‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 253 sur 312 · LETTRE DE CARPEAUX · texte numérisé non relu

LETTRE DE CARPEAUX

— FRAGMENT

Numéro 1680.

PEINTRES ET- SCULPTEURS

1 683 + LALANNE (François-Antoine-Maxime), habile dessinateur et graveur, élève de Jean Gigoux, un de nos meilleurs aquafortistes, auteur d'une admirable suite de grandes vues de Paris et de superbes fusains, n. à Bordeaux, 27 novembre 1827. Cet artiste a publié plusieurs ouvrages techniques dont le plus célèbre est le Traité de gravure à Veau-forte ; son traité sur le Fusain est aussi très estimé.

i° Dessin au crayon représentant une des vieilles rues si pittoresques de Vitré en Bretagne, 1 p. in-4.

rapportés de ses voyages.

Jolie pièce. C'est un des nombreux croquis que Maxime Lalanne

2° L. A. S. (à Philippe Burty, qui venait de fonder la Société des Aquafortistes, dont le siège était chez l'éditeur Cadart); Bordeaux, 21 septembre 1 863, 4 p. pl. in-4. (Coll. B. Fillon.)

Très belle lettre où il raconte qu'il a eu, la veille, la plus agréable entrevue avec le roi de Portugal don Fernando, auquel il a montré un recueil de ses eaux-fortes. « Quand le roi est arrivé à ma dernière planche, il m'a dit: Moi aussi, je veux vous donner une eau-forte pour votre société; à monarrivée à Lisbonne, jevous en ferai une. J'en ai fait une centaine, mais si le roi de Suède et la princesse Mathilde vous en donnent aussi, je crains bien d'être le moins fort des trois. Il fumait et semblait prendra le plus grand plaisir à causer art. Je suis content de parler eau-forte, me disait-il, et je vous remercie beaucoup de votre collection, qui m'accompagnera. Nous nous sommes entendus pour l'envoi de sa planche. Il a été décidé qu'il m'enverrait son cuivre et que je le lui retournerais avec une épreuve si on jugeait à propos qu'il dût y retoucher. C'est lui-même qui a désiré qu'il en fut ainsi. » Il dit qu'il a vu le lendemain matin le comte d'Afoz, l'aide de camp du roi : « Il m'a dit qu'après mon départ, le roi avait montré mon portefeuille à sa suite ■ et avait été très satisfait. J'oubliais de vous dire que j'ai demandé au roi la permission de lui envoyer à Lisbonne la suite de ce que je pourrais faire, à quoi il y a obtempéré. Il m'a reçu avec la meilleure grâce du monde et est on ne peut plus disposé à nous être favorable. Le roi a écrit sur l'eau-forte et sur les procédés mécaniques, les vernis à employer, etc. Il a fait, m'a-t-il dit, une centaine de planches. C'est un homme grand, un peu maigre, plein de bonté; quand je lui ai dit qu'il était difficile d'aborder les souverains, il m'a répondu que l'art égalisait les positions et que du reste on s'en fesait généralement de loin des fantômes, et il s'est mis à sourire. Je suis très satisfait de ma journée, je vous assure. Le comte d'Afoz est un brave militaire; il est lieutenantgénéral, peut avoir une cinquantaine d'années, et lorsque je lui ai demandé si mes envois devaient lui être adressés, il m'a répondu : Envoyez directement au Roi; vous serez en correspondance ensemble ; ayez à faire directement à lui... » — (Maxime Lalanne avait été, avec Philippe Burty, un des fondateurs de la Société des aquafortistes.)

S. vin

GRAVEURS ET ARCHITECTES

* 1684 * VEYRASSAT (Jules-Jacques), célèbre peintre de paysage et aquafortiste, dont les œuvres sont très recherchées des amateurs, n. à Paris, 12 avril 1828.

