BAUDRY (Paul-Jacques
L. A. S. à M. Tessier (professeur de Fontenay-le-Comte); Bordeaux, 17 mai 1 p. 1/2 in-8. Très belle et très intéressante pièce.
Lettre des plus remarquables ou il mande qu'il est sorti de ce malheureux Paris avec son frère, après avoir enduré toutes les privations et toutes les souffrances physiques et morales. Son frère (Ambroise Baudry, architecte distingué, né en 1 838) est parti pour l'Egypte. « Pour moi, je suis comme un corps sans âme. Je pense sans cesse à cette horrible guerre, à notre ineptie, aux courages, aux dévouements gaspillés, à l'infâme brigandage de ces odieux Allemands, et j'ai la tête et le cœur pleins de mauvaises et violentes pensées. Vous avez su les pertes qu'a subi la pauvre France. A Paris ce sont les plus braves, les plus intelligents qui ont été frappés. Vous avez su la mort d'Henri Regnault. J'en connais sept ou huit qui sont restés sur nos misérables champs de bataille autour de Paris. C'est un peu par hasard que mon frère soit encore de ce monde. Il a été à dix combats. C'est un brave et intrépide cœur qui n'a pas démenti, je vous jure, la vieille réputation des Vendéens. Pour moi, mon rôle a été des plus modestes, mais j'ai passé deux mois de cet horrible hiver dans les tranchées, à deux kilomètres de ces odieux Prussiens. J'aurais voulu y rester, tellement j'étais désespéré et malheureux. Enfin Dieu me fera peut-être la grâce d'assister à la revanche et d'y prendre une part plus active. Cette espérance m'aidera à vivre et me fait supporter nos douleurs présentes qui me déchirent le cœur. Je vous serre bien affectueusement la main. Ecrivezmoi un mot à La Roche-sur-Yon, où je vais aller en quittant Bordeaux. Je suis ici avec Edmond About. »
*■ 1689 4- VAUDREMER (Joseph- Auguste- Emile), savant architecte, élève de Blouet, l'habile constructeur de l'église Saint-Pierre de Montrouge et de l'église Notre-Dame à Auteuil, membre de l'Institut (1879), ri. à Paris, G février 1829. On lui doit aussi le monument commémoratif de la bataille de Champigny.
L. A. S. (à M. Arsène Charier, architecte à Fontenay-le-Comte, son élève et son ami, n. à Noirmoutiers en 1828); Paris, 24 mars 1871, 4 p. pl. in-12. (Coll. B. Fillon.) — P. photographié.
Épître des plus curieuses sur les débuts de la Commune. Il espère qu'on parviendra à une entente. « Malheureusement la droite est d'une intolérance inqualifiable ; elle n'a nullement le sens de la situation; l'esprit gothique, clérical et monarchique y domine à l'exclusion de tout sentiment libéral. Nous ne ferons jamais rien avec ces gens-là. Us sont en très grande partie cause du désarroi qui règne aujourd'hui et nous causeront, je le crains, bien d'autres embarras, jusqu'à ce qu'ils appellent sur nous un désastre, sur eux un désaveu unanime ou la haine du parti contraire. » Tout le monde fuit, mais il est retenu à Paris et ne sait quand il pourra rejoindre sa famille (réfugiée à Fontenay).