‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 222 sur 312 · L. A. S. à Antonio-Fran- !ri · texte numérisé non relu

L. A. S. à Antonio-Fran- !ri

cesco Gon (savant archeo- / I W»W^fÂw%:-^Sk y

logue italien, n. 1691, m.

1757), à Florence; Paris, 19 septembre 1750, 2 p. 1/2 in-4, cachet. Superbe pièce.

— P. de Saint-Aubin.

Très intéressante lettre où il le remercie de ses compliments sur son ouvrage ( Traité historique des pierres gravées du cabinet du roi).

« Présentement que me voici toutà-fait hors du commerce et débarrassé de tous les soins tumultueux qui en sont inséparables, je vais m'occuper à d'autres travaux aux quels je dois souhaiter le même sort qu'à celui-ci, c'est-àdire le bonheur de vous plaire et de mériter votre approbation.» Il lui mande ensuite que les Pères jésuites ont fait une mention très honorable de l'excellente Vie de Michel-Ange par Gori dans leur Journal de Trévoux.

■5- 1470 -s- BOUCHARDON (Edme), célèbre sculpteur, élève de Guillaume Coustou,

auquel on doit la superbe fontaine de la rue de Grenelle-Saint-Germain à Paris, n. à

Ghaumont en Bassigny (Haute-Marne), 29 mai 1698, m. à Paris, 27 juillet 1762.

i° L. A. S. (au ducdAntin); Rome, 10 juillet 1 732, 2 p. in-fol. Très rare. (Coll. Chambry.) — p.

Superbe lettre où il mande qu'il attend ses ordres pour quitter Rome et rentrer en France. « En attendant je fait dégrossir une petitte figure que j'avois commencé et que je serois ravi de finir pour mon étude et pour servir M. le Cardinal de Polignac (dont il avait fait le buste). Lorsqu'elle sera dégrossie, j'emporterai plus facilement le marbre en France. » Il demande la faveur d'emporter les études qu'il a faites et la grâce de la gratuité du transport, qui a déjà été accordée à Natoire (qui avait eu le grand prix en 1721). — (Bouchardon avait remporté le grand prix de sculpture en 1722 et il était resté à Rome depuis cette époque. Il rentra en France en 1732 et fut, en 1744, nommé membre de l'Académie de peinture et de sculpture.

2° Dessin au crayon rouge représentant deux femmes nues vues de dos, in-4. (Coll. Chambry.)

Très belle étude faite probablement par Bouchardon pendant son séjour à Rome, qui dura dix années, de 1722 à 1732.

S. vin

GRAVEURS ET ARCHITECTES

4- 147 1 * GRAVELOT (Hubert-François Bourguignon), un de nos plus habiles graveurs et dessinateurs, dont les vignettes et les illustrations sont très recherchées, n. à Paris, 26 mars 1699, m- dans ^a même ville, 20 novembre 1773.

L. A. S. à son frère Jean-Baptiste Bourguignon d'Anville (le célèbre géographe, né à Paris, en 1697, mort en 1782) ; Londres, 21 août 1734, 2 p. 1/2 in-4. Très rare. — P. de la collection Vignères.

Très belle lettre. Il croit que la relation du docteur Shaw (voyageur anglais en Afrique) a paru (elle ne parut qu'en 1738). Il lui envoie une liste de cartes de plusieurs comtés d'Angleterre. Il le félicite de son ouvrage sur la mesure de la terre. Il le charge de ses amitiés pour sa belle-sœur et il donne son adresse à Londres : In King street, Covent garden, at Cold cap. — (Gravelot habitait alors l'Angleterre, d'où il ne revint à Paris qu'en 1745.)

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1472 -5- CHARDIN (Jean-Baptiste-Siméon), célèbre peintre de genre et de nature morte, qui sut répandre une harmonie intime et profonde sur les sujets les plus simples, n. à Paris, 2 décembre 1699, m. dans la même ville, 6 décembre 177g.

