‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 213 sur 312 · LETTRE DE MARIE DORVAL - FRAGMENT · texte numérisé non relu

LETTRE DE MARIE DORVAL - FRAGMENT

Numéro i 382.

S. vu

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*- 1378 -s- MONNIER (Henri-Bonaventure), célèbre acteur, caricaturiste et écrivain, dont les Scènes populaires dessinées à la plume et les Bourgeois de Paris ont obtenu le plus vif et le plus durable succès, le populaire créateur du type si juste et si piquant de Joseph Prudhomme, qu'il a mis en scène dans sa fameuse comédie La grandeur et la décadence de Joseph Prudhomme, jouée par lui-même au théâtre de l'Odéon en i852, n. à Paris, 6 juin 1799, m. dans la même ville, 3 janvier 1877.

L. A. S. Prudhomme à Charles Blanc, « membre des classes dangereuses de la société, à Paris (le siège), près Belleville »; (1848), 1 p. 3/4 in-8. — P. photographié avec signature autographe.

Curieuse épître, portant la signature qu'Henri Monnier avait inventée pour son héros Joseph Prudhomme. Il se plaint de ne pas voir plus souvent Charles Blanc, u Qui peut nous empêcher de codîner quelquefois simultanément ? Donnez-moi deux jours par mois, un seul, si mieux vous aimez, deux fois l'an, si mieux aimez encore, mais voyons-nous, au nom du ciel ! voyons-nous. Que faut-il faire pour rentrer dans vos bonnes grâces, si je m'en suis écarté? Je dois dire que monsieur votre frère (Louis Blanc) m'a toujours parfaitement accueilli. Je me plais à lui rendre cette justice. Répondez-moi, je vous en prie, je vous en supplie même au besoin, que je sache à quoi m'en tenir à ce sujet. »

■f- 1 37g -* LEMAITRE (Frédérick), grand comédien, l'immortel interprète de

Ruy-Blasetde Robert-Macaire,n. au Havre, 9 juillet 1800, m. à Paris, 27 janvier 1876.

L. A. S. à M. Joly, rédacteur en chef du Vert-Vert ; le Havre, 7 octobre i832, 1 p. in-4. — P.

Belle lettre d'envoi d'un article d'un journal du Havre, qui rend compte d'une de ses représentations.» Je compte d'ici à quelques jours être à Paris et vous remettre mes notes sur ce que j'ai observé en province relativement à l'art dramatique. Il est grandement temps que des gens courageux viennent à son secours, car le gâchis est à son comble, et cela est d'autant plus cruel pour l'artiste que, secondé par un public qui n'écoute plus que la raison et qui foule aux pieds préjugés et traditions, le moment est on ne peut plus opportun pour une bonne et saine révolution théâtrale. »

ARTISTES DRAMATIQUES

S. vu

•f i38o -s- BOUFFÉ (Marie), célèbre acteur comique du Gymnase et des Variétés, n. à Paris, 4 septembre 1800. Il est actuellement le doyen des artistes dramatiques. L. A. S. à Poirson (directeur du Gymnase, n. 1 790, m. 1 859); Rennes, 4 juillet 1837, 2 p. in-4. — P.

Très curieuse épître ou il refuse catégoriquement de jouer un rôle qu'il lui a destiné. Trop souvent il a été forcé d'accepter des rôles qu'il ne sentait pas. Cette fois il veut créer un caractère comique, afin de ne pas se fatiguer le sang. Il proteste contre les pré-

tentions de son directeur et se plaint de la persécution dont il est l'objet.

« Vous avez le droit de me faire accepter le rôle, mais, je vous le répète, ce sera par la voix des tri — buneaux. » — (Bouffé ne tarda pas à abandonnerleGymnase et à entrer aux Variétés.)

* 1 38 1 -* BEAUVALLET (Pierre-François), célèbre tragédien, auteur dramatique distingué, n. à Pithiviers (Loiret), i3 octobre 1801, m. à Paris, 21 décembre 1873.

i° L. A. S. à M. de Beauchesne (secrétaire du Conservatoire) ; (Paris, ib février 1870), 1 p. in-8. — P.

