‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 244 sur 312 · DE VIOLLET LE DUC · texte numérisé non relu

DE VIOLLET LE DUC

608 PEINTRES ET- SCULPTEURS S. Vlll

4- i6iq -5- CHINTREUIL (Antoine), un de nos peintres de paysage les plus estimés, n. à Pont-de-Vaux (Ain), 5 mai 1814, m. à Septeuil (Seine-et-Oise), 10 août 1873.

L. A. S. à un critique d'art ; (Paris), 20 mai i863, 1 p. in-8. Très jolie et intéressante pièce.

Belle lettre dans laquelle Cliintreuil remercie chaleureusement k critique d'avoir parlé de lui à l'occasion du refus de ses œuvres au Salon. « Je n'ai heureusement que l'ambition de bien faire en mon art et je suis toujours reconnaissant lorsque des hommes de votre importance veulent bien s'occuper de moi. Mes tableaux étaient mieux chez moi qu'au Salon. Quoi qu'il en soit, un peu découragé lors de mon refus, j'ai repris peu à peu courage et j'espère bien me relever à la prochaine exposition. »

1620 -s- CAVELIER (Pierre-Jules), un des maîtres de la sculpture moderne, élève de David d'Angers, membre de l'Institut (i865), n. à Paris, 3o août 1814. Sa superbe statue de Pénélope endormie, exposée en 1849, a fondé sa réputation.

i° P. S., sig. aussi par le sculpteur Cortot ; Paris, 1 5 avril 1841 , 3/4 de p. in-4. — P. photographié.

Reçu de cinquante francs pour le prix partagé de la tète d'expression qu'il a obtenu dans le concours de sculpture de 1841. — (Cavelier obtint, l'année suivante, le grand prix de sculpture.)

20 L. A. S. à M... ; (Paris), 22 janvier 1859, i p. 1/2 in-8. Jolie pièce. (Coll. B. Fillon.)

Belle lettre relative à une séance que doit lui accorder Horace Vernet (dont il était chargé de faire le buste).

4~ 162 1 * FRANÇAIS (François-Louis), grand peintre de paysage, lithographe d'un rare mérite, élève et émule de Corot, n. à Plombières (Vosges), 17 novembre 18 14. Son admirable toile représentant un Soleil couchant est au musée du Luxembourg.

L. A. S. à Philippe Burty; Paris, i5 mai 1876, 3 p. in-8. (Coll. B. Fillon.) — P. photographié.

Très remarquable lettre sur le sculpteur franc-comtois Bardey, auteur du Barbier du roi Midas. C'était un excellent musicien, qui avait remporté au Conservatoire le premier prix de cor et faisait partie de l'orchestre des Italiens. « Il gagnait sa vie dans la soirée depuis quelques années et employait ses journées à sculpter. A ce double travail il est devenu poitrinaire. — A la fin de l'été dernier, en proie au plus grand découragement, ne pouvant plus jouer du cor, il a trouvé, dans son modèle habituel Giaconnelli, la suprême ressource. Ce brave garçon lui a donné, depuis cette époque, la moitié de son temps, employant l'autre à gagner son pain. Non seulement il lui a posé cette belle figure qui est au Salon, mais il lui a prodigué les soins les plus assidus et les plus délicats, lui fournissant, à son insu, du charbon pendant l'hiver, le nourrissant un tiers du temps. En un mot, il l'a soutenu en vie jusqu'au moment de l'achève ment de sa statue. Le lendemain du jour où Bardey l'a conduite au Salon, plein d'espoir et de joie, il est mort. La conduite de Giaconnelli mérite les plus grands éloges ; son dévouement a été complet et a excité l'admira tion dans tout l'entourage du pauvre artiste, mort à la peine. »

S. vin

GRAVEURS ET ARCHITECTES

4- 1622 •* MEISSONIER (Jean-Louis-Ernest), un des plus illustres chefs de notre école moderne de peinture, membre de l'Institut (1861), n. à Lyon, 21 février 181 5.

Pièce autographe; (Paris, 1848), 1 p. in-4. Belle et intéressante pièce. — P. photographié.

Très curieux document. C'est une note écrite par Meissonier et signée par Chevallon, Terrien, Degousëe et Recurt. Elle est ainsi conçue : « Ernest Meissonier se porte candidat dans le département de Seine-et-Oise. Comme artiste, on connaît son talent, que ses confrères viennent de consacrer en nommant Meissonier, à l'unanimité, membre du jury de l'Exposition. Comme citoyen, il a fait aussi ses preuves. En 1845 il repoussait énergiquement les instances personnelles de M. Guizot qui lui demandait le dessin de la médaille commémorative de son voyage à Gand. Le 24 février il était sur les barricades, le fusil à la main. Père de famille, il a toujours vécu de son travail et gagné sa vie à la pointe de son pinceau. Lamartine le recommande et voici sa profession de foi. »

* 1623 * MEISSONIER (Jean-Louis-Ernest).

