‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 243 sur 312 · LETTRE DE CHARLES JACQUE · texte numérisé non relu

LETTRE DE CHARLES JACQUE

PEINTRES ET SCULPTEURS

S. vin

■î- 1616 * NANTEUIL (Gélestin), l'élégant et fin vignettiste des livres de l'époque romantique, n. à Rome, 11 juillet 181 3, m. ciMarlotte (Seine-et-Marne), 4 septembre 1873. i° L. A. S. à Hédouin (père d'Edmond, célèbre peintre et aquafortiste); 26 juin 1837, 4 p. in-8.

Très belle épître ou il lui parle de son fils (qui était dans l'atelier de Nanteuil), qui ne pourra de longtemps se suffire à lui-même, sous peine de compromettre le succès de ses études. Il lui envoie deux tableaux, le Mendiant, dont il demande deux cent cinquante francs, ou au moins cent cinquante, et le Christ, qu'il céderait à deux cents francs au minimum.

2° L. A. S. à M. Léon Clopet ; Montalais, 2 juin 1845, 1 p. 3/4 in-8. Jolie et intéressante pièce.

Plaisante invitation de venir diner à Bougival. Elle est signée le capitaine de la Grenouille, Gélestin Nanteuil, et porte comme en-tète Ordre de service. « Le sieur Léon, , r\ S

commandant en chef du Sabot et en second de la Cocotte, se rendra samedi prochain à Bougival par le départ de quatre heures et demie du chemin de fer de la rive droite. Arrivé à Bougival, il se fera reconnaître par le capitaine de la Grenouille, qui le priera de manger la soupe qui sera sur la table à six précises chez Sousent. Il y rencontrera les nommés d'Arcy, Français, Leleux et Baron, ainsi que le susdit capitaine. Il se coucheras de très bonne heure afin d'être porté de même et d'arriver le plutôt possible dans la journée du dimanche en vue du cap de Bellevue. »

•s- 1617-5- BIDA (Alexandre), célèbre dessinateur, élève d'Eugène Delacroix, qui a illustré l'Ancien Testament et les Évangiles, n. àToulouse, 181 3.

L. A. S. à un critique d'art; Paris, i5 mars 1867, 2 p. 1/2 in-8. Jolie et curieuse pièce. — P. photographié avec signature autographe.

Très intéressante lettre dans laquelle Bida le remercie de son article sur ses illustrations des Evangiles et d'avoir compris que, vu la connaissance si répandue des mœurs de l'Orient, on ne pouvait avoir actuellement recours, pour une traduction des Evangiles, aux formules, admirables sans doute, mais toutes de fantaisie, des anciens maitres.

4- 1618 * VIOLLET LE DUC (Eugène-Emmanuel), grand architecte, le savant restaurateur de Notre-Dame de Paris et du château de Pierrefonds, non moins célèbre par son Dictionnaire raisonné de l'architecture française, qui est devenu classique, n. à Paris, 27 janvier 18 14, m. près de Lausanne (Suisse), 17 septembre 1879. i° Quatre dessins à la plume; (Paris, 1857 et 1 858), 3 p. in-fol. et 1 p. in-8. — P. photographié.

Ces dessins, faits pendant les séances du Comité des travaux historiques, représentent les sujets suivants : i» Portrait de Bethsabée; — 2° Plan du palais des Papes à Avignon ; — 3° Terre cuite représentant le roi David, trouvée à Hlami Karahbah, près de Jérusalem; — 4» Peigne de Bethsabée trouvé et publié par la Société des antiquaires de Jérusalem; — 5» Façade de la maison d'Urie découverte par la Société des antiquaires de Jérusalem.

20 P. S.; Gompiègne, 16 novembre 1857, 2 p. 1/2 in-4. Superbe pièce. (Coll. B. Fillon.)

Intéressant document contenant l'estimation sommaire des travaux à exécuter pour la restauration du château de Pierrefonds. Ce devis, qui fut bien dépassé, s'élève à la somme de quatorze cent trente-huit mille neuf cents francs.

3° L. A. S. à un écrivain; Paris, 28 novembre 1872, 8 p. in-8. Magnifique pièce. (Coll.B. Fillon.)

Lettre du plus haut intérêt ou il s'efforce de démontrer l'inutilité des manufactures de Sèvres et des Gobelins. Sous Louis XIV elles pouvaient avoir leur raison d'être, mais il n'en est pas de même actuellement, qu'on fabrique à Beauvais des tapisseries aussi belles que celles des Gobelins et qui reviennent six fois moins cher, et à Limoges des porcelaines égales à celles de Sèvres. « L'inconvénient principal, à mon avis, de ces établissements soutenus par l'Etat, .est de donner un brevet de perfection à des objets d'un ordre souvent très inférieur. Il ne doit pas plus y avoir un art de l'Etat qu'une religion d'État. Le public, surtout en France, est disposé à croire que tout ce qui a l'apostille de l'Etat est irréprochable. Ce n'est pas au public à recevoir les modèles du goût, c'est à lui à les imposer. Donnez-lui des musées faits pour l'étude et non pour amuser des oisifs; donnez-lui de bonnes écoles, et quand il aura appris à voir et à discerner, l'industrie sera bien obligée de faire ce qui lui plaira... L'Etat se fait fabricant f

de porcelaines ou de tapis. Dites-moi. cela n'est-il pas parfaitement ridicule ^ S ' quand tout le monde peut fabriquer des tapis et des porcelaines ?... »

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