Dessin à la sépia, repris à la gouache, signé en bas à droite, in-4. Très belle et intéressante pièce. — P.

Beau dessin représentant un savant vu de dos et assis devant un pupitre sur lequel il écrit. En face de lui sont une mappemonde et une esquisse. Au bas à droite est un coffret sur le côté duquel Chardin a signé.

4- 1473 GABRIEL (Jacques-Ange), illustre architecte, qui restaura le Louvre et construisit l'École militaire et les magnifiques bâtiments qui décorent la place de la Concorde, n. à Paris, 1699, m. 1782. Il fut le dernier et le plus célèbre d'une dynastie d'architectes. Cet artiste de génie se fit surtout remarquer par la pureté de son goût et par la grandeur de ses conceptions.

L. S. (à l'architecte Jacques-Denis Antoine) ; Paris, 24 septembre 1777, 2 p. 1/4 in-4. Jolie pièce. (Coll. Boilly.)

Belle lettre où il lui mande qu'il a écrit au comte d'Angiviller pour appuyer la demande adressée par Antoine de faire le voyage d'Italie. Il transcrit sa lettre à M. d'Angiviller. — (L'architecte Jacques-Denis Antoine, n. à Paris en ij33, m. en 1801, s'est rendu célèbre par la construction de l'Hôtel des Monnaies de Paris.)

PEINTRES ET SCULPTEURS

S. vin

* 1474 * BOUCHER (François), le célèbre peintre des grâces et dés amours, n. à Paris, 29 septembre 1703, m. dans la même ville, 3o mai 1770. Cet artiste, qu'avait injustement éclipsé la gloire de David, a reconquis toute la faveur du public.

P. A. S. ; Paris, 18 mai 1740, 3/4 de p. in-8 oblong. Très rare. (Coll. Dubrunfaut.) — P.

Précieux autographe et très intéressant document. Boucher reconnaît avoir reçu du président de Thunis la somme de six cents livres pour un tableau de paysages et pour un petit plafond qu'il doit lui faire dans sa bibliothèque.

* 1475 + BOUCHER (François).

P. S., signée aussi par Carle Van Loo (le célèbre peintre), Louis de Silvestre (peintre d'histoire et de portraits, n. 1675, m. 1760), Jean-Baptiste-Marie Pierre (peintre d'histoire, n. à Paris en 1 7 1 3 , m. le i5 mai 1789) et Bernard Lépicié (le célèbre graveur); Paris, 14 mai 1754. 2 p. in-fol.

Très précieux document. Us déclarent s'être, sur la demande de M. de Vandières (frère de Madame de Pompadour), transportés au Luxembourg, « dans la galerie de Rubens, à l'effet d'examiner les tableaux qui demandent à être restaurés et décider si l'opération proposée par la veuve Godefroy et le sieur Colins, peintre, pour enlever les gris desdits tableaux sans les déplacer, peut, indépendamment de la réussite de ladite opération, ne leur apporter et causer par la suite aucun dommage. » Ils ont,après examen, donné leur complète approbation à cette opération. — (Il s'agit des magnifiques tableaux que Marie de Médicis avait commandés à Rubens et qui ornaient autrefois le palais du Luxembourg , d'où ils ont été apportés au Louvre. )

* 1476 ■* LEMOYNE (Jean-Baptiste), célèbre sculpteur, dont les œuvres ornent les galeries de Versailles, n. à Paris, février 1704, m. dans la même ville, 25 mai 1778.

L. A. S. (au marquis de Marigny, directeur général d-es bâtiments du Roi); (Paris), 3o janvier 176 1, 1 p. in-4. (Coll. Dubrunfaut.)

