LETTRE DE LAVATER AU RÉVÉREND
Numéro 1260.
JAMES STANIER CLARKE
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S. VI
^ 1264 s- PESTALOZZI (Johann-Heinrich), illustre écrivain pédagogique, n. Zurich, 12 janvier 1746, m. à Brugg, 18 février 1827. S^s
L. A. S. à M. de Rougemont, procureur général à Neuchâtel: Yverdon, 25 septembre 1810, 2 p. in-4. — P.
Très belle lettre affectueuse. Il le remercie des soins qu'il a donne's à une affaire m concernant son Institut. Intéressants détails. J
* 1265 -s- MALLET DU PAN (Jacques), célèbre publiciste, rédacteur du Mercure de France, n. près de Genève, 1749, m. à Richmond (Angleterre), mai 1800.
L. A. S. au libraire Panckoucke ; Genève, 17 novembre ij83, 1 p. 3/4 in-4. Belle pièce. — P.
Très intéressante lettre ou il pose ses conditions pour entrer comme rédacteur au Mercure de France (dont Panckoucke avait l'entreprise depuis 1778). Il ne pourra commencer sa collaboration qu'au mois de janvier prochain. Il consent à recevoir vingt-cinq sous par souscription et demande une avance de quinze cents livres tous les trois mois. « Voilà donc Linguet (dont il avait été le collaborateur et le continuateur) avec ses coudées franches. Il écrit ici à un de ses amis que ses Annales ont enfin forcé les bar- ^/ 0- w> j*4-/JJA}
rières, qu'elles ont recouvré leur libre circulation en W FÂC/r £ *
France, etc. Voilà une nouvelle pour votre journal * v ,
qui n'est pas de moindre importance. Vous en avez /Un /fie/1 Att !r% F*. - .
sûrement pesé les effets. » - (Mallet du Pan entra ^fLlttL€/t eUU-? t-C4*/U.^C>
au Mercure de France et y resta jusqu'en 1792.) (^3*2— ^""'^
* 1266 * MONTOLIEU "tJeanne-Isabelle- Pauline Polier de Bottens, dame de Crousaz, puis baronne de), célèbre romancière, auteur de Caroline de Lichtfield, n. à Lausanne, 7 mai 1 7 5 1 , m. à Vennes, près de Lausanne, 29 décembre i832.
L. A. S. (à Bernardin de Saint-Pierre) ; Bussigny, près de Lausanne, 4 p. in-4.
Superbe lettre ou elle l'invite à venir la visiter dans sa retraite. « Comme je serois heureuse d'y recevoir le père de Paul et Virginie et de voir en réalité ces deux charmans enfans que j'aime depuis si longtemps. Peutêtre lorsqu'ils auront quelques années de plus, serés-
vous tenté de leur faire voir un pays qui doit avoir < , ., — \0
de l'intérêt pour le peintre de la nature... »
-> 126.7* MÛ LLER (Johannes von), l'illustre historien de la Suisse, auteur des Voyages des Papes, n. à Schaffouse, 3 janvier 1762, m. à Cassel (Westphalie), 29 mai 1809. L. A. S., en français, à Haller (l'illustre savant); décembre 1775, 3 p. in-4, cachet. — P.
Superbe et très intéressante lettre ou il lui donne des indications sur des volumes qu'il a parcourus. Il témoigne de son dévouement pour Haller et lui mande que Charles Bonnet vient d'être très gravement malade.
•3- 1268 * MÙLLER (Johannes von)
L. A. S., en français, à une princesse ; Cassel, 26 mai 1782, 4 p. pl. in-4. — P-
Lettre des plus remarquables sur ses Voyages des Papes (ouvrage célèbre dans lequel il proclamait la puissance ecclésiastique comme protectrice des peuples contre la tyrannie de leurs princes). « Vous aurez lu peut-être, madame la Princesse, les réflexions par lesquelles le marquis de Luchet a tâché de prémunir le public contre le poison que j'ai répandu dans les Voyages des Papes. Je souhaite qu'il réussisse à plaire là où il lui importe peut-être; car il seroit trop a plaindre s il
n'avoit pas la faveur pour lui, tandis que j'ai la vérité pour moi La manière dont mon écrit a été reçu ailleurs et que je
ne puis attribuer qu'au sujet qu'il traite, m'a fait voir que la vérité n'a pas encore
perdu toute sa force naturelle. Un sénateur de Bologne l'ayant fait connoitre à Sa ^ .