L. A. S. à un critique d'art ; (Paris), 3 février 1870, 1 p. in-8. Très jolie pièce.

Belle lettre dans laquelle Veyrassat remercie en termes charmants le critique du bienveillant article que celui-ci a consacré à une de ses eaux-fortes. « J'ai reçu seulement ces jours derniers !e volume de M. Lièvre, dans lequel volume vous avez eu la bonté d'écrire un charmant article sur la pauvre petite eau-forte que je lui ai donnée. Je vous remercie de tout cœur de la façon bienveillante dont vous me traitez et je suis très fier de votre suffrage. A l'avenir je ferai tous mes efforts pour mériter de nouveaux éloges de votre part

Si vous vouliez me faire un jour l'honneur d'une visite, vous jugeriez plus complètement mes galettes dans l'atelier, et comme voici venir le Salon, je vous demanderais des conseils. »

i685 * DELAUNAY (Jules-Elie), célèbre peintre d'histoire et de portraits, auteur de peintures murales dans la chapelle du couvent de la Visitation à Nantes et dans l'église de la Trinité, membre de l'Institut (187g), n. à Nantes, 12 juin 1828.

L. A. S. (à son ami M . Dore', président de la commission des beauxarts, à Nantes); Paris, 1 o octobre 1872 ,2 p. 1/2 in-8, papier de deuil.

Très jolie et très intéressante lettre. — P.

photographié.

Belle lettre sur l'organisation d'une exposition des Beaux-Arts à Nantes. 11 a obtenu des tableaux d'Eugène Leroux, d'Emile Lévy et de Fromentin. Il ne faut pas compter sur le second tableau de Bonnat, ni sur le Moïse etV Oreste de Cabanel.

y^jb Sx/

4- 1686 * GIACOMOTTI (Félix-Henri), peintre d'histoire et de portraits, qui a fait un panneau décoratif pour le musée du Luxembourg, n. à Quingey (Doubs), 19 novembre 1828. Cet excellent artiste est né de parents d'origine italienne.

L. A. S. au peintre Bouguereau; (Paris), mercredi 24 mai 1876, 2 p. 1/2 in-8. Très jolie pièce.

Très belle lettre dans laquelle Giacomotti recommande à Bouguereau les tableaux de leur ancien camarade Bavoux, qui est paralysé depuis plusieurs années. Cet artiste faisait autrefois des paysages, mais depuis sa maladie il s'est mis aux natures mortes et peint particulièrement des raisins. « Maintenant il voudrait une médaille, car il redoute l'avenir pour son mal, et il a cinquante-trois ans. Ce serait un grand bonheur pour lui et une bonne note pour le débit de ses tableaux. » — (Charles-Jules-Nestor Bavoux, né à Lac-au-Villers, département du Doubs, le 27 janvier 182^, peintre, élève de Picot, a surtout reproduit les sites de son pays natal. Il est fixé à Besançon.)

PEINTRES ET- SCULPTEURS

S. vin

4- 1687 * BAUDRY (Paul-Jacques-Aimé), un des plus célèbres peintres de l'école contemporaine, l'admirable décorateur du foyer du nouvel Opéra, membre de l'Institut (1870), n. à La Roche-sur-Yon (Vendée), 7 novembre 1828. Son beau tableau représentant La Fortune et le jeune enfant est conservé dans le musée du Luxembourg. Ce grand artiste a fait aussi de superbes portraits.

i° L. A. S. (à son ami M. Philippe Doré, à Nantes); (Paris, i86i),2 p. in-18. Très jolie pièce. — P. photographié.

Jolie lettre où il lui donne l'adresse du graveur Soumy (né au Puy en 1 83 1 , mort par suicide en 1 863.) Il ne sait s'il pourra envoyer un tableau à l'exposition de Nantes. « Si par bonheur l'Etat m'achetait Charlotte Corday, je demanderais de l'envoyer à l'exposition nantaise, s'il y a moyen. »

2° L. A. S. à Albert Goupil; Paris, 12 juillet 1878, 1 p. in-8. Jolie pièce.

Il le prie de lui renvoyer de suite ses deux tableaux, la Fellah et la Diane, dont il a besoin.

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