I2i5 -* MANZONI (Alessandro
i° L. A. S., en français, à M. Gosselin, archiviste du dépôt général des fortifications, à Paris; Milan, 9 décembre 1828, 2 p. in-4, cachet brisé. Très belle pièce. (Coll. Gosselin.)
Superbe lettre où il le remercie de l'envoi de sa traduction française des I promessi Sposi. Sur la demande de M. Gosselin, il lui adresse une note de certains passages ou le sens n'a pas été bien rendu. « Ce n'est, au reste, que sur des détails; et je sens moi-même si vivement et si distinctement la difficulté que présentent plusieurs endroits de l'ouvrage auquel vous avez bien voulu consacrer votre temps et votre talent, que j'ai bien plus admiré le bonheur avec lequel vous avez souvent deviné dans une foule de ces endroits où l'étranger le plus instruit dans la langue italienne, mais qui n'aurait pas vécu en Italie est forcé à deviner, que je n'aie été surpris dans quelques autres, où la pensée que vous exprimez n'est pas la mienne Il le remercie aussi de l'indulgence avec laquelle il a jugé l'ouvrage qu'il avait réussi à traduire avec tant de talent.
2° Pièce autographe, en français; (Milan, décembre 1828), 4 p. pl. in-4. Superbe pièce. Curieux document. Ce sont les corrections faites par Manzoni à la traduction et annoncées dans la précédente lettre.
4-1216-* PELLICO (Silvio), poète tragique, auteur de Francesca di Rimini, célèbre par sa longue captivité au Spielberg (1822-1830), qu'il a racontée dans son beau livre Le mie prigioni, n. à Saluces, 1789, m. à Turin, 1 février 1864.
i° L. A. S. au comte Domiziano di Larisse ; 23 janvier (i83q), 1 p. in-8, cachet. — P.
Belle lettre relative à l'ouvrage de Léopold Ranke, les Papes romains, leur Église et leur État au seizième et au dixseptième siècle. D'après les louanges adressées à ce livre, il croyait y trouver une preuve d'impartialité donnée par un protestant à l'égard de l'Eglise catholique. Mais telle n'a pas été son impression. « I suoi panegiristi cattolici l'hanno miratocon una lente ch' io non ho, e per me vedo in Ranke un Protestante, non accanito, ma pùr pieno di falsi giudizii contro la Chiesa. » — (Silvio Pellico devint, à sa sortie de prison, bibliothécaire de la marquise de Barol, née Colbert, et en cette qualité il classa et catalogua la collection d'autographes formée par cette dame. Plusieurs pièces de cette collection ont été acquises par M. Bovet et figurent dans le présent catalogue. Elles sont accompagnées de notices écrites de la main de Silvio Pellico.)
2° Poésie autographe signée, 1 p. in-18.
Cette pièce, intitulée Sospiro, comprend quatre strophes, dont voici la première :
Amore è sospiro Dolore è sospiro
D'un core dolente D'un cor senza vita,
Che solo si sente, Per cui più la vita
Che invoca pietà; Incanto non ha.
4~ 1217 s- GROSSI (Tommâso), célèbre poète et romancier, qui a célébré en vers d'une grande beauté la délivrance de sa patrie en 1848, auteur à'ildegonda et de Marco Visconti , n. à Bellano » .
(province de Côme), 20 ^fe/0 /«* nyàtyui^tipc' /( /ra/rc&
janvier 179 1, m. à Milan, C "
10 décembre 1 853. 7/ ré<ct*A* ^6^/7* 2o(*l/jp$
Pièce de vers autographe, / ■ // / J S
avec ratures, corrections et j/ cé/w'v 0 Uo lo i?Qj?û('r&- f/oL c*S/Ka/t
additions, 4 p. in-4. 'S
Cette pièce n'est probablement V fùO^A d' p/ûi f*/ZÂ <U S jl* /' tfsfossl *
qu'un fragment d'un poème plus / f ' rf'pfJ 4
considérable.
eAâ^o /&flfau? ....