Sainteté, elle daigna l'approuver assai e molto et se fit donner mon adresse... » Sui- ^/^ «--^^
vent de longues et intéressantes considérations politiques. •*-*«-«C^£--7
S. vi
-:- 1269-:- MÙLLER (Johannes von).
L. A. S. au baron de Gagern, à Weilburg; Cassel, 24 février 1809, 1 p. 1/2 in-4. Belle pièce.
Intéressante lettre relative à un ouvrage que le baron de Gagern lui a en- . voyé. Il parle des passages qui l'ont le y* J /2r' / ^Jjf *" //
plus frappé, entre autres d'une page sur hJfff/t^ , ^^f^W^y.
la fidélité. Il termine en lui recommandant chaudement un jeune instituteur de mérite. — (Johann-Christoph-Ernst, baron de Gagern, écrivain politique et homme d'Etat allemand, était né en 1766 et mourut en i852. L'ouvrage dont parle Millier était intitulé Les Princes.)
* 1270 * CHAMBRIER D'OLEYRES (Jean- Pierre, baron de), diplomate et écrivain, membre de l'Académie de Berlin, n. à Neuchâtel, 1763, m. 20 décembre 1822.
L. A. S. à M... ; Turin, 1 1 avril 1787, 4 p. pl. in-4. Superbe pièce.
Piquante épitre. Nouvelles du célèbre géomètre Lagrange qui doit quitter Berlin; on espérait qu'il viendrait s'établir en Italie, mais il va à Paris; mort du comte de Golowkin: détails intéressants sur Frédéric II à propos de la publication de sa correspondance avec M. de Suhn et d'un ouvrage apocryphe publié sous ce titre : Dernières pensées du feu roy écrites par luy -même. Nouvelles de France : « On ne parle icy que des notables assemblées de Versailles, et les bons mots pleuvent de touttes parts à cette occasion qui met en mouvement tous les cerveaux françois. — Vous aurés oui parler d'un calembour qui a couru sur le baromètre de la France; le degré y étoit marqué pour tout ce qui compte en France à commencer par le Roi dont le degré marquoit le beau, — le Contrôleur .
général le variable, — un autre la tempête, — enfin le Jt - J y)
peuple étoit au sec. — Cette plaisanterie est parvenue A ' t-j* /V /Z I . Jf/%i /fm-fAiJP~
à la Cour icy, et le roy a observé que ce prétendu baro- U vfo~. '/h-** ifl^i^à^iric- OS/I^** u **** V -
mètre étoit faux parce que le Roy ne pouvoit pas être à .
un autre degré que son peuple. Cette observation est S n » /A /f l ni/)'
bien digne de luy et caractérise bien l'excellence de ses /] JU fhc^îfi A L A-,/. ^M/UlLt-, sentiments. » — (Le baron de Chambrier d'OIeyres X y Jv/ûl/J%WS{M V ^
remplissait alors les fonctions d'ambassadeur de Prusse A fy
à la cour de Turin.) (/ *^
* 1271 -* BRIDEL (Philippe-Sirach), célèbre pasteur et littérateur, qui a bien mérité de son pays en éveillant chez ses concitoyens, par ses Poésies helvétiennes et par son Conservateur Suisse, le goût d'une poésie nationale et l'amour des études historiques, n. à Béguins (canton de Vaud), 1757, m. à Montreux, 20 mars 1845.
