LETTRE DE JEAN HONORÉ FRAGONARD
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
•h 1492 -* BOISSIEU (Jean-Jacques de), un de nos plus habiles graveurs à l'eauforte, dont les merveilleux paysages sont très recherchés, ami de Joseph Vernet et de Soufflot, n. à Lyon, 29 novembre 1736, m. dans la même ville, 1 mars 1810.
L. A. S. à J.-F. Frauenholz, à Nuremberg; Lyon, 11 novembre 1807, 2 p. 1/4 in-4. — P.
Intéressante lettre relative à un envoi de gravures et à la remise en état de planches qui ont beaucoup tiré. « J'accepte avec plaisir la proposition que vous me faite de vous graver deux autres planches qui fassent parfaitement pendant avec les premières pour le même prix de trois mille francs, et vous pouvez être très assuré que j'y mettrai les plus grands soins, soit pour le choix des sujets, soit pour l'exécution. Je tâcheray de me surpasser, si cela est possible... »
•5- 1493 -5- CLODION (Claude Michel, dit), habile sculpteur, dont les figurines sont pleines de grâce et de finesse, n. à Nancy, 20 décembre i738, m. à Paris, 28 mars 1814.
L. A. S. au comte (d'Angiviller) ; Paris, 1 août 1776, 2 p. in-4. Belle et rare pièce. (Coll. Chambry.)
Clodion réclame le remboursement d'une somme de onze cent trente-quatre livres qu'il a avancée pour des blocs de marbre. « J'ai l'honneur de vous informer que d'après les ordres que vous m'avés donné, je me suis rendu sur le port aux marbres avec M. Darcy pour qu'il prenne connoissance des quatre blocs de marbres blanc statuaire, qu'il a bien examiné et mesuré. Il a trouvé le nombre de pieds cubes et même au delà des cent vingt et un pieds dont il était question...»
1494^ QUÉVERDO (François-Marie-Isidore), dessinateur et graveur à l'eauforte, un de nos-plus charmants vignettistes, n. en Bretagne, 1740, m. à Paris, 1808. P. A. S. ; Paris, 2 septembre 1773, 1/2 p. in-8 oblong. Jolie pièce. Rare. (Coll. A. Sensier.)
Il déclare avoir reçu de M. Le Brun (Jean-Baptiste-Pierre, peintre et marchand de tableaux, n. à Paris, 1748, m. 1 8 1 3) la somme de deux cents livres pour une eau-forte représentant Diane au bain, qu'il a gravée d'après Polimbourg.
<^$cvjjf->^u->t fêo £uMsj(&u,'tq ■ 2uz.u*uJ> eu*- f^awji cLyS a/t^ CjlP
2 (y^i^tA^é-te^ /
558 PEINTRES ET: SCULPTEURS S. vin
1495 ^ GAUCHER (Charles-Etienne), un de nos plus habiles graveurs de portraits, n. à Paris, 1740, m. 1804.
L. A. S. à Wille (le célèbre graveur); jeudi matin, 1 p. 1/2 in-4. Rare. (Coll. Dubrunfaut.)
Très belle lettre où il le remercie de l'envoi d'une estampe. Il lui demande des renseignements sur le graveur allemand Schmidt. « Ce n'est que la crainte d'abuser de votre complaisance qui est cause que je me suis renfermé dans la simple notice que je vous ai demandé sur M. Schmidt. Si vous souhaïtiés m'ajouter quelque renseignement sur ses voyages, sur les honneurs qu'il aurait reçus, sur quelques anecdottes particulières, je serais très flatté d'en faire usage, et son article serait plus intéressant. »
•3- 1496 -s- HOUDON (Jean-Antoine), un des plus grands sculpteurs de son temps, dont les bustes sont renommés, n. à Versailles, 20 mars 1 741 , m. à Paris, 1 5 juillet 1828.
L. A. S. au citoyen Bayard, inspecteur général du mobilier national; Paris, 1 1 floréal an III (3o avril 1795), 1 p. 3/4 in-4. Belle pièce. — P. de Boilly.
Intéressante lettre où il demande s'il faut conserver ou détruire l'aigle de Tournay et la statue équestre de Charles de Lorraine, qu'on avait réservés pour servir dans des occasions de fêtes.
•5- 1497 + MOREAU (Louis-Michel), dit le jeune, un de nos plus célèbres graveurs, le prince des illustrateurs de livres, n. à Paris, 1741, m. 3o novembre 1 8 14.
L. A. S. au président (de la classe des Beaux-Arts de l'Institut); (Paris), 23 brumaire an V (i3 novembre 1796), 1 p. 1/4 in-4. Superbe et rare pièce. — P. de la collection Vignères.