Belle lettre ou il le prie de lui faire donner le bloc de marbre nécessaire pour l'exécution du buste de Louis XV qui lui a été commandé pour la Faculté de médecine de Montpellier

PEINTRES ET SCULPTEURS

S. vin

*- 1477 + LA TOUR (Maurice-Quentin de), l'inimitable peintre de portraits au pastel, n. à Saint-Quentin, 5 septembre 1704, m. dans la même ville, 18 février 1788. On cite parmi ses chefs-d'œuvre les portraits de Voltaire, de Jean-Jacques Rousseau, de Crébillon, de d'Alembert, de Marivaux, de Rameau, de Diderot, de Louis XV, de Duclos, du maréchal de Belleisle, du maréchal de Lowendal, de la marquise de Pompadour, etc.

P. A. S. ; Paris, galeries du Louvre, 5 juillet 1781, 3/4 de p. in-8 oblong. Jolie et rare pièce. — P.

Il certifie, en qualité de conseiller de l'Académie de peinture, avoir trouvé les crayons du sieur Nadaux très dignes de l'approbation de MM. Renou et Descamps (peintres et professeurs distingués).

1478 -s- LOO (Charles-André, dit Carie Van), peintre, célèbre par ses gracieuses compositions, n. à Nice, i5 février 1706, m. à Paris, i5 juillet 1765. Son tableau La halte de chasse et son portrait de la reine Marie Leczinska ornent le musée du Louvre.

P. S., signée aussi par De Latraverse, Augustin Pajou (le sculpteur), Pierre Hutin (le sculpteur), Gabriel-François Doyen (le peintre), Edme Dumont (le sculpteur) et Delarue, élèves protégés de l'école de peinture et de sculpture ; Paris, 12 avril 1749, 1 p. in-fol. Superbe pièce. — P. de Miger.

En sa qualité de gouverneur de l'école royale des élèves protégés, Carie Van Loo déclare que la conduite desdits élèves a été bonne et prie M. Coypel, premier peintre du Roi, de leur payer le quartier de leur gratification. — Audessous les six élèves protégés donnent quittance de la somme de quatre cent cinquante livres, à raison de soixante-quinze livres pour chacun d'eux.

147Q * SOUFFLOT (Jacques-Germain), grand architecte, intendant général des bâtiments (1776), le constructeur du Panthéon et de l'École de droit, n. à Irancy (Yonne), 5 janvier 1709, m. à Paris, 29 août 1780. On lui doit aussi la magnifique façade de l'Hôtel-Dieu de Lyon. Soufflot a publié en 1 767 ses Œuvres qui forment deux volumes.

L. A. S. (au comte d'Angiviller) ; Paris, 22 janvier 1774, 1 p. in-fol. Superbe pièce. — P.

Très belle lettre toute relative à l'estimation du terrain dans lequel on travaille les marbres du Roi. Longs et intéressants détails.

4- 1480 * VERNET (Claude-Joseph), notre meilleur peintre de marines, chef d'une célèbre dynastie d'artistes, n. à Avignon, 14 août 17 12, m. à Paris, 23 décembre 1789. Sa magnifique suite des vues des ports de France est conservée au Louvre. L. A. S. (au marquis de Marigny) ; Cette, 11 novembre 1756, 4 p. in-fol. Superbe pièce. — P.