Belle lettre où il lui mande qu'il est malade et qu'il a grand besoin d'argent. Il sollicite l'autorisation de toucher par avance son traitement de professeur au Conservatoire. « Ce n'est pas une grosse somme, mais elle m'est plus qu'utile en ce moment, car je suis horriblement gêné. Je vous confie cela comme à un bon ami avec qui on ne se gène pas pour parler à cœur ouvert... »

2° Trois dessins à la plume, représentant d'abord le portrait du célèbre critique d'art Charles Blanc, ensuite un portrait d'abbé, enfin un paysage, rf^^^^^^^^^ — 3° Portrait photographié avec signature autographe. v.

i382 4 DORVAL (Marie-Amélie-Thomas Delaunay, femme), tragédienne, la sublime interprète des drames de l'école romantique, n. à Lorient, 1801, m. à Paris, 18 mai 1849. Elle était non moins remarquable par les qualités de son cœur.

L. A. S. à M. Catelin; Lyon, 3 novembre 1 836, 1 p. in- 8, enveloppe et cachet. — P. deJ. Gigoux.

Belle et amicale lettre dans laquelle Marie Dorval remercie M. Catelin de ses compliments. « J'aurais été bien aise de pouvoir jouer Kitty-Bell demain, mais la chose est impossible. Je joue Tisbé d'Angelo. Ce n'est que jeudi qu'on pourra donner Chatterton. Je serai très heureuse si vous pouvez assister à cette représentation. » — (Marie Dorval compta parmi ses plus belles créations le rôle de Kitty-Bell dans le Chatterton d'Alfred de Vigny et celui de Thysbé dans VAngelo de Victor Hugo. — Voir le fac-similé page 5oS.)

4- ï 383 * DORVAL (Marie-Amélie-Thomas Delaunay, femme). L. A. S. au baron James de Rothschild ; Paris, 1 9 juillet 1 843, 1 p. 1/2 in-8.

Curieuse épître ou elle lui demande l'autorisation d'aller voir dans sa galerie le tableau d'Ary Scheffer représentant Lénore. « Devant jouer après-demain un drame nouveau dont la ballade de Burger a fourni le sujet, je désirerais beaucoup connaître la pensée poétique d'un peintre aussi distingué que M. Schœffei' sur la physionomie, la pose et le costume de Lénore. Pardonnez, Monsieur le Baron, mon indiscrétion, que justifieront aisément, je l'espère, l'intérêt que vous portez aux arts et la protection généreuse que vous accordez à ceux qui les cultivent. » — (Madame Dorval devait jouer dans un drame des frères Cogniard intitulé Lénore ou les morts vont vite et représenté au théâtre de la Porte-Saint-Martin. Cette pièce n'eut, au dire de Jules Janin, qu'un très médiocre succès. Elle était, d'après l'affiche, tirée d'une nouvelle d'Henri Blaze.)

S. vu

■f- 1384-f BOCAGE (Pierre-Martinien Tousez, dit), célèbre comédien, qui excella dans le drame, directeur de l'Odéon, n. à Rouen, 1801, m. à Paris, 3o août 1 863. L. A. S. à M. Girard, 3 p. in-32. — P. de Léon Noël.

Curieuse épitre où il parle d'un article d'Alphonse Karr sur une pièce où il jouait un rôle. « Il ne pensait pas de bien de la pièce ni de l'acteur. Il l'a dit, un peu durement peut-être, mais il est notre ami et qui aime bien châtie bien, dit-on, puis l'intérêt de l'art avant tout. Je sais que ce n'est pas avec des épigrammes qu'on corrige, qu'il faudrait plutôt indiquer la route à suivre pour effacer le mal et arriver au bien, mais cette critique serait plus difficile, moins brillante, et probablement notre ami a pensé que nous étions si malades qu'il n'y avait pas de guérison possible et il nous a mis le pied sur la gorge pour nous enterrer plus vite. C'est charité. »

* 1 385 -* LOCKROY (Joseph-Philippe Simon, dit), excellent acteur, qui interpréta les drames romantiques et fut aussi auteur dramatique, n. à Turin, 17 février i8o3.

i° L. A. S. à Bocage (le célèbre acteur dramatique) ; (Paris, 1828), 2 p. 1/2 in-4. Très jolie pièce.