S. vi
v 1218-* LEOPARDI (Giacomo, comte), un des plus grands poètes et écrivains modernes de l'Italie, n. à Recanati, 29 juin 1798, m. à Naples, 14 juin 1837. L. A. S. au comte Mario Valdrighi, à Modène; Florence, 26 juillet 1 83 1 , 2 p.in-4. — P.
Très belle lettre où il le remercie de l'envoi d'autographes pour sa collection. Il lui propose des échanges et lui transmet une liste de ses desiderata et une note de ses doubles. — (Onvoit que Leopardi était amateur d'autographes.)
* 12 19 s- GIOBERTI (Vincenzo), célèbre philosophe, publiciste et homme d'Etat, un des promoteurs de l'indépendance italienne, auteur de II Primato civile e morale degli Italiani, n. à Turin, 5 avril 1801, m. à Paris, 25 octobre 1 85 1 . L. A. S. à Pietro Pieri, à Rome; lac de Bienne, 27 novembre 1846, 6 p. in-8.
Lettre des plus remarquables ou il expose sa doctrine philosophique et ses conceptions politiques. Il fait le plus grand éloge du pape Pie IX. « Beato Loi chc soggiorna fra le mure medesime consacrate da Pio! Io mi tenei beato di poter baciare la terra toccata dai piedi del santo e generoso pontefice. Ma benchè Iontaiio mi rallegro di essere suo coetaneo ed'intendere per ogni dove il preconio délie sue lodi. I posteri c' invidieranno questa fortuna. Dica pure ai Romani, che questi pochmesi che corsero dopo l'assunzione di Pio bastarono a estinguere moralmente in moltissimi lo scisma del secolo sestodecimoi. Io ho udito moltissimi protestanti ed increduli parlar di Pio
con un entusiasmo e di Roma con un amore, non finto, ma vivo, profondo, spontaneo, che mi fece meraviglia. Non passera questo secolo che la metà dell' Europa eterodossa sarà riunita ail' antica madré. Pio è un vero taumaturgo. Iddio lo conservi molti anni; e quando. dopo una lunga vita, lo chiamerà al premio eterno, promesso ai pontefici e ai princi pi benefattori,-gli dia dei successori che lo somigliano. »
-: 1220 <- MONTANELLI (Giuseppe), poète lyrique, qui prit une part active aux guerres patriotiques de 1848 et i85g, n.à Fucecchio (Toscane), 181 3, m. 17 juin 1 863. Ail Impératrice d'Austria, pièce de vers autographe signe'e ; Paris, 1 juillet 1849, 1 p. in-fol.
Superbe pièce dont voici le sujet indiqué par Montanelli lui-même : n Versi ispirati nella cattedrale d'Imsbruck in tempo délia mia prigionia nell' agosto del 1848, sentendo la messa a cui assistava l'Impératrice fuggita da Vienne (Vers inspirés dans la cathédrale d'Inspruck au temps de mon emprisonnement dans le mois d'août 1848, entendant la messe à laquelle assistait l'Impératrice d'Autriche fugitive de Vienne). 1.
ESPAGNE
4 1221 s- MORALES (Ambrosio de), célèbre écrivain, professeur à l'Univ d'Alcala et historiographe du roi Philippe II, auteur d'une excellente Histoire d'Espagne et des Antiquités espagnoles, n. à Cordoue, i5i3, m. i5gi.
L. A. S. à M....; Cordoue, 6 septembre 1 583, 1 p. in-fol. Superbe pièce. Rare. (Coll.B. Fillon.)
ersite
Belle lettre ou il lui mande qu'il vient de recevoir ses lettres qui avaient été égarées. Il lui envoie tout l'argent dont il peut disposer. Intéressants détails.
S. vi
* 1222 s- ARIAS MONTANUS (Benedetto), célèbre philosophe et écrivain, éditeur de la Bible polyglotte, le savant auteur des Antiquités judaïques, n. à Frexenal, 1527, m. à Séville, 1598.