Magnifique lettre sur sou tableau du Port de Cette. Joseph Vernet discute les observations que lui avait faites le marquis sur le point de vue qu'il se proposait de prendre. Il persiste à croire que le seul point intéressant est celui du côté de la mer. Pour se conformer à l'itinéraire, il faudrait exécuter six tableaux et non un seul. Celui qui a rédigé l'itinéraire, M. Pellerin, premier commis de la marine, peut bien être entendu à bien des choses, mais il ne sait guère ce qu'il faut pour faire un bon tableau. Vernet maintient aussi son idée de représenter une tempête dans ce tableau. Enfin il répond au reproche que lui avait adressé le marquis d'avoir proposé d'aller exécuter ce tableau à Bordeaux. « Je sçay. Monsieur, que le Roy me paye mes tableaux pour que j'y donne toute la perfection dont je puis être capable. Aussi l'ai-je toujours fait, et mon intention sera toujours de faire tous mes efforts pour que mes tableaux aillent de mieux en mieux. Permettés, je vous prie, Monsieur, que je vous découvre un secret en cette occasion ; c'est que si le Roy payoit cent fois plus qu'il ne fait mes tableaux, je ne sçache pas qu'il me fût possible de les mieux faire que je les faits, et ne les fairois pas plus mal s'il m'en donnoit cent fois moins. Mon amour propre étant plus avide de la gloire que de l'argent, quant je fais un tableau, je ne suis occupé que du soin de bien faire et je pense plus à ce qui peut me faire honneur qu'à la somme qu'on m'en donne. Quant j'ay eu l'honneur de vous dire que selon le point de vue que je prendrois, après mes ettudes faittes, j'aurois pût exécuter le tableau à Bordeaux, ce que n'étant plus nécessaire d'être sur le lieu, j'aurois eu plus de secours et de facilité pour cette exécution dans une grande ville que j'en auray ici ; mais je resterav icy, d'abord parce que vous le voulez et en même temps pour que, si mon

PEINTRES ET : SCULPTEURS

S. vin

incapacité m'empêche de faire tout ce que je désirerois, on ne puisse l'attribuer à quelque négligeance de ma part. J'ay pour cela arrêté une maison icy et m'y suis établis. Je fairay le tableau de Cette icy sur le lieu et finiray celuy d'Antibe ou il me reste quelque chose à faire. » — (Joseph Vernet avait été chargé par Louis XV, en octobre 1 753, de peindre tous les grands ports de mer de la France, moyennant six mille livres par tableau, et le marquis de Marigny avait tracé l'itinéraire de l'artiste. Vernet commença par Marseille, puis s'occupa de Bandol, de Toulon et d'Antibes. La vue du port de Cette fut sa huitième toile; elle fut exécutée selon le projet présenté par Vernet et d'abord combattu par le marquis de Marigny.

Elle fut exposée au Salon de 1757 et elle est conservée actuellement au musée du Louvre.)

* 1481 * PIGALLE (Jean-Baptiste), célèbre sculpteur, auteur du tombeau du maréchal de Saxe à Strasbourg et des statues de Louis XV et de Voltaire, n. à Paris, 26 janvier 17 14, m.

dans la même ville, 21 août 1785.

L. A. S. (au marquis de Marigny); Paris, 27 juin 1754, 2 p. in-4. (Coll. A. Sensier.) — P. de Saint-Aubin.

Très belle lettre ou il demande la pension vacante par le décès du peintre Cazes (mort le 25 juin). Il s'appuie sur le succès de sa statue de Louis XV. « Tous ceux qui ont été chargés des figures du Roy ont été honorés de pareilles récompenses, indépendament du prix de leur travail. M. le Moine (le sculpteur) en particulier jouit d'une pension de 800 livres sur la cassette, outre le présent considérable que lui a fait la ville de Bordeaux. Vous sçavez, Monsieur, le besoin que j'en ai

^ 1482 DESGAMPS (Jean-Baptiste), peintre, neveu de Louis Goypel, auteur des Vies des peintres flamands, allemands et hollandais, publiées de 1753 à 1763, fondateur de Técole de dessin de Rouen, n. à Dunkerque, 1714, m. à Rouen, 1791.

L. A. S. à M. de Saint-Pierre, ingénieur à l'île Bourbon (l'illustre auteur des Etudes de la nature et de Paul et Virginie); Rouen, 6 mars 1770, 2 p. in-4, cachet brisé. Superbe pièce.