Très curieuse épitre où il lui explique les raisons qui l'ont amené à jouer à l'Odéon dans Le dernier jour de Missolonghi le rôle de Capsali, créé par Bocage. Celui-ci ayant, à la suite d'une discussion avec Sauvage, directeur du théâtre, refusé de jouer, Lockroy a accepté de le remplacer momentanément pour ne pas empêcher la représentation. Il a ainsi rendu service au théâtre et à ses camarades et il ne croit pas avoir mérité les reproches que Bocage lui a adressés. — (Le dernier jour de Missolonghi était un drame de Georges Ozaneaux, dont Herold avait fait la musique.)

2° P. S., avec deux lignes autographes; Paris, 9 avril 1829, 4 p. in-fol. (Coll. Dubrunfaut.)

Très curieux document. C'est l'engagement de Lockroy au théâtre de la Porte-Saint-Martin pour jouer l'emploi des jeunes premiers et premiers rôles moyennant la somme de dix mille francs par an.

* 1 386 -s- ROUVIÈRE (Philibert), tragédien d'un talent puissant et original, interprète heureux des chefs-d'œuvre de Shakespeare, peintre de genre très distingué, n. à Nîmes, 19 mars 1806, m. à Paris, 19 octobre i865. n ^

L. A. S. à Cherubini (directeur du Conservatoire) ; Paris, 22 septembre 1 838, ffl*-$l{&t^4l<£^) 2 p. in-4. (Coll. B. Fillon.) — P. photographié avec signature autographe.

Très belle lettre dans laquelle il sollicite une pension et son admission au Conservatoire de musique. — (Rouvière fut admis au Conservatoire et débuta, l'année suivante, à l'OdéoiL)

4- 1387 -f BROHAN (Augustine-Suzanne), excellente comédienne, qui quitta prématurément la scène en 1842, mère d'Augustine et de Madeleine, n. 29 janvier 1807.

L. A. S. à madame Alexis Pastelot, artiste du grand théâtre de Bordeaux; Paris, 10 janvier 1840, 2 p. 1/2 in-8.

Curieuse épitre où elle donne des nouvelles du théâtre du Vaudeville et de son directeur, qui mange beaucoup d'argent. Piquants détails. « M.Trubert galoppe après madame Albert, qu'il veut engager absolument. Mademoiselle Fargueil tient bon et ne veut point démordre de ses prétentions. Les procès vont toujours leur petit chemin. M. Trubert dit qu'il voudrait bien, mais qu'il n'a pas le temps d'aller te voir à Bordeaux. Enfin rien n'avance, rien ne marche que le temps qui va toujours, lui. On dit tout bas, et ceci entre nous deux seulement, que ce bon M. Trubert est déjà bien embarrassé de sa conquête, que deux ou trois bailleurs de fonds, qui devaient le suivre, se sont arrêtés en route et qu'une dizaine de mille francs qu'il possédait en tout sont déjà mangés. Il est sûr et très sûr qu'il ne fait pas d'argent et que toutes les pièces qu'on a données depuis qu'il est directeur sont tombées plus ou moins lourdement... »

ARTISTES DRAMATIQUES

S. VII

4- i388 ^ REGNIER DE LA BRIERE (François-Joseph-Philoclès), un des plus célèbres artistes du Théâtre-Français, qui fut l'émule de Monrose et de Samson, professeur au Conservatoire, n. à Paris, i avril 1807, m. dans la même ville, 27 avril i885. iu L. A. S. Philoclès Régnier à l'acteur Ferville ; Nantes, 27 février 1 83 1 , 1 p. in-8. (Coll. Sapin.)

Intéressante lettre ou il mande que ses camarades ont été d'avis de ne pas faire venir à Nantes mademoiselle Colon. « Ma mère vous aura remis sans doute mon engagement signé. Je serai à Paris le 24, mais il me sera impossible d'y être plutôt. » — (Régnier débuta au Théâtre-Français en novembre i83i. — Voir, au sujet de son prénom de Philoclès, la lettre cataloguée sous le numéro suivant.)

i° Croquis dessiné par Régnier au Conservatoire (où il est professeur de déclamation depuis 1854) pendant la séance du Comité des études du 19 juin 1860, in-32. ( Coll. de Beauchesne.) — 3° L. A. S. à un littérateur; (Paris), 10 février 1874, 1 p. 1/2 in-8. (Coll. Sapin.) — P. photographié.