Remarquable lettre où il s'étonne que, dans la liste des objets d'art que les commissaires envoyés à Rome ont choisis pour être transportés en France, il ne se trouve aucun tableau de Jules Romain, « Et cependant le nom de cet artiste figure avec assez de distinction dans l'histoire des grands maîtres pour que l'on regrette de ne posséder de lui au muséum françois qu'un tableau peu capital. Aujourd'hui que ce muséum va s'enrichir de tant de chefs-d'œuvre des écoles d'Italie, ne conviendroit-il pas d'y placer Jules Romain au rang qui lui appartient, en se procurant tel de ses ouvrages qui donneroit une grande et juste idée de ses talents.»
Il signale particulièrement le tableau du maitre autel de l'église Sainte-Marie deU'anima , qui représente une Vierge couronnée par des anges, avec saint Joseph, saint Jacqueset un autrequi l'invoquent.
Su
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
^ 1498 MÉNAGEOT (François-Guillaume), peintre d'histoire, élève de Boucher, directeur de l'Ecole de France à Rome (1787), membre de l'Institut (1809), n. à Londres (Angleterre), de parents français, 9 juillet 1744, m. à Paris, 4 octobre 1 816. L. A. S. au roi Louis XVIII ; (Paris, 18 14), 2 p. in-fol. Superbe pièce.
Importante lettre par laquelle il sollicite une pension. « Quarante ans d'études et de travaux consacrés à renseignement et au progrès des arts, tant à l'Académie de Paris que pendant mon directoral à celle de France à Rome, et pendant lesquels j'ailongtems soutenu de mes moyens cet établissement; la majorité des artistes dans les trois arts qui honorent au jourd'huy les écoles françaises de peinture, sculpture et architecture, et qui ont été mes élèves à Rome; enfin, si j'ose le dire, le succès de plusieurs de mes ouvrages, notamment de la Mort de Léonard de Vinci et du tableau de Méle'agre, voilà, Sire, les titres sur lesquels je supplie votre majesté de jeter un regard favorable, en sollicitant une pension qu'ont eue mes prédécesseurs... »
f 1499 + DENON (Dominique- Vivant, baron), dessinateur et graveur, ami de Bonaparte, qu'il accompagna en Egypte, directeur général des Musées, membre de l'Institut (i8o3), n. à Chalon-sur-Saône, 4 janvier 1747, m. à Paris, 27 avril 1825. Il a laissé le récit de ses Voyages en Sicile et dans la haute et la basse Egypte et un charmant et piquant opuscule intitulé Pas de lendemain, et souvent réimprimé.
i° L. A. S. (à Hennin) ; Chambéry, 10 juillet 1775, 1 p. 3/4 in-4. Très belle pièce.
II mande que M. d'Aigue-Blanche l'a accueilli avec bonté et que le roi de Sardaigne lui a accordé une audience particulière de trois quarts d'heure. Il part pour ,*—»=•.• /■ „- ,,,
la Bourgogne et sera bientôt rentré à Paris. iM/^/^/^^^^W^^
2° L. S. au célèbre peintre Gros; Paris, 11 germinal an XI (1 avril i8o3), 1 p. 1/4 in-8, tête imprimée. Superbe pièce.
Intéressante lettre où il lui annonce que le premierconsul lui accorde dix mille francs pour ses deux tableaux.
* i5oo * DUPLESSI BERTAUX (Jean), habile dessinateur et graveur à l'eau-forte, auquel on doit une très belle et très intéressante suite de scènes de la Révolution française et d'épisodes militaires, n. à Paris, 1747, m. dans la même ville, 1 8 1 3 .
i° L. A. S. au graveurTardieu(Pierre-Alexandre, n. 1756, *Çf\ <■ /^-i
m. 1844); 5 janvier 1809, 1 p. ia.-8.Rare. — P. de Bonneville. ^ /^Vl^/y-/^
Très jolie lettre dans laquelle il demande le payement de ce qui lui — .
est dû pour les travaux faits par les ordres de M. Lespinasse. r
2° Pièce signée par les membres du Comité civil de la section des Tuileries; Paris, 2 5 floréal an III (14 mai 1795), 1 p. in-fol., vignette et tête imprimée. Très belle et très intéressante pièce.
