L. A. S.; Ilmenau, 24 janvier 1804, 3 p. in
Très intéressante lettre relative à la mort du célèbre Herder (survenue le 18 décembre précédent). « La mort de notre Herder, en qui j'ai tant perdu, vous aura également été sensible. Je l'ai vu peu de semaines avant sa mort à Weimar; il revenait de Dresde où il avait reçu, de l'électeur et de toutes les notabilités de cette ville, l'accueil le plus flatteur. Il était encore sous le charme de ces souvenirs, et tout rempli d'ardeur pour se livrer à des travaux importants, et entre autres à une nouvelle édition de ses œuvres complètes. Jamais il ne m'avait paru aussi inspiré; mais son corps s'est affaissé sous le poids de son génie. — Der Tod unsers Herder's, an dem ich so viel verlohren habe, wird Ihnen ohne Zweifel auch nahe gegangen seyn. Ich sah ihn noch wenige Wochen vor seinem Tode in Weimar, als er eben von Dresden zurûckgekommen war; wo er von dem Churfursten und allen den Vornehmsten so freundlich aufgenommen wurde. Er war noch entzùckt von diesem Aufenthalt, und voll neuen Strebens wichtigere Dinge und zumal die Herausgabe seiner sâmmtlichen Werke zu betreiben- So seelenvoll hatte ich ihn zuvor nie gesehn; aber der Kôrper sank unter der Macht seines Geistes! »
f- 1026 s- BURGER (Gottfried-August), célèbre poète, auteur de la belle ballade
de Lenore, n. à Molmerswende, 3i décembre 1747, m. à Goettingue, 8 juin 1794.
L. A. S. à Goetze, assesseur à Quedlinbourg ; Goettingue, 20 août 1771,2p. 1/4 in-4, cachet. — P.
Intéressante lettre. Il se loue fort de la noble et généreuse conduite du poète Gleim à son égard. Curieux détails. « J'ai appris avec le plus grand plaisir, lui dit-il, que tu étais devenu Assesseur. Bon Dieu ! tous mes amis arrivent à de brillantes charges publiques, tandis que moi, pauvre homme, je reste un manœuvre dans la vie pratique. — Das du Assesseur geworden bist, daruber hab ich mich recht wonning ergôtzt. Lieber Gott ! aile meine Freunde gelangen zu vornehmen Staatsàmtern, und ich elender bin kaum praktischer Handlanger. »
•5- 1027 * STOLBERG (Christian, comte de), célèbre poète lyrique et dramatique, traducteur de Sophocle, ami de Gœthe, de Biirger et de Lavater, n. à Hambourg, i5 octobre 1748,111. dans sa terre de Windebye (Schleswig), 18 janvier 1821.
i° L. A. S., en français, à une dame de ses amies; Tremsbiittel, 4 mai, 6 p. in-8. — P.
Très jolie lettre où il s'excuse de ne pas lui avoir répondu plus tôt, à cause des affaires dont il est accablé. Il a remis à qui de droit sa lettre à l'Impératrice. Détails intimes. « Lorsqu'on est aussi accablé d'affaires que je le suis, adieu la faculté locomotive ! »
2° L. A. S., en français, de Friedrich-Leopold, comte de Stolberg (célèbre poète lyrique et dramatique, frère du précédent, n. à Bramstedr, 7 novembre 1750, m. à Sondermuhlen, près d'Osnabruck, 5 décembre 18 19), à unedame; Nuremberg, i3 octobre 1788, 4 p. in-4.
Belle lettre de félicitations sur l'accouchement de la fille de sa correspondante. Détails sur les écoles de son pays. Les troupes du roi de Suède ont éprouvé un échec sur la frontière de la Norwège. — (Les deux frères Stolberg avaient montré, dans leur jeunesse, une grande indépendance religieuse et littéraire et une haine passionnée contre les tyrans, mais ils modifièrent plus tard leurs opinions. Schiller les appela des centaures qui erraient autrefois dans les forêts poétiques, mais dont la race sauvage a rapidement dégénéré.)
1028 -e- HŒLTY (Ludwig-Heinrich-Christoph), célèbre poète élégiaque, dont les œuvres sont devenues classiques, un des fondateurs du Hainbund, n. à Mariensee, près de Hanovre, 21 décembre 1 748, m. à Hanovre, 1 septembre 1776. '/
L. A. S. à Miller; Goettingue, 6 mars 1775, 3 p. in-4. Rare. (Coll. Wagener.)— P.
Épitre intime sur la mort de son père, sur la maladie dont il est atteint, sur Voss, Leisewitz, etc.
*- 1029 s- GOETHE (Johann- Wolfgang von), le plus grand génie littéraire de l'Allemagne, n. à Francfort-sur-le-Mein, 28 août 1749, m. à Weimar, 22 mars i832.