Curieuse épitre. « Mon parrain, un vieux soldat républicain, voulut absolument, en 1807, que l'on ajoutât à mes deux prénoms, François-Joseph, celui de Philoclès. L'église ne voulut point de ce nom païen, les officiers de l'état civil l'acceptèrent, et c'est sous ce dernier prénom que l'on m'appelait dans mon enfance, en pension, au collège et dans ma famille. Presque toujours on en retranchait la dernière syllabe et j'en ai longtemps gardé l'initiale devant ma signature. » Il félicite ensuite son correspondant à propos d'un travail qu'il vient de publier sur Molière. Très intéressants détails à ce sujet.

i389-+ REGNIER DE LA BRIÈRE (François-Joseph-Philoclès).

i° L. A. S. à Charles de La Rounat (directeur du théâtre de l'Odéon); 9 janvier 1876, 1 p. 1/2 in-8.

Jolie lettre d'envoi de la copie d'une pièce de vers adressée par Èmile Augier à Régnier et datée de Londres, 10 juin i85o. Cette belle poésie est relative à la mort de la fille du célèbre comédien. Elle comprend trois strophes, dont voici la dernière :

« Le reflet d'un bonheur hélas ! sitôt perdu, « Et met notre amitié, pauvre cœur désolé,

« Comme un tiède rayon, dans mes vers répandu, « Sous l'invocation de votre ange envolé

« Pour vous y brille encore, « Qui les a fait éclore. »

2° L. A. S. à Charles de La Rounat; (Paris), 8 février 1876,4 p. pl. in-8. Très jolie pièce.

Superbe lettre ou il déclare que Talma savait admirablement l'anglais. « Bien souvent, dit-il, je lui ai entendu parler cette langue, qu'alors je n'entendais pas. » Talma possédait dans sa bibliothèque beaucoup de livres anglais et il a dû, pour jouer en français Macbeth, Hamlet, Othello, recourir aux sources mêmes de ses rôles. Régnier raconte ensuite qu'il a joué Gabricllc à Londres en i85o et que c'est alors qu'Emile Augier lui adressa une pièce de vers (celle qui est mentionnée plus haut). Les journaux anglais ont traité Gabrielle de pièce immorale, tandis que l'Académie française a donné un prix de sept mille francs à Augier pour cette comédie, ouvrage de style et utile aux mœurs. Enfin Régnier déclare qu'il se nomme François-Joseph- Philoclès Régnier de la Brière. « Si je m'appelle Philoclès, c'est que Willand (Wieland, le critique allemand) a écrit un roman-poème qui se nomme Agathocle. Le traducteur français, ne trouvant pas probablement à son goût le nom d'Agathocle, l'a changé en celui de Philoclès, et mon parrain, plus passionné encore pour ce joli nom, me l'a collé. »

^ 1390 -f- MELINGUE (Étienne-Marin), un de nos comédiens les plus populaires, interprète heureux de La Tour de Nesle et des autres drames d'Alexandre Dumas, n . à Caen, 1808, m. à Paris, 27 mars 1875. Il cultiva la sculpture avec un certain succès. L. A. S. au peintre Yvon; 1 janvier i856, 1 p. in-8. — P.deGavarni. a s À 1 0

Jolie lettre où il le félicite sur sa nomination de chevalier de la Légion d'honneur. *^ v/va^iA^a

4- i3qi •* LHÉRITIER (Paul Thomas, dit), un des acteurs les plus remarquables du Palais-Royal, n. à Paris, septembre 1809, m. dans la même ville, 2 3 février 1 885 . L. A. S. à M. Hizel, 4 p. in-8. Légère déchirure. — P. photographié avec dédicace autographe.

Très intéressante lettre ou il fait sa propre biographie. Il raconte ses débuts dans des théâtres d'amateur, puis au théâtre Molière, après la révolution de juillet, et enfin au Palais-Royal où il entra le i octobre 1 83 1 . Il cite la plupart de ses principaux rôles et se réjouit d'être, par ses succès, heureusement placé dans l'opinion des auteurs et du public.

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