Belle lettre où il lui mande qu'il a appris avec plaisir son arrivée à l'île Bourbon. Il lui annonce qu'il vient de faire paraître le Voyage pittoresque de la Flandre et du Brabant (faisant suite aux Vies des peintres flamands) et qu'il a accepté de revoir les articles Peinture de l'Encyclopédie. Il parle ensuite du prochain mariage du dauphin et se livre à de curieuses considérations sur Voltaire et sur Jean-Jacques Rousseau. « Les arts sont toujours un peu accueillis, les lettres de même. On se déchire, on se fait des excuses, c'est à dire ces écrivains de rapine, qui forgent des romans, des petits vers, sans autre mérite que des petites pointes ou des épigrammes qui retournent sur eux-mêmes le plus souvent. M. de Voltaire existe tout en entier; il n'i a que son habit qui s'use. Rousseau existe dans une terre près de Grenoble; il n'est point aimable, i! erre même dans ses résolutions; il

sçait trop ce qu'il est et pas / ^ M se. * r Sy /}

assés ce qu'il devroit être. C'est /^/^ï^^TX^ VW^^

un héros qui s expose trop a dé- ' . ' A couvert et qui ne sçait se mé- " nager ni retraite ni amis. Prions 7) Dieu pour eux comme pour les ^^fc/CwC****^**^ sots... ii i —

S. vin

GRAVEURS ET ARCHITECTES

f- 1483 -s- COCHIN (Charles-Nicolas),, célèbre dessinateur et graveur, dont les estampes sont très recherchées, n. à Paris, 171 5, m. 29 avril 1790. Il fut le dernier d'une remarquable dynastie d'artistes. Son œuvre comprend quinze cents pièces.

L. A. S. (aux membres de lAcadémie de Marseille); (Paris), 18 février 1769, 1 p. in-fol. — P.

Très belle lettre où il les remercie, au nom de l'Académie de peinture (dont il était secrétaire perpétuel), des vœux qu'ils ont exprimés à cette compagnie à l'occasion du renouvellement de l'année.

* 1484 ^ COCHIN (Charles-Nicolas).

L. A. S. (à Grosley ?) ; (Paris), 1 1 juillet 1784, 4 p. in-4. Superbe pièce, une des plus belles connues.

Lettre des plus curieuses. Cochin s'excuse de ne pas lui avoir répondu plus tôt sur sa collaboration à l'édition de la Gerusalemme liberata, entreprise par les ordres de Monsieur (le comte de Provence, depuis Louis XVI11). Il donne son opinion sur la Vestale du sculpteur Legros (Pierre, né à Paris en 1666, mort à Rome en 1719), dont il fait le plus grand éloge. Il expose les raisons qui lui font affirmer que le beau groupe de Lepaultre (Pierre, né à Paris en 1659, mort en 1744), qui est aux Tuileries, représente Aria et Pœtus et non, comme quelques-uns le prétendent, Lucrèce et Brutus. Il parle ensuite de son pauvre ami M. de La Tour (le célèbre peintre de pastels). « Je suis bien de votre avis et je pense aussi que c'est le régime extravagant auquel il s'est livré qui l'a amené à cet état affligeant. Que n'a-t-il pas fait pour nous persuader à tous de suivre son exemple; mais il n'a point trouvé de prosélites, quoiqu'il connût bien des peintres et des poètes. M. de La Tour, après avoir donné beaucoup démarques de délire, qui nous ont occasionné du chagrin et de l'inquiétude, a enfin été déterminé par son frère à se retirer à Saint-Quentin, sa patrie, où il a été accueilli avec reconnoissance et humanité. Depuis ce temps nous n'avons eu de ses nouvelles que rarement, mais elles disent touttes qu'il est dans le même état. » Cochin termine par une plaisanterie piquante sur le peintre Pierre (Jean-Baptiste-Marie, premier peintre du Roi, directeur de l'Académie de peinture, né à Paris en I7i3, mort en 1789) et il cite un dixain épigrammatique composé à l'occasion d'une maladie de cet artiste. Voici le fac-similé de ce curieux passage :

PEINTRES ET -SCULPTEURS

S. vin

* 1485 -f COUSTOU (Guillaume), habile sculpteur, fils et élève de l'illustre auteur des Ecuyers de Marly, n. à Paris, 19 mars 17 16, m. dans la même ville, i3 juillet 1777. Cet artiste distingué fut protégé par le grand Frédéric et par la marquise de Pompadour.

