L. A. S. au peintre J. Gigoux, 1 p. in
Jolie lettre ou il s'excuse de ne pouvoir se trouver, par suite de son départ pour la campagne, à un rendez-vous.
PEINTRES ET: SCULPTEURS
S. vin
* 1 55 1 ? HENRIQUEL DUPONT (Louis-Pierre Henriquel, dit), un de nos plus célèbres graveurs, qui a reproduit l'hémicycle de Paul Delaroche, membre de lTnstitut (1849), n. à Paris, i3 juin 1797. Il est le doyen des artistes français.
L. A. S. à Auber (le célèbre compositeur de musique et directeur du Conservatoire); Sèvres, 18 juillet, 2 p. 1/4 in-8, enveloppe. — P. de Louis d'après Paul Delaroche.
Belle lettre dans laquelle Henriquel-Dupont recommande à Auber son ami Massart (le violoniste) pour la décoration de la Légion d'honneur. Il ne croit pas nécessaire de rappeler les titres de cet artiste comme musicien et comme professeur, mais il tient à déclarer qu'il a pour son caractère la plus grande estime et pour sa personne la plus vive amitié.
*- 1 5 52 DELAROCHE (Hippolyte, dit Paul), célèbre peintre d'histoire, dont les tableaux, d'un style sévère et froid, ont été popularisés par la gravure, membre de l'Institut (1882), n. à Paris, 17 juillet 1797, m. dans la même ville, 4 novembre 1 856. Son œuvre capitale est la grande fresque de l'hémicycle de l'école des Beaux-Arts.
i° L. A. S. de ses initiales à son ami Alphonse de Méricourt, à Paris; Rome, g de'cembre 1834, 3 p. in-8. Déchirure par la rupture du cachet enlevant trois mots. — P.
Très curieuse épitre où il lui mande son prochain mariage. « Oui, mon cher Méricourt, je me marie ; j'épouse une jeune et jolie fille, spirituelle, distinguée de manières, instruite, simple et bonne musicienne. Je crois pouvoir vous affirmer que tout ce que j'avance est à peu près vrai. Je ne crois pas que ma lunette me fasse voir les choses de travers. Je serai heureux, je l'espère et je le mérite, car je me donne b.... du mal pour cela. Quand ma mission romaine sera terminée, je reviendrai bien vite à Paris me replonger dans les boues de notre bonne ville pour étaler mes ordures sur les murs de la Madeleine. D'ici là je vais travailler comme un galérien à l'effet de ne pas trop me faire jetter des pommes cuites lorsqu'on découvrira mes tartines... » — (Paul Delaroche épousa la fille unique d'Horace Vernet, alors directeur de l'Académie de France à Rome. Elle s'appelait Anne-Elisabeth-Louise : elle mourut prématurément à Paris au mois de décembre i8q5.)
2° L. A. S. à son ami Le Blond, à Vesoul; (Paris), 25 juin 1841, 1 p. in-8. Très jolie pièce.
Remarquable lettre sur le célèbre peintre Gérôme (qui était alors un tout jeune homme de dix-sept ans et travaillait dans l'atelier de Paul Delaroche). « Oui, mon ami, il y a dans cet enfant une grande énergie de travail et une grande intelligence dans la manière de rendre, soit la nature, soit l'antique. Je ne doute pas que s'il continue il ne devienne un homme distingué. Voilà ce que je pense en mon âme et conscience. Dis bien à son père (orfèvre à Vesoul) qu'il est de toute nécessité qu'il ne soit pas distrait de l'étude sérieuse de son art par la nécessité de gagner de l'argent. Cette obligation tue les plus belles dispositions, souvent même le talent. » — (On voit que Paul Delaroche a été bon prophète, car son élève est devenu un de nos peintres les plus célèbres.)
*- 1.553 + ROBERT FLEURY (Joseph-Nicolas-Robert Fleury, dit), célèbre peintre d'histoire, un des maîtres les plus estimés de l'école moderne, membre de l'Institut (i85o), n. de parents français à Cologne (alors département français), 8 août 1797.
i° L. A. S. à un marchand de tableaux; Bruxelles, 2 septembre 1848, 1 p. 1/2 in-8. Très jolie pièce. — P. photographié avec signature autographe.
Belle lettre dans laquelle il répond à sa demande de cession de son tableau de Jane Shore. « Vous me donnerez votre portrait de Rembrant et six mille francs, dont quatre comptant et deux en un billet, si vous voulez, à six mois. »
2° L. A. S. au peintre Jalabert ( Charles- François , n. à Nîmes en 1819); (Paris), 3i mai iSSj, 2 p. in-8.
Il l'invite à venir voir le portrait de Paul Delaroche, qu'il est en train de terminer. Il le félicite sur son tableau de Romeo qu'il a vu au Salon.
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
1554 ■* DUBAN (Félix-Jacques), célèbre architecte, l'habile restaurateur du château de Bloiset du Louvre, membre de l'Institut (1854), n. à Paris, 14 octobre 1797, m. à Bordeaux, 8 octobre 1870.