L. A. S. au Hofrath Heine, à Gœttingue; Rome, i3 janvier 1787, 1 p. in-4, cachet camée. — P.
Précieuse lettre dans un état de conservation parfait ; en voici le texte et la traduction :
« Ew. Wohlgebohren, Andenken hat mich auf mehr als eine Weise nach Italien hegleitet; jetzt \vo ich mich ûber zwei Monate in Rom befinde, sollte es mir angenehm seyn, auch Ihnen nûtzlich werden zu kônnen. Wollten Sie mir irgend eine Untersuchung die einen treuen Beobachter am Orte erfordert, irgend eine Art Bestellung auftragen, sowûrden Sie mir viel Vergnûgcn machen. Nur mûsste ich bitten eine gefâllige Antwort bald an mich gelangen zu lassen, unter dem Couverte des H. Tischbein al corso incontro al Palazzo Rondamini. Ich hoffe die mir ùbersendeten Biicher werden glûcklich wieder angekommen seyn. Da ich mich zu fortdauerndem geneigten Andenken empfehle. »
« Votre souvenir m'a accompagné de plus d'une manière en Italie ; maintenant que je suis établi à Rome depuis plus de deux mois, il me serait agréable de vous être de quelque utilité. Si vous vouliez bien me charger de n'importe quelle recherche pour laquelle un fidèle observateur soit nécessaire sur place, ou de n'importe quelle commission, vous me feriez grand plaisir. Je vous prierai seulement, dans ce cas, de bien vouloir m'envoyer une prompte réponse, sous le couvert de H. Tischbein al corso incontro al Palazzo Rondamini. J'espère que les livresque vous m'avez envoyés sont heureusement rentrés en votre possession. Je me recommande à la continuation de votre bienveillant souvenir. »
* io3o -+ GOETHE (Johann-Wolfgang von).
L. A. S. (au Maréchal de la cour Rackmitz ?, intendant du théâtre) ; Breslau, 1 8 sept. 1 790, 2 p. in-4.
Superbe et amicale lettre. Goethe s'y montre plus expansif que d'habitude. Il doit rejoindre le grand-duc à Schandau (Saxe) pour l'accompagner dans une excursion de Schandau à Dresde, et il invite son ami, de la part du grand-duc, à se joindre à eux. Détails sur l'excursion projetée. — « J'ai, dit-il, éprouvé des jouissances de plus d'un ordre en Silésie, j'y ai vu bien des choses remarquables et y ai fait plus d'une connaissance intéressante, j'aurai donc beaucoup à raconter. J'espère passer quelques beaux jours avec vous à Dresde. Mon estime et mon affection pour vous n'ont pas varié et ont encore augmenté lors de notre dernière rencontre. Je forme mille vœux pour votre bonheur. Je vous apporterai quelques beaux morceaux de minerai de soufre. — Nun hoffe ich in Dresden mit Ihnen noch einige glùckligeTage.Meine Verehrung und Liebe fur Sie ist bestandig gewesen, und nur durci) unsre letzte Zusammenkunft vermehrt worden. Leben Sie recht wohl in Hoffnung eines baldigen Wiedersehens und wenn es môglich ist so machen Sie Sich freyum nach Schandau gehen zu kônnen. Leben sie tausendmal wohl. Ich bringe Ihnen schône Stufen gewachsenen Schwefels mit. »
■3- io3i -*■ GOETHE (Johann-Wolfgang von).
L. A. S. G. à Schiller, à Iéna; Eisenach, 18 octobre (1795), 2 p. in-4, cachet-camée. — P.
Précieuse lettre non publiée dans la correspondance des deux poètes. (Elle prend place entre le n» 109 et le n" node ladite correspondance). En voici le texte et la traduction : '
« Noch bin ich hier und werde wohl noch erst abwarten was aus den Dingen werden will eh ich meine Reise weiter fortsetze. Die Oesterreicher sind wieder ûber den Mayn heruber und umgeben Frankfurt. Vielleicht ist es zwischen ihnen und den Franzosen schon zur Schlacht gekommen. In ein solches Gewirre môcht ich von heiler Haut mich nient hinein begeben, da ich dergleichen anmuthige Situationen schon kenne. Meinen hiesigen, stillen Aufenthalt habe ich gleich benutzt um Madame de Staël vôllig zu ùbersetzen, mit unter zu versetzen. Eine weiblichc Méthode u. die franzôsiche Sprache machten mir viel zu schaffen und besonders auch die Annàherung ihrer Meinungen an die unsrigen u die ewigen Abers. Nun bin ich fertig, lasse das Werk drucken u. gleich sollen Sie es haben. Vielleicht lassen Sie es gleich im Ganzen drucken u. bringen Ihre Noten auch in ein Ganzes. Doch daruber wird der Genius u. der Augenblick entscheiden. Schreiben Sie mir doch ! Wenn Ihr Brief mich nicht antreffen sollte, wie ich vermuthe, so wird er mir nachgeschickt. Nun denke ich mich gleich an den Roman zu machen, denn wenn ich mich hier nicht vorsâtzlich zerstreuen will, so bin ich einsamerund ruhiger als zu Hause. Leben sie recht wohl. Vielleicht sehe ich Sie eher wieder als wir glaubten. »