L. A. S. (au marquis de Marigny, frère de la marquise de Pompadour); Rome, 1 5 décembre 1 y 5 1 , 2 p. in-fol. Très belle pièce. Rare.

(Coll. Chambry.) — P. de Cochin gravé par Saint-Aubin.

Superbe lettre de félicitations sur sa nomination à la charge de directeur général des bâtiments du Roi (dans laquelle le marquis de Marigny venait de succéder à Lenormand de Tournehem).

* 148^ "* FALCONET (Étienne-Maurice), sculpteur d'un grand talent, écrivain sur les beaux-arts, ami et correspondant de Diderot, n. à Paris, 1 décembre 1716, m. dans la même ville, 24 janvier 1 791 . 11 fut appelé, en 1754, par Catherine II à Saint- Pétersbourg, où il exécuta une statue équestre colossale de Pierre le Grand.

L. A. S. à M. Mouette ; Chatenay, 5 mars 1782, 1 p. in-4, cachet. (Coll. Chateaugiron et A. Sensier.)

Curieuse épitre qui peint bien le caractère original de son auteur. Elle est relative à un de ses livres. « Comme dans les endroits d'érudition je ne marche guère que la preuve à la main, il vous sera d'autant plus facile de voir si je bronche ou si je vais droit. Pour mes erreurs, de quelque espèce qu'elles soient, je ne les connois pas; et vous pouvez croire que, si en travaillant je les eusse apperçues, vous en trouveriez peu dans mon livre : mais quelques âmes charitables me les feront appercevoir; je les en remercie d'avance. Notez bien, Monsieur, que j'écris pour vous et pour les autres hommes honnêtes, instruits et qui pensent, jamais pour les pédens, ni pour les garçons perruquiers, encore moins pour les médians et pour ces olibrius qui, toujours de mauvaise humeur et prévenus contre un sentiment nouveau, parce qu'il est nouveau, parlent sans cesse des arts où ils voyent comme dans un four. Ce n'est pas à de tels lecteurs que j'offre mes écrits... »

*- 1487 CAFFIER1 (Jean-Jacques), célèbre sculpteur, dont les bustes sont très

remarquables, n. à Paris, 29 avril 1725, m. dans la même ville, 21 juin 1792.

L. S. aux sociétaires du Théâtre-Français; Paris, 24 août 1785, 3 p. in-fol. — P. de Saint-Aubin.

Très intéressante lettre. Il leur donne des renseignements sur les bustes qu'il leur a offerts et qu'ils ont accepte's. Les bustes de Colbert et de Jean Racine sont d'Antoine Coyzevox. Celui de Pierre Corneille a été fait d'après le portrait peint par Le Brun; celui de Thomas Corneille d'après la peinture de Jean Jouvenet. Le buste de Rotrou a été exécuté d'après un portrait peint communiqué par un arrière-neveu du poète. « Les bustes de Piron et de Belloy sont l'ouvrage de l'amitié. Après la mort du premier j'ai été chargé, en 1744, de son buste en marbre pour le foyer de la Comédie française, et je suis sur le point de finir le marbre de de Belloy pour la même comédie. » Le buste de La Fontaine a eu pour modèle le portrait d'Hyacinthe Rigaud, celui de La Chaussée le portrait de La Tour. Le buste de Philippe Quinault a été exécuté en marbre pour le foyer de l'Opéra en 1 77 1 , celui d'Helvétius pour madame Helvétius. Le buste de Boileau a été fait d'après le portrait de Rigaud, celui de Jean-Baptiste Rousseau d'après la peinture d'Aved. Enfin les bustes de Crébillon, Fontenelle, Montesquieu et Diderot sont l'œuvre de Jean-Baptiste Le Moync (le maitre de Caffieri). — (Cf. pour les dons faits par Caffieri à la Comédie-Française le beau livre de mon confrère et ami J.-J. Guitfrey sur les Caffieri.)

S. vin

GRAVEURS ET ARCHITECTES

* 1488 * GREUZE (Jean-Baptiste), un des plus célèbres maîtres de la peinture de genre au dix-huitième siècle, l'inimitable auteur de la Cruche cassée et de la Malédiction paternelle, n. àTournus(Saône-et-Loire), 21 août 1725, m. à Paris, 2 1 mars i8o5.

L. A. S. (au président de l'Académie de Dijon) ; Paris, g mars 1766, 1 p. in-4. Très rare. — P.

Précieuse lettre, dans laquelle il le remercie de la place qu'il veut bien lui offrir dans son Académie. « Je l'accepte avec autant de recounoissance que de plaisir, et je puis vous protesté que l'honneur que vous me faite vas renouvellé mes soins et mon asiduité pour me rendre encore plus digne d'un corps aussi respectable. » — Greuze donne son adresse en ces termes : « Greuze, peintre du Roy et de l'Académie royal de peinture et de sculpture, rue de Sorbonne. » — (Greuze ne fut admis comme membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture que le 23 août 176g. Il n'était alors qu'agréé.)

•5- 1489 -4- FICQUET (Etienne), graveur, qui excella dans les portraits de petit format, n. à Paris, iy'Si, m. 1794. On a de Ficquet de charmants portraits de La Fontaine, de Descartes, de madame de Maintenon, de Molière, de Pierre Corneille, de Voltaire et des plus ce'lèbres écrivains du dix-septième et du dix-huitième siècles.

P. S.; Paris, hôtel de la Bibliothèque du Roi, i3 novembre 1707, 1 p. in-4 oblong. Deux traits de plume ont été faits sur la signature. Très rare. (Coll. B. Fillon.)

Il reconnaît que M. Joly, garde du cabinet de la Bibliothèque du Roi, lui a prêté deux portraits, l'un de Cicéron par Rubens et l'autre de Vandermeulen par Largillière, et il s'engage à les lui rendre à première réquisition. — C'est lorsque Ficquet rendit les portraits que Joly annula de deux traits de plume la signature de l'emprunteur. — Cette pièce donne l'adresse de Ficquet: rue des Grands-Dégrés, près de la place Maubert.

1490 -* FRAGONARD (Jean-Honoré), peintre de genre, élève de Boucher, célèbre par ses compositions érotiques, n. à Grasse, 1732, m. à Paris, 22 août 1806.

L. A. S. au citoyen Sauvigny (président d'une société artistique), 1/2 p. in-8. Très jolie et rare pièce. (Coll. Boilly.) — P. gravé à l'eau-forte par G. Le Carpentier, de la plus grande rareté.

Intéressante pièce. Il donne ses nom, prénoms et adresse : « Jean-Honoré Fragonard, gallerie du Louvre, n» 29. »

* 1491 <- SAINT AUBIN (Augustin de), célèbre graveur et dessinateur, charmant vignettiste, dont les nombreux portraits sont très estimés, n. à Paris, 3 janvier 1 736, m. dans la même ville, 10 novembre 1807.

L. A. S. au directeur François Barthélémy (n. 1747, m. i83o); (Paris, 1796), 1 p. 1/2 info!. — P. de la collection Vignerès.

Il demande un logement au Louvre, qui lui a été promis depuis longtemps et qui lui serait nécessaire, car il est peu fortuné et âgé de soixante ans. « Depuis plus de dix ans il m'a été promis un logement aux galleries du Louvre, retraite ordinaire et honorable des al tistes de la cy-devant académie, qui avoyent vieillis avee quelque distinction dans l'exercice de leur art. J'ai des lettres de différents ministres qui me donnoient l'expectation du premier logement qui viendroit à vacquer dans ce lieu. Cependant depuis quatre ans en voilà plus de six qui ont été donné sans que je m'en sois ressenti... » — En marge se trouve une recommandation autographe signée du directeur Barthélémy.

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