Curieux document. Ils certifient que Jean Duplessi-Bertaux, graveur en taille-douce, demeurant rue de la Révolution, n° 688, a commencé de servir dans la garde nationale parisienne au mois d'août 17S9, où il a été successivement sergentmajor, lieutenant et capitaine de grenadiers, puis commandant en second de la force armée de la section des Tuileries; qu'il est parti pour l'armée, en qualité de lieutenant des grenadiers le 16 septembre 1792 et qu'il en est revenu, pour cause de maladie, le 1 janvier I7g3; qu'il a continué son service dans la garde nationale et est devenu, de nouveau, commandant en second de la section et peu après commandant en chef, poste dans lequel il est actuellement en activité. — (Ce document nous fournit le prénom de Duplessi-Bertaux, inconnu jusqu'ici des biographes, et des renseignements nouveaux sur les faits et gestes de cet artiste pendant la Révolution.)
PEINTRES ET SCULPTEURS
f i5oi 4- DAVID (Jacques-Louis), illustre peintre d'histoire, le chef de l'école classique, député de Paris à la Convention, membre de l'Institut (1796), premier peintre de Napoléon I, n. à Paris, 3o août 1748, m. exilé à Bruxelles le 29 décembre 1825. L. A. S. (au peintre Topino-Lebrun, à Marseille); (Paris), 24 décembre 1792,4 p. pl. in-4. — P.
Document des plus curieux. Il a lu sa lettre à la Convention, qui a frémi d'indignation et a pris les mesures les plus promptes pour arrêter les foudres de l'Inquisition'. Le Pape s'est empressé de faire sortir de prison Chinard et Rater. « 11 a été heureux pour eux d'avoir eu un ami chaux comme vous, et je dirai un amant de l'humanité comme moi. » Il s'est aussi préoccupé des plaintes portées par les pensionnaires de l'Académie de France à Rome contre leur directeur. Sachant que Méuageot(le directeur) quittait sa place et que le vertueux Roland avait laissé à l'Académie de peinture le soin de nommer le remplaçant de cet artiste, David alla trouver le ministre. « Je lui dis qu'il donnoit de la consistance à un corps éteint et que sûrement l'Académie alloit nommer non seulement un aristocrate, mais le plus encuirassé des aristocrates. Ma prédiction s'accomplit. Qui nomment-ils ? Qui? Devinez. Suvée, l'horrible aristocrate Suvée, l'ignare Suvée. Que fis -je alors ? comme je suis du comité d'instruction publique, que j'y suis très aimé, je me sers du prétexte de votre lettre par laquelle je prouvois la nécessité d'envoyer un directeur patriote dans le tems qu'on persécutoit les François, que l'Académie avoit nommé Suvée, le plus aristocrate de son corps, et je finis par conclure qu'il seroit plus à propos d'abolir cette place qui n'étaloit qu'un faste insolent, qui étoit inutile pour les jeunes gens et qu'on épargneroit par là les deniers de la nation, qu'il seroit suffisant d'en charger l'agent en cette cour, que les jeunes gens en sçavoient plus que le directeur et que le meilleur directeur étoit un bon cuisinier.» La Convention décréta donc la suppression de la place de directeur, au grand mécontentement des académies et surtout du cafard Suvée, qui faisait déjà ses malles et qui avait fini toutes ses visites et fait ses adieux à toutes les bornes de Paris. « De plus j'ai fait chargé l'agent de France à Rome de faire un auto-da-fé de tous les portraits, figures de roi, princes et princesses qui [se] trouvent dans l'Académie de France, de faire abattre le trône et que les beaux appartemens du directeur serviront dorénavant aux pensionairs pour en faire des attelliers, mais, comme on ne pense pas à tout, j'ai oublié de leur faire augmenter la pension sur le gain que faisoit la nation. Mais patience, je trouverai une autre fois l'occasion et je la saisirai. » 11 l'engage vivement à quitter Marseille et à venir à Paris, ou il lui fera gagner de l'argent. « Venez, mon ami, car je n'ai plus d'amis' Giroust (le peintre) étant à l'armée et ne pensant pas comme nous. Gérard (le peintre) est farouche, u — (Joseph-Benoit Suvée, que David malmène si fort, était né à Bruges en 1740 et avait obtenu le grand prix de Rome en 1771. 11 était membre de l'Académie de peinture depuis 1780. S'il n'alla pas, en 1792, occuper le poste de directeur, il prit sa revanche sous le Consulat. Nommé à cette place pour la seconde fois le 26 octobre 1801, il fit tous ses efforts pour réorganiser l'école et mourut dans ses fonctions à Rome le 9 février 1807.)
+ i5o2 •* DAVID (Jacques-Louis).
Dessin au crayon représentant Bonaparte avec cette légende autographe : Le général de la grande nation, in-32. Ce précieux dessin est fixé sur une feuille de papier bleu.
Très curieux dessin représentant Bonaparte de profil. Il a probablement été fait pendant le Consulat.
+• i5o3 * DAVID (Jacques-Louis).