L. A. S. à M. Favre des Bossons, à Chàteau-d'Oex ; Montreux, novembre 1809, 3 p. pl. in-4.
Amusante épitre. « Puisque vous êtes le petit Fellenberg, je vous fais mon compliment et ne doute point que tout votre fumier ne fasse merveille. Si vous retirez vos avances, comme je l'espère, vous serez plus heureux que votre modèle de Hofwyl, qui, dit-on, ne s'enrichit pas avec ses expériences ; mais s'il ne veut que la fumée de la réputation il en a sûrement à suffoquer : pour vous, mon cher, il vous faut du solide et la gloriole ne vous suffit pas. » — (M. Favre était un agronome distingué et avait contribué puissamment à 1 tion de la culture de la pomme de terre dans son pays; de là l'allusion ci-dessus. Emmanuel Fellenberg, célèbre éducateur-agronome, n. 1771,111. 1844, venait de : 1808, à Hofwyl, près de Berne, un Institut agricole qui acquit bientôt une célébrité européenne).
-:- 1272 * SALIS SEEWIS (Johann-Gaudenz-Gubert , comte de), célèbre poète
lyrique, n. à Seewis (canton des Grisons), 26 décembre 1762, m. 29 janvier 1834.
L. A. S., en français, à M...; Arras, 12 février 1787, 2 p. in-4. Très belle pièce. — P.
Amusante épitre. « Vous m'obligez de vous répondre en français, malgré mon goût décidé pour l'allemand, et malgré mon aversion pour la langue la plus polie de l'Europe, qui est en même temps la plus pauvre et la moins en état d'exprimer le sentiment... Je suis étonné que la vie de Lausanne ne vous convienne point. Il est vrai que leurs journées sont, comme touttes les sociétés des femmes françaises, un jeu de marionnettes, ou l'avarice, à la table de jeu, se déguise en plaisir, et ou l'esprit consiste à dire des pointes; j'y ai pourtant trouvé de la gaieté, de la diversité, et surtout beaucoup de facilité et même prévenance pour faire des liaisons. Les femmes (surtout les jeunes) ne sont pas si coquettes que les Françaises, et pas si médisantes que les Suissesses allemandes. i>
le vous suffit
à l'introduc- -o^-, , / y Ç\
is. Philippe- 'firtûc&i. /
Je fonder, en / /
S, vi
ambassa-
* 1273 * USTERI (Johann-Martin), un des poètes les plus justement populaires de la Suisse allemande, n. à Zurich, 17(53, m. dans la même ville, 29 juillet 1827.
L. A. S. au pasteur J. Fuessli, à Paris; Zurich, 25 septembre 1818, 1 p. in-4. Très belle pièce. P.
Très intéressante lettre sur le manuscrit de Rudger de Menesse sur les Minnesinger qui se trouve à la Bibliothèque de Paris. Ce manuscrit fut communiqué en 1746 par l'intermédiaire de Schcepflin, à Bodmer et à Breintinger qui le copièrent et le publièrent en 1758. Cette édition étant épuisée, il est utile d'en faire une nouvelle, mais il est indispensable de contrôler le texte imprimé sur le manuscrit, vu que la copie de 1746 est fautive. Il voudrait aussi une copie complète des dessins qui ornent le manuscrit. Il demande les démarches à faire pour obtenir communication du manuscrit.
* 1274-:- STAPFER (Philippe-Albert), philosophe et critique distin deur de la Républiq ue helvétique auprès de la Répu blique française, n. à Berne, 23 septembre 1766, m. à Paris, 27 marsi84o.
i° L. A. S. à Claude-Pierre Molard, conservateur du dépôt des machines; Paris, 6 ventôse an IX (26 février 1801), 1 p. in-4, cachet, vignette et tète imprimée de la légation helvétique à Paris. — P.
Il le prie de lui fixer un rendez-vous pour montrer à son ami Rengger, ministre de l'Intérieur en Suisse, la collection des modèles et des machines (léguée par Vaucanson).
2° L. A. S. à M. Eugène Cassin, agent delà Société de la morale chrétienne; Paris, 11 juillet 1825, 1 p. 3/4 in-4.
