‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 231 sur 312 · LETTRE DE DAVID D'ANGERS · texte numérisé non relu

LETTRE DE DAVID D'ANGERS

FRAGMENT

Numéro 1 536.

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PEINTRES ET: SCULPTEURS

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•h i53q -s- COUDER (Louis-Charles-Auguste), peintre d'histoire, auquel on doit les toiles de l'Ouverture des Etats généraux, du Serment du Jeu de Paume et de la Fête de la Fédération, et les peintures de la salle d'Apollon au Louvre, membre de l'Institut (1809), n. à Paris, 1 avril 1790, m. dans la même ville, 23 juillet 187D.

L. A. S. à Gaultier de Claubry, conservateur des collections chimiques et industrielles à l'École polytechnique; Paris, 28 février 1 838,

1 p. in-4, cachet. — P. photographié avec signature autographe.

Belle lettre dans laquelle il réclame contre l'établissement d'une fabrique de goudron à Charenton. « Ma belle-mère, madame veuve Stouf (femme du célèbre sculpteur, mort à Charenton en 182?), possède pour toute fortune une maison dont le revenu serait perdu par cet établissement. »

4- 1540 * GÉRICAULT (Jean-Louis-André-Théodore), un des plus grands maîtres de l'école moderne de peinture, élève de Carie Vernet et de Guerin, l'auteur de la magnifique composition du Radeau de la Méduse, qui est conservée au musée du Louvre, n. à Rouen, 26 septembre 1 79 1 , m. à Paris, 18 janvier 1824. Le Louvre possède également de Géricault le Cuirassier blessé et Y Officier de chasseurs.

L. A. S. à Horace Vernet; Londres, 6 mai(i82i), 3 p. in-4. Très rare. (Coll. Boilly et B. Fillon.)

Précieuse lettre, la plus remarquable qu'on connaisse de Géricault. Le grand peintre y fait le plus grand éloge de l'école anglaise. Il commence par gourmander Horace Vernet sur sa paresse épistolaire et par l'assurer du plaisir qu'il a ressenti du succès de son dernier tableau; mais il ne lui fera son compliment que lorsqu'il aura vu cette toile. C'est ainsi qu'on doit procéder entre artistes. « Je disais, il y a quelques jours, à mon père, qu'il ne manquait qu'une chose à votre talent, c'était d'être trempé à l'école anglaise, et je vous le répète parce que je sais que vous avez estimé le peu que vous avez vu d'eux. L'exposition qui vient de s'ouvrir m'a plus confirmé encore qu'ici seulement on connaît ou l'on sent la couleur et l'effet. Vous ne pouvez pas vous faire une idée des beaux portraits de cette année et d'un grand nombre de paysages et de tableaux de genre, des animaux peints par Ward et par Landseer, âgé de dix-huit ans. Les maitres n'ont rien produit de mieux en ce genre. 11 ne faut point rougir de retourner à l'école; on ne peut arriver au beau dans les arts que par des comparaisons Chaque école a son caractère. Si l'on pouvait parvenir à la réunion de toutes les qualités, n'aurait-on pas atteint la perfection? Cela demande de continuels efforts et un grand amour. Je les vois ici se plaindre de n'avoir pas un bon caractère de dessin et envier l'école française comme beaucoup plus habile. Que ne nous plaignons-nous aussi de nos deffauts? Quelle est cette sotte orgueil qui nous porte à fermer les yeux dessus, et est-ce en refusant de voir le bien où il est et en répétant follement que nous sommes ce qu'il y a de mieux, que nous pensons honorer notre patrie ? Serons-nous toujours nos juges et nos ouvrages, un jour mêlés dans les galeries, ne porteront-ils pas témoignage de notre vanité et de notre présomption? Je faisais à l'exposition le voeu de voir placés dans notre musée une quantité de tableaux que j'avais sous les yeux. Je désirais cela comme une leçon qui serait plus utile que de parler longtems. Que je voudrais pouvoir montrer aux plus habiles mêmes plusieurs portraits qui ressemblent tant à la nature, dont les poses faciles ne laissent rien à désirer et dont on peut vraiment dire qu'il ne leur manque que la parole. Combien aussi seraient utiles à voir les expressions touchantes de Wilky (David Wilkie). Dans un petit tableau et d'un sujet le plus simple il a su tirer un parti admirable. La scène se passe aux Invalides; il suppose qu'à la nouvelle d'une victoire ces vétérans se réunissent pour lire le bulletin et se réjouissent. Il a varié tous les caractères avec bien du sentiment. Je ne vous parlerai que d'une seule figure qui m'a paru la plus parfaite et dont la pose et l'expression arrachent les larmes, quelque bon que l'on tienne. C'est une femme d'un soldat qui, toute occupée de son mari, parcourt d'un œil inquiet et hagard la liste des morts. Votre imagination vous dira tout ce que son visage décomposé exprime. Il n'y a ni crêpes, ni deuil; le vin au contraire coule à toutes les tables et le ciel n'est point sillonné d'éclairs d'un présage funeste. 11 arrive cependant au dernier pathétique, comme la nature elle-même. Je ne crains pas que vous me taxiez d'anglomanie ; vous savez, comme moi, ce que nous avons de bon et ce qui nous manque. » — (Cette lettre

est une véritable profession de foi artistique et elle fait ^ mn.j-<m.f '

le plus grand honneur au sens critique de Géricault.) ' ^ W t/W

r 541 * GÉRICAULT (Jean-Louis-André-Théodore).

Dessin original à la plume, avec une minute de lettre autographe de cinq lignes au verso, 1 p. in-4.

Ce dessin représente un homme nu vu de dos, à demi courbé et s'appuyant sur ses mains. — La minute de lettre est la demande du prêt d'un cheval pour aller à la campagne.

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