MILAN FERRARE ET NAPLES
4- 89 * SFORZA (Francesco-Alessandro), n.ù San-Miniato, 23 juillet 1401, un des meilleurs capitaines de son temps, duc de Milan (26 février 1450), habile politique, ami et allié de Louis XI, m. à Milan, 8 mars 1466.
L. S., en latin, sur vélin, contresignée par Cicco Simonetta (secrétaire et conseiller de Francesco Sforza, n. 1410, décapité à Pavie le 3o octobre 1480); Milan, 7 avril 1450, 1/2 p. in-fol. oblong,
Pièce enluminée et décorée. C'est la concession faite par le duc de Milan à Bartolomeo de Scazosiis des rentes à percevoir sur le monastère, hôpital et couvent des Saints Bernard et Nicolas de Mont- Yon. Les armoiries de Francesco Sforza sont malheureusement très frustes.
*- go ESTE (Alfonso II d'), n. 1 5 33 , duc de Ferrare ( 1 5 5 g) , fils de Renée de France, dont la cour fut le rendez-vous de tous les littérateurs de son temps, m. 27 octobre 1697. Il fit enfermer Torquato Tasso dans un hôpital de fous, à cause de sa passion pour sa sœur la belle Leonora.
P. S., en français, sur vélin ; Blois, 1 3 décembre 1 565, 1/2 p. in-4 oblong, cachet. (Coll. Dubrunfaut.)
Reçu de i5,ooo livres tournois sur la somme de 200.000 livres tournois dont le roi (Charles IX) lui est redevable.
-> qi * MURAT (Joachim), n. à la Bastide- Fortunière (Lot), 25 mars 1 77 1 , maréchal de l'Empire, beau-frère de Napoléon, qui le fit roi de Naples (i5 juillet 1808) sous le nom de Joachim Napoléon, fusillé au Pizzo le i3 octobre i8i5. L. S. à Wellington; Toulon, i5 juillet 181 5, 2 p. 1/4 in-4. — l3-
Document des plus curieux ou Murât, qui habitait la'Provence depuis son retour en France (25 mai i8i5), sollicite un asile en Angleterre. <i Mylord, un prince malheureux, un capitaine qui n'est pas sans quelque renommée, s'adresse avec confiance à un capitaine aussi généreux qu'illustre, pour obtenir un asile en Angleterre. Mylord, j'ai perdu le trône de Naples pour avoir voulu être fidèle à mon système de rester inviolablement attaché au système de la Grande-Bretagne. Telle fut, en effet, ma déclaration à lord Castlereagh à l'époque du dernier éve'nement de l'île d'Elbe, telle fut celle que je lis à lord Bentinck, à l'ouverture de cette dernière campagne, lorsqu'il me fit dénoncer l'armistice avant l'expiration des trois mois qui devaient suivre celte dénonciation. Je lui fis écrire que ne voulant et ne pouvant vouloir me mettre en guerre avec l'Angleterre, j'allais rentrer dans mes Etats et demander une suspension d'armes au général autrichien. Cette résolution me perdit, car, en restant sur le Pô, j'eusse infailliblement forcé ce général à l'accepter et je serais encore en possession de mes Etats... » Il se plaint que sa femme et ses enfants soient retenus prisonniers en Autriche et il demande à se placer sous la sauvegarde de l'honneur britannique et de la gloire de son premier général. « Mylord, je ne saurais rendre un plus grand hommage au peuple anglais ; je ne saurais payer un plus grand tribut d'estime et d'admiration aux qualités éminentes qui vous distinguent et qui viennent de placer votre nom au rang des plus grands capitaines. Ne dédaignez pas mon hommage, Mylord: c'est celui d'un militaire d'honneur qui, tout en vous admirant et sans être jaloux de votre gloire, désira longtemps de vous combattre dans l'espoir d'enrichir son expérience de vos talents militaires. « — (Cette lettre est postérieure de moins d'un mois à la bataille de Waterloo, perdue le 18 juin.)
CHEFS DE GOUVERNEMENT