. (Suspicatus sum priùs igni quàm aqua; obnoxium fuisse nostrum globum, et hune in ipsis primordiis aqua messum fuisse, hune cùm spiritus Domini ferebatur super aquas.)
■» 996 -s- GOTTSCHED (Johann-Christoph), écrivain et poète célèbre de son temps, qui eut la prétention de régénérer la littérature allemande en l'enchaînant à l'imitation des classiques français, auteur de la tragédie de Caton mourant, n. à Judithenkirch, près de Kcenigsberg, 2 février 1700, m. à Leipzig, 12 décembre 1766.
L. A. S. à M. Borowsky, ministre et aumônier du régiment de son Excellence le Feld-Maréchal Lehwald, au camp prussien; Leipzig, 21 octobre 1762, 3 p. pl. in-4. Rare. — P.
Très belle et piquante épître, traitant principalement de la guerre de Sept ans, du siège de Schweidnitz, etc. Il parle du prince Henri qui s'est rendu chez Borowsky, ce qui fait qu'il a eu lieu de dire de nouveau : « Sicut erat in principio sic nunc et semper ; » il compare les habitants de Leipzig à des disciples de saint Thomas : 'i Wir unglâubige Leipziger die wir dem unglaubigen Thomas angehoren, sind dadurch (le bruit d'une soi-disant victoire des Prussiens) noch nicht ûberfûhrt. Warum hat man nicht das Herz ein Te Deum singen zu lassen und Victoria zu schiessen. Wenn wir nicht Zeichen und Wunder sehen so glauben wir nicht » « manus nostra occulata sunt.credunt, quod vident, » et plus loin il demande des nouvelles précises « damit ich der hiesigen Fama das Maul stopfen kànn. » Il parle de Frédéric II et termine sa lettre en exprimant le désir qu'une paix honorable soit bientôt conclue.
eau : « oicui ciaL ni piincipiu
*- 997 •* ZINZENDORF (Nikolaus-Ludwig, comte de), poète et théologien, fondateur de lavilledeHerrnhoutet delà
nouvelle église des Frères moraves, n. à Dresde, 26 mai 1700, m. à Herrnhout (Saxe), 9 mai 1760. Il est considéré comme étant,dans le domaine religieux, l'homme le plus remarquable que l'Allemagne ait produit depuis Luther.
L. A. S. au pasteur Franke, à Halle; Hennersdorf, 18 janvier 1722, 3 p. in-4, cachet. Extrêmement rare. — P.
Précieuse lettre écrite à l'occasion du renouvellement de l'année, toute remplie de témoignages de déférence et d'affection chrétiennes, et qui respire une vive piété.
* 998 * HAGEDORN (Friedrich von), poète satirique et didactique, dit le Poète des Grâces, n. à Hambourg, 23 avril 1708, m. dans la même ville, 28 octobre 1754.
L. A. S., en français, à un libraire; Hambourg, 8 juin 1 75o, 2 p. 3/4 in-4. — P- de Steinlad'après Gratï.
Belle lettre où il lui demande plusieurs ouvrages, les Lcttere d'uomini illustri che fiorirono net principio del secolo decimo settimo, qui viennent de paraitre à Venise, le Voyage pittoresque de Paris, qu'il destine à son frère, une édition in-octavo de la Gierusalemme iiberata, et enfin le Tacite de Lallemand.