Il proteste contre la décision du Comité de bienfaisance qui alloue des jetons de présence aux membres présents, ce qui est en contradiction avec le but d'une institution charitable.
* 1275 s- GIRARD (Jean-Baptiste), en religion le Père Grégoire Girard, de l'ordre des Cordeliers, célèbre pédagogue et philosophe, une des gloires les plus pures de la Suisse, n. à Fribourg, 17 décembre 1765, m. dans la même ville, 6 mars i85o.
L. A. S. au Syndic et aux Conseillers (de la ville de Fribourg); 12 mars 1823, 1 p. 1/2 in-4.
Belle et noble lettre dans laquelle il repousse avec indignation les accusations formulées par l'évèque de Lausanne contre l'école qu'il dirigeait, et sollicite une enquête. « L'accusation que l'on vient de porter devant le Gouvernement contre toutes les écoles où l'on pratique l'enseignement mutuel, est d'une nature si grave sous tous les rapports, que je ne puis tarder davantage à vous adresser ma demande. On nous reproche la plus affreuse prévarication, celle de faire de l'instruction religieuse un objet tout-à-fait secondaire, pour nous occuper de choses tout au moins oiseuses, si elles ne sont pas nuisibles à l'éducation de la jeunesse... » — (L'évèque de Lausanne-Fribourg, monseigneur Jenny, s'était montré d'abord favorable à l'école du Père Girard et avait donné son approbation pleine et entière à l'enseignement mutuel introduit par le noble moine en i8l5 ; mais en 1823, après que les Jésuites se furent établis à Fribourg, l'évèque condamna publiquement la méthode comme immorale et irréligieuse et en sollicita formellement la suppression par une lettre adressée au Gouvernement de Fribourg. Au nombre des griefs religieux et politiques allégués il s'en trouvait un qui toucha tout particulièrement le Père Girard, c'était celui de négliger l'enseignement religieux et de le sacrifier à la grammaire. C'est pour justifier son école de cette imputation injuste que le célèbre pédagogue, d'accord avec quatre cents pères de famille, sollicita de l'autorité municipale une enquête destinée à faire ressortir l'injustice et l'odieux de l'accusation. Cette enquête eut lieu, mais, bien qu'elle tournât à son honneur, le père Girard fut forcé de fermer son école peu après, ce qui faillit amener des troubles civils. Il quitta alors Fribourg pour n'}' rentrer quedix ans plus tard. — Extrait d'une lettre de M. le professeur A. Daguet, élève et biographe du Père Girard, cataloguée sous le numéro i3o3.)
1276-5- HALLER (Charles-Louis de), petit-fils du grand Haller, publiciste et philosophe, qui abjura avec éclat le protestantisme en 1821, auteur de la Restauration de la Science politique, n. à Berne, 1 août 1768, m. à Soleure, 20 mai 1854.
L. A. S., en français, à Silvio Pellico (le célèbre écrivain italien); Soleure, 8 novembre i838, 3 p. 1/2 in-4. (Coll. de la marquise de Barol avec notice autographe de Silvio Pellico.)
S. vi
Epitre des plus intéressantes ou il le remercie de sa lettre. Il le prie de ne pas lui donner le titre de baron qui ne lu appartient pas. « Si je suis, dit-il, ennemi implacable de la Révolution et de ses principes, ce n'est pas par orgueil, puisque je suis moi-même né dans la classe moyenne, ni par un égoïsme rétréci, puisque je sens aussi mon cœur se dilater aux idées grandes et généreuses, ni par intérêt, puisque je n'ai jamais profité de la faveur des grands et que dans le cours de ma vie j'ai eu beaucoup à souffrir de prétendus et maladroits amis que des loyaux ennemis qui au fond me rendoient plus de justice... » Après de curieuses considérationsthéologiques, il félicite Pellico du bonheur et du contentement qu'il éprouve. « N'en doutez pas, monsieur, après de dures et terribles épreuves, Dieu vous comblera de bénédictions. Moi aussi j'éprouve le même bonheur depuis que par sa grâce je suis sorti de ce dédale d'erreurs, d'incertitudes et de contradictions qu'on appelle le protestantisme et qui ne pouvoit satisfaire ni mon esprit ni mon cœur... »
4-1277-* ZSCHOKKE (Johann-Heinrich-Daniel) , célèbre et fécond historien et écrivain populaire, qui exerça une grande influence sur ses contemporains, n. à Magdebourg, 22 mars 1771,111. àAarau en Suisse, sa patrie d'adoption, 27 juin 1848. L. A. S. au graveur Boit, à Berlin ; Berne, 20 février 1796, 3 p. in-4, cachet. — P. avant la lettre.