L. A. S. à Juan de Olbornoz, à Bruxelles; Anvers, 3 décembre 1 573, 3/4 de p. in-fol., trace de cachet. {Coll. B. Fillon.)
Très intéressante lettre. Il a rendu visite à Plantin (le célèbre imprimeur), qui souffre de la colique et est forcé de garder la chambre. Celui-ci lui a indiqué le meilleur relieur de la ville, qu'Arias Montanus a aussitôt envoyé à Albornoz. Il le prie seulement de vouloir bien congédier ce relieur, dès que l'ouvrage sera terminé, car la maison de celui-ci reste en souffrance lorsqu'il est absent.
•5- 1 223 * LLORENTE (don Juan-Antonio), célèbre écrivain, éditeur des œuvres de Barthélémy de las Casas, historien d'Antonio Perez et des Papes, auteur de Y Histoire critique de l Inquisition d' Espagne, qui obtint un éclatant succès et lui valut de nombreuses et cruelles persécutions, n. à Rincon-del-Soto (Aragon), 3o mars 1756, m. à Madrid, 5 février 1823. .
L. A. S., en français, aux libraires Treuttel et Wurtz ; Paris, 22 janvier 1820, 3 p. 1/2 in-8.
Belle lettre dans laquelle il leur propose l'achat de l'édition d'un de ses ouvrages ayant pour titre : Projet de constitution religieuse considérée comme faisant partie de la constitution civile d'une nation libre indépendante. Cet ouvrage est, au dire de quelques savants français, plus piquant que l'Histoire de l'inquisition, et on croit que tout protestant l'achètera à cause des opinions qu'on y énonce.
4- 1224-:- MORATIN (don Leandro-Fernandez), un des plus illustres poètes dramatiques de son pays, n. à Madrid, 10 mars 1760, m. à Paris, 21 juin 1828.
L. A. S. à M. Arnao, à Paris; Bordeaux, 19 septembre (1827), 1 p. in-4. Très belle pièce. — P. gravé par Bloed.
Belle et intéressante lettre où il lui transcrit l'épitaphe qu'il vient de composer pour dona Maria Gonzalez Arnao, morte à l'âge de vingt-deux ans.
*h 1225 MARTINEZ DE LA ROSA (Francisco), poète distingué et hommed'État, chef du parti libéral, n. à Grenade, 10 mars 1789, m. à Madrid, 7 février 1862. i° Pièce autographe, en français; Paris, (1841), i5 p. 1/2 in-4. Superbe pièce.
Curieux document. Auto-biographie de Martinez de la Rosa depuis ses études à l'Université de Grenade, sa ville natale, jusqu'au moment où il fut obligé de quitter l'Espagne en septembre 1840, après le pronunciamento de Barcelone, et à se réfugier en France.
2° L. A. S., en français, à un collègue, 2p. 1/2 in-4.
Curieuse épitre sur les ennuis que lui a causés l'impression de sa biographie. Très piquants détails à ce sujet.
S. vi
PAYS-BAS
* 1226 ERASMUS (Desiderius), illustre philosophe et écrivain, un des rénovateurs des lettres et des précurseurs de la Réforme, le sagace auteur de YEloge de la folié, n. à Rotterdam, 28 octobre 1467, m. à Bàle, 12 juillet 1 536.
1.. A. S., en latin, à Louis Ber (théologien catholique suisse, m. à Fribourg en 1 5 54) ; Bàle, le lendemain de la fête de saint Paul (29 juillet) 1527, 1 p. 1/2 in-fol., trace de cachet. Superbe pièce. (Coll. Succi.) — P.
