LETTRE DE LEON BONNAT — FRAGMENT
Numéro 1700.
LETTRE DE HENRI CHAPU — FRAGMENT vCcr W—^ -vtA^ va.a^hTl?-**-"—
PEINTRES ET: SCULPTEURS
A. S. à M. Alfred Bovet, à Paris ; Paris, 3o octobre 1884, 5, papier de deuil, enveloppe. Très jolie pièce.
4- 1701 * EHRMANN (François-Emile), peintre, élève de Gleyre, auteur de grandes compositions décoratives d'un style très pur, n. à Strasbourg, 4 septembre 1 833.
i° Dessin représentant la première pensée d'une figure décorative, Le Manuscrit, exposée au Salon de 1 885 et destinée à être exécutée en tapisserie des Gobelins pour la salle Mazarine à la Bibliothèque nationale. Ce croquis est reproduit ci-contre. — 20 L. A. S. à A. Bachelin (le célèbre peintre et écrivain), à Marin ; Paris, 1 3 décembre 1871 , 4 p. pl. in-8.
Très belle lettre. 0 Je commence à être envers vous d'une paresse que vous pourriez m'imputer à oubli, alors que j'ai à vous remercier de votre envoi si amical de l'album (il s'agit de la publication intitulée 1870-1871. Aux frontières, notes et croquis; voyez lettre de Bocion). Sur ce que m'a dit Anker (le peintre), il vous reste peu à souhaiter au succès de votre publication : tous vos compatriotes ont voulu avoir ce souvenir d'événements auxquels personne n'a été indifférent, et vous avez très heureusement frappé ce sujet de préoccupations d'un chacun. C'était la vraie condition d'un succès que vos spirituels croquis, leur variété, leur entrain ont par dessus tout enlevé de haute main; tous mes compliments et bien sentis, car c'est une bonne fortune que de pouvoir féliciter quelqu'un des amis de ce temps plus dur encore aux beaux arts qu'aux engelures... Mais il faut s'occuper, dire ce qu'on a sur le cœur. Je fais un Strasbourg, et tout ce que j'entends dire présage un Salon aussi peuplé que les précédents ; mais qui diable sera là pour acheter tout cela! Encore si notre fièvre était bien guérie, mais point — je parle de celle du pays et de ses médecins, — et nous courons les chances d'un nouvel accès, non pas demain, il est vrai, mais dans un avenir assez rapproché pour donner de l'appréhension. L'espérance est si belle chose et si nécessaire, surtout quand on a roulé tout au fond du fossé, qu'il est au moins pardonnable de songer à en sortir, même avec l'alternative d'y rester enterré. »
3 p. in-
Charmante lettre d'envoi du croquis reproduit au catalogue. « Une espèce particulière de pudeur me gêne plus que vous ne pensez pour ce satané billet dont vous tenez à accompagner ma petite machine. Je ne me charge pas de vous expliquer comme quoi je n'ai pas le moindre embarras à exhiber toute espèce d'études nues ou autres qui encombrent mon portefeuille et que j'aie une si invincible aversion de voir imprimé le moindre bout de prose; cela est, c'est tout ce que j'en sais, par malheur cela ne me dispense pas de vous expliquer le croquis destiné à figurer en si illustre compagnie. Voilà : — Le programme décoratif d'une paroi de la Bibliothèque nationale porte qu'on y mettra deux figures représentant l'Imprimé et le Manuscrit. — C'est ce dernier que j'ai voulu peindre en mettant cette femme accoudée sur un lutrin qui lui sert de chevalet. — Tâchez d'y voir la religieuse ferveur, la rêverie persistante d'un moine passant sa vie à enjoliver de mille rinceaux un de ces énormes volumes dont les bibliothèques nous offrent de merveilleux échantillons; cela se passe sous les arcades d'un cloître du quatorzième siècle — pour indiquer une date que le costume de la Muse ne laisse guère deviner — mais l'allégorie a de ces immunités-là... » Intéressants détails.
+ 1702 -s- CHAPU (Henri-Michel-Antoine), un de nos plus célèbres et habiles sculpteurs, l'auteur de l'admirable figure de la Jeunesse qui orne le monument d'Henri Regnault, membre de l'Institut (1880), n. au Mée (Seine-et-Marne), 29 septembre 1 833i° L. A. S. à Bouguereau (le célèbre peintre) ; (Paris, mercredi 7 mars), 1 p. in-8. — P. photographié.
Il lui recommande le tableau d'un jeune artiste, M. E. Nonclercq, et un camaïeu bleu d'après sa statue de la Jeunesse.
2° L. A. S. au directeur d'un journal d'art; Paris, 5 juin, 2 p. 1/2 in-8. (Coll. B. Fillon.)
Très belle et très intéressante lettre artistique dans laquelle ce grand sculpteur s'excuse de ne pouvoir autoriser la reproduction de sa statue dans la Galette des Beaux-Arts. Il invoque, à l'appui de sa détermination, une mesure générale prise par ses confrères, à laquelle il doit se soumettre, bien qu'elle lui paraisse nuisible aux intérêts des artistes.
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
*- 1703 * MANET (Édouard), peintre, élève de Thomas Couture, le chef de l'école impressionniste, n. à Paris, i833, m. dans la même ville, 3o avril i883. Son tableau Le bon Bock est populaire. Edouard Manet était également un aquafortiste distingué. i° L. A. S. à Charles Asselineau (le savant bibliographe), 1 p. in-8. — P. photographié.
Jolie lettre dans laquelle Edouard Manet lui mande qu'il peut garder ses gravures, si elles lui sont agréables. « Je vous envoie une petite silhouette de Baudelaire (le célèbre poète), qui me semble le rendre assez. »
2° L. A. S. à un rédacteur du Figaro; (Paris), vendredi matin, 