L. S., écrite et signée par Viollet-le-Duc, signée aussi par les peintres Drolling (Michel-Martin, membre de l'Institut, n. à Paris, 1786, m. 1 85 1 ), Hippolyte Lavoignat, Steinheil (Louis-Charles- Auguste, beau-frère de Meissonier, n. 1 814), Pérignon (Alexis, n. à Paris, 1806), Charles Lefebvre (n. à Paris, 180 5), Jules Jollivet (n. à Paris, 1794, m. 1 87 1 ), Emile Waïtier (n. à Paris, 1800, m. 1868), A. Datjzats, Charles Fournier (n. i8o3, m. 1854), Léon Cogniet, Gamen-Dupasquier (Auguste-Claude-François, n. 1811, m. 1 858), Auguste Hesse (membre de l'Institut, n. à Paris, 1795, m. 1869), Tony Johannot, Gustave Chassevent (n. 1818), Thomas Couture, Louis Leroy (n. à Paris, 1812, m. 1 863), Aimé Marquet (n. à Lyon, 1797, m. 1 865), Cibot (Edouard, n. à Paris, 1799, m. 1877). Louis-Aimé de Rudder (n. à Paris, 1807), Armand Leleux (n. à Paris, 181 8), Raymond Balze (n. à Rome, 1818), François Millet, les sculpteurs Geoffroy-Dechaume (Adolphe-Victor, n. à Paris, 1816), Jaley (Léon-Louis-Nicolas, membre de l'Institut, n. à Paris, 1802, m. 1866), Edmond Lévèque (n. 1 8 14), Jean de Bay (n. à Nantes, 1802, m. 1862), Barye, Auguste Préault, les architectes Boesvilvald (Emile, n. à Strasbourg, 181 5), Paul Abadie (membre de l'Institut, n. à Paris, 1812, m. 1884), le lithographe Soulange-Teissier (Louis-Emmanuel, n. 1814), etc., à un ministre du gouvernement provisoire; (Paris, mai 1848), 3 p. pl. in-fol. Superbe pièce.

Précieux document, ou ils exposent que les ouvriers mouleurs de Paris, étant sans ouvrage, sont obligés de travailler aux ateliers nationaux et dépensent ainsi, en pure perte, des forces, une intelligence et des fonds qui pourraient être plus utilement employés. Ils proposent, en conséquence, la création, déjà depuis longtemps souhaitée, d'un musée de moulages, dans lequel les chefs-d'œuvre si nombreux de notre sculpture nationale pourraient être réunis, classés et étudiés. « Le musée national possède une galerie d'antiques extrêmement riches en originaux et en moulages, mais l'antiquité n'a pas seule produit des chefs-d'œuvre. La France plus qu'aucun autre pays est couverte de monumens de sculpture de la plus grande beauté, justement admirés de tous. Ces monumens, par leur position, par leur éloignement des grands centres d'études, ne peuvent être dessinés facilement. Nous venons donc ici, dans l'intérêt de l'art et des artistes, dans l'intérêt des ouvriers mouleurs, demander l'organisation d'un atelier national de moulage dans le but de former une collection de sculptures nationales disposée pour l'étude et les recherches. » — (Cette pièce, on le voit, est du plus grand intérêt)

*- 1624* MEISSONIER (Jean-Louis-Ernest).

P. A. S.; (Paris, i858), 18 p. petit in-4, écrites à mi-marge. Superbe pièce, d'un grand intérêt.

Important mémoire ou il fait l'historique de ses rapports avec un marchand de tableaux de Londres, nommé Blanchard, qui a frauduleusement publié la gravure de ses Joueurs d'échecs. Très intéressants détails sur la vente de son tableau de La Confidence, que M. Blanchard refusa de prendre, sous le prétexte que cette toile figurait à l'Exposition de 1S57, mais en réalité parce qu'il venait d'acheter Le Duel de Pierrot de Gérôme. — On trouve dans cette pièce le passage suivant, qui mérite d'être cité : « Les tableaux ont ce malheur, qu'on sait bien quand on les commence, mais pas du tout quand on les finira. On croit être bien sûr qu'il faudra tant de temps, et l'on se trompe toujours, et quant à moi je suis sur ce point incorrigible, malgré la bonne foi de ma promesse, malgré que je sois le plus assidu travailleur possible, je suis toujours en défaut. »

* i625 * MEISSONIER (Jean-Louis-Ernest).

L. A. S. au célèbre peintre paysagiste Auguste Anastasi (n. à Paris le i5 novembre 1820, atteint de cécité en 1869), 1 p. in-8, cachet représentant une tête de Socrate. Très jolie et remarquable pièce. (Coll. B. Fillon.)

Intéressante lettre. « Corot m'a dit que vous aviez depuis longtemps mon petit tableau. Seriez-vous assez bon pour le remettre au porteur ? Ma femme part pour la campagne dans quelques jours et serait bien désireuse de le voir et d'en jouir un peu avant son départ. »

Page 1