Précieuse pièce. Il a reçu sa lettre, non moins érudite que pieuse, qui a un peu calmé le chagrin que sa mauvaise santé et la perversité des hommes lui ont fait éprouver. Il exprime son regret de voir la chrétienté s'engager dans une voie dont il aurait voulu l'éloigner. Il mande qu'il a éprouvé de vives douleurs d'intestin et qu'il a fait son testament. A ce propos, il rapporte qu'un prêtre de Louvain a testé en ces termes : « Je n'ai rien, je dois beaucoup, je donne le reste aux pauvres. » Nouvelles de la peste. Il l'engage à publier seulement dans quatorze jours l'examen des livres de Jacques Latomus (théologien catholique) et de Hoghestratus contre Luther. Il n'a rien vu de ce qu'a produit la France sur ce sujet, mais on en a eu un spécimen dans les ouvrages de Sutor et de Beda. « Je n'ai pas encore décidé, dit-il, si je répondrai aux derniers livres de Beda et de Chlitoveus, bien que j'aie promis qu'au retour de mon Danus, on délibérerait sur Athanase. » — (Deux docteurs en Sorbonne, Noël Beda et Pierre Le Couturier, en latin Sutor, avaient publiquement accusé Erasme d'hérésie. Celui-ci demanda au Parlement de Paris justice de ces calomnies, mais il n'obtint comme résultat que de voir condamner par la Sorbonne, le 17 décembre 1527, trente-deux de ses propositions.)
-> 1227 -s- LIPSE (Juste), illustre écrivain et publiciste, un des plus grands érudits du seizième siècle, le savant éditeur de Cicéron, de Tite-Live et de Pline le jeune, n. à Isque (Brabant), 18 octobre 1547, m. à Louvain, 23 avril 1606.
L. A. S., en latin, à Janus Dousa (célèbre poète) ; 18 des calendes de novembre (i3 octobre) 1 586, 3/4 de p. in-4. Belle pièce. — P.
Très belle lettre pleine de détails littéraires et inti- f* ^"^tif^T^ »»v-c^
mes. Il le prie instamment de lui écrire. ' vô^
-3-1228 * GATS (Jakob), grand pensionnaire de Hollande, célèbre poète, rival de Vondel, ambassadeur en Angleterre, un des plus grands hommes d'État de son temps, n. à Brouwershaven, 10 novembre 1577, m. à La Haye, 12 septembre 1660.
L. A. S., en latin, à Constantin Huygens, à Londres; Middelbourg , 5 mars 1622, 1 p. in-4. Léger raccommodage.
Très belle lettre ou il l'encourage à continuer à bien servir sa patrie dans les difficiles circonstances ou elle se trouve. Intéressants détails à' ce sujet.
-> 1229 * BAERLE (Gaspard van), en latin Barlveus, poète, théologien et médecin, professeur à Leyde et à Amsterdam, qui célébra l'entrée de Marie de Médicis dans cette dernière ville, n. à Anvers, 12 février i58q, m. à Amsterdam, i4janvier 1648.
L. A. S., en latin, à Hugo Grotius (le grand publiciste et homme d'Etat); Amsterdam, nones d'avril 1639, 1 P- in-fol.
Superbe lettre d'envoi de son célèbre livre Medicea hospes, ou il a décrit la pompe triomphale de l'entrée de / j.j ' /l)^$/Y' la Reine-mère (Marie de Médicis) dans Amsterdam. > — ■ I
i23o ■* BILDERDIJK (Willem), un des meilleurs poètes de la Hollande, tragique, n. à Amsterdam, 7 septembre 1756, m. à Haarlem, 18 décembre 1 L. A. S., en français, (à Jullien de Paris); Leyde, 11 octobre 1826, 2 p. 3/4in-4. — P.
Très belle lettre où il lui donne la liste de ses
auteur 83i.
principaux ouvrages. « Les deux poèmes où je croirais d'avoir déploie quelque peu de génie sont : 10 La Maladie des savants, en six chants, publié en 1807, et 2° La Destruction du premier monde, poëme épique, mais que j'ai été obligé d'abandonner au cinquième chant, au lieu des seize chants qu'il aurait dû contenir selon mon projet, une nouvelle catastrophe m'ayant empêché de le poursuivre