Jolie et plaisante épitre. « Ne recevant pas le plus petit mot de réponse à mes lettres, je suis sur le point de vous en vouloir, et parole d'honneur si vous laissez aussi cette lettre ci sans donner signe de vie, la porte du pardon sera fermée pour vous, et oneques ne verrez plus une ligne de mon écriture. Ëtes-vous mort? ou mourant? Avez-vous par hasard perdu les cinq doigts de la main droite?... «
4 1278 * SISMONDI (Jean-Charles-Léonard Simonde de), l'illustre auteur de l'Histoire des Français, n. à Genève, 9 mai 1773, m. dans la même ville, 25 juin 1842. L. A. S. (à madame Tiedge) ; Genève, 28 juillet 1806, 4 p. pl. in-8. Superbe pièce. — P.
Très intéressante lettre sur une excursion à travers les glaciers faite en sa compagnie. Ensuite il parle en ces termes de son amie madame de Staël. « Depuis votre départ j'ai eu une lettre de Benjamin (Constant) qui m'a ôté l'espérance devoir de sitôt madame de Staël. Au lieu de revenir ici elle part pour Spa où elle prendra les eaux. Elle est constamment triste et malheureuse, et c'est avec une extrême douleur que je la vois dans cette disposition s'éloigner de ses vrais amis et aller chercher dans le mouvement et parmi des étrangers une distraciion qu'elle n'y trouvera pas. Schlegel reste seul avec elle. Je serois porté à croire que ce séjour à Spa est un acheminement pour faire ensuite un voyage en Allemagne. Mais, mon Dieu, dans l'état actuel des choses l'Allemagne n'est plus qu'une province de France, et je ne vois pas ce qu'elle y gagneroit. 11 — (Madame de Staël, bannie, errait à l'étranger. Elle revint secrètement cette même année près de Paris, où elle acheva Corinne. Elle fut de nouveau exilée et alla s'établir à Vienne en Autriche. — V. la lettre de madame de Staël, n» 795.)
-> 1279* JOMINI (Henri, baron), général au service delà France, puis de la Russie, célèbre écrivain militaire, le sagace auteur de Y Histoire des campagnes de la Révolution, n. à Payerne (canton de Vaud), 6 mars 1 779, m. à Passy (Seine), 22 mars 1 869. L. A. S. au colonel de Mouchanoff; Varsovie, 10 novembre 1842, 3 p. in-4. Très belle pièce. — P-
Curieuse épitre ou il apprécie les Mémoires de Gentz, qui sont écrits dans le style pamphlétaire et qui offrent des contradictions flagrantes, notamment sur les mesures que prenait Napoléon pour divi ser l'Allemagne. L'avenir prouvera si la haine de l'Empereur contre l'Angleterre était si injuste. « Bien peu d'hommes sont en état de juger sainement ce gigantesque règne. Jusqu'à présent je suis moi-même fort embarassé de porter un jugement définitif sur ses véritables desseins et sur ses plans d'exécution. Nous verrons si le fameux Thiers, qui possède d'inapréciables documens, viendra à bout de cette grande tâche. En tout cas je pense qu'il n'aura pas encore les renseignemens nécessaires sur les puissances ennemies de son héros, et son ouvrage ne sera encore qu'un document pour un historien à