L. A. S. à Edouard Boilly (compositeur de musique, grand prix de Rome, n. 1800, m. 1854), à Naples ; Rome, 17 septembre 1 82 5, 1 p. in-8.
Jolie lettre, écrite alors qu'il était pensionnaire de l'Académie de France à Ro'me (il avait remporté le prix en i823). Il le prie de lui rapporter de Naples une paire de bracelets en corail et le charge de ses compliments pour son frère (le peintre Julien). « Mon cher Boilly, je vais abuser de ta complaisance et de ta bourse. Fais-moi le plaisir de prendre chez le marchand de corail en question une paire de bracelets semblables à ceux que j'ai déjà emportés; je lésai payés quatre ducats environ; il peut les faire du matin au soir. Peut-être cette avance te gènera-t-elle et alors qu'il n'en soit plus question...»
1 555 * DELACROIX (Ferdinand-Victor-Eugène), un des plus grands peintres de notre siècle, le glorieux chef de l'école coloriste et le régénérateur de l'art moderne, décorateur du palais du Luxembourg et de la Chambre des députés, membre de l'Institut (1857), n. à Saint-Maurice (Seine), 26 avril 1798, m. à Paris, i3 août 1 863.
L. A. S. à son camarade de collège Félix Louvet (fils de Jean-Baptiste Louvet, auteur de Faublas), à Montargis; (Paris), 10 janvier 18 14, 3 p. in-4. Superbe pièce. — P. de David d'Angers.
Pre'cieuse lettre, inédite, la plus ancienne qu'on connaisse d'Eugène Delacroix. (On considérait jusqu'ici comme telle celle de la collection B. Fi lion, écrite en 1 8 1 5 et publiée par M. Philippe Burty en tête de la correspondance du peintre.) Il entretient Félix Louvet, son camarade au lycée Louis-le-Grand, d'un de ses amis nommé Jousse. « Il désire beaucoup te connaître et admire ton père comme je l'admire moi-même et comme tous les véritables Français doivent l'admirer, tant par ses ouvrages que par ses actions. D'ailleurs un peu enthousiaste et grand admirateur de Voltaire et surtout de Rousseau.... » Delacroix a passé ses vacances en Normandie et visité plusieurs villes, entre autres Rouen, dont les monuments l'ont étonné, quoique leur architecture ne vaille pas la noble simplicité de l'architecture grecque et romaine. « Mais un monument plus digne de fixer les regards des curieux, c'est l'humble chaumière où est né le grand Corneille. Les habitans de Rouen s'en font un orgueil ; j'entends les habitans un peu au-dessus du commun, car le peuple passe devant cette maison sans trop se soucier de ce que signifie l'inscription qui y est gravée en lettres d'or, et quelque jour quelque possesseur ignorant la fera démollir sans s'en inquiéter beaucoup davantage. » Il donne ensuite des détails sur la maison d'un de ses cousins dans laquelle il a demeuré C'est une ancienne abbaye de bénédictins, dont tous les objets lui inspiraient une foule d'idées tout à fait romantiques. (Ce mot est souligné par Delacroix.) « La nuit le vent sifflait au travers des croisées mal jointes et les chouettes, s'introduisant par l'église, venaient nous réveiller. Mais toutes ces choses, qui seraient des désagréments pour bien des personnes, étaient pleines de charmes pour moi. J'aimais beaucoup à me promener seul, en rêvant, parmi les ruines de cette église silencieuse et dont les murs sonores répétaient jusqu'au bruit de mes pas... » — (Cette lettre, écrite par Delacroix à l'âge de seize ans, est des plus caractéristiques. Elle dénote un tempérament d'artiste et une intelligence précoce, des idées larges, des aspirations romantiques, un véritable don de style et d'expression. On y remarquera la préférence qu'il marque pour l'architecture grecque et romaine. Delacroix est resté fidèle à ce culte de sa jeunesse, car dans son testament il demanda que son tombeau fût copié très exactement sur l'antique. Cette lettre ajoute aussi un nom à la liste des amis d'Eugène Delacroix. Félix Louvet resta fidèle à son camarade de collège, car il écrivit, au-dessous de la signature de celui-ci, ces mots : n Et mon cher Delacroix est maintenant au rang des premiers peintres de son époque. Ah ! oui, en allant demeurer à Paris, je l'y retrouverai, ce grand peintre et vertueux républicain. »)
*. i556 * DELACROIX (Ferdinand-Victor-Eugène).
Pièce autographe, avec croquis à la plume rehausse's d'aquarelle; (Tanger, i832'), 1 p. in-4.
Précieux croquis, faits pendant son célèbre voyage au Maroc en i832. Ils représentent entre autres les portes d'une maison juive, l'entrée de la mosquée de l'Empereur, des hommes et des femmes en costumes arabes. — Cette pièce provient de la vente faite après le décès d'Eugène Delacroix.