‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 230 sur 312 · LETTRE DE FRANÇOIS RUDE · texte numérisé non relu

LETTRE DE FRANÇOIS RUDE

Numéro i 532.

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PEINTRES ET SCULPTEURS

vais souvent voir les statues de Monte-Cavallo. Je vais tâcher de dessiner ces figures de tous les côtés et de les mesurer. 11 me semble que ces figures sont un type qui montre ce que doivent être des figures exposées à l'air. Elle me paraissent beaucoup plus grandes qu'elles ne sont réellement; de quelque manière qu'elle soient éclairées, c'est toujours de la sculpture surprenante. Voilà l'effet que ces figures me font. Après cela j'attends votre sentiment sur cette sculpture, parce que je me défie de mon inexpérience. Je pourrais peut-être voir avec les yeux d'un jeune homme qui est enthousiaste de ce que les Grecs ont produits. » — Le croquis original de la figure de jeune homme dont David d'Angers parle est joint à la lettre.

1 536 + DAVID (Pierre-Jean), dit David d'Angers. L. A. S. à un écrivain allemand; Paris, 6 août 1843, 3 p. in-4. Superbe pièce, d'un grand intérêt.

Très remarquable lettre où il exprime sa reconnaissance du placement de son buste de Goethe dans une bibliothèque allemande. « J'ai travaillé à cet ouvrage avec toute l'ardeur que m'inspiraient mon admiration et ma vénération pour le grand homme qui m'avait reçu avec tant de bienveillance dans son intimité. C'est une belle et noble mission que celle de l'artiste, de la statuaire qui, par sa durée, parle à l'avenir le plus reculé. C'est aussi pour cela que l'art ne doit consacrer que les types qui honorent l'humanité. Goethe aimait beaucoup la proportion colossale pour de certaines personnifications. Il me disait: Rien ne me parait absurde comme l'idée d'élever à une très grande hauteur les ouvrages d'une grande dimention. Il faut, au contraire, les rapprocher du spectateur, afin qu'il voye bien que l'on a eu l'intention de réaliser ce que l'imagination inspire quand un homme est grand par son génie. » Il envoie un dessin des proportions du piédestal du buste. Il s'excuse de ne pouvoir lui envoyer les autographes qu'il désire. « Les autographes des hommes de la Révolution sont rares, actuellement surtout que l'on comprend toutes les gigantesques et miraculeuses choses faites par la sublime Convention; l'admiration pour ces nobles républicains a grandi à mesure que les brouillards amoncelés par l'Empire et les Bourbons se sont dissipés devant la lumière de l'histoire. On ne peut penser sans un vif sentiment de vénération à cette formidable Convention luttant avec succès contre toute l'Europe, créant les écoles primaires, les écoles centrales, l'école politechnique, des bibliothèques et des musées dans toute la France, des écoles d'arts et métiers, enfin créant un muséum d'antiquités nationales pour sauver tous les monumens historiques de la France (ce monument des Petits Augustins a été détruit par les Bourbons en 1 8 1 5 ! !) Il serait trop long d'énumérer ici toutes les merveilleuses pensées sorties du cerveau de la nation affranchie pour un moment du despotisme abrutissant de ses maîtres couronnés. » — Le croquis annoncé plus haut est joint.

± i537 * VERNET (Émile-Jean-Horace), le célèbre peintre de batailles, membre de L'Institut (1826), n. à Paris, 3o juin 1789, m. dans la même ville, 17 janvier ï863,

i° L. A. S. à son père; Paris, 5 octobre 1812, 1/2 p. in-8. (Coll. A. Sensier.) — P. de Boilly.

Joli billet ainsi conçu : « A deux heures et demie, mon petit papa; je n'irai pas chez M. de Forbin. Je me porte bien. Nous dînerons chez toi, je t'embrasserai de tout mon cœur et nous serons contents. En attendant reçois l'assurance des sentiments de ton aimable et vertueux fils. »

20 L. A. S. à son père, à Rome; Pise, 22 mai 1834, 1 p. in-8. Très jolie pièce.

Belle lettre où il lui donne des nouvelles de son voyage. Il est à Pise, où il est venu au lieu de s'ennuyer à Livourne.

* i538 * VERNET (Émile-Jean-Horace).

L. A. S. au peintre Gérome ; Paris, 5 juillet i858, 3 p. in-8.

Très intéressante pièce. Il lui transcrit la copie d'une lettre qu'il vient d'écrire à M. Masson, ministre des Etats-Unis en France. — Horace Vernet s'excuse de ne pouvoir exécuter pour le Gouvernement des Etats-Unis un tableau dont le sujet devait être puisé dans l'histoire de la guerre de l'indépendance américaine. L'état de sa santé lui interdit un tel travail. Il prie en conséquence le ministre de transmettre ses regrets à M. Pierce (président des Etats-Unis). Il croit qu'il sera facile de trouver un artiste digne de retracer sur les murs du Capitole de Washington un fait aussi mémorable que le triomphe de la liberté dans le nouveau monde et les traits des grands hommes qui y ont si vaillamment contribué. « Si cet honneur était réservé à un artiste français, je n'hésiterais pas à recommander M. Gérome, dont le talent, déjà couronné de succès, me parait être à la hauteur de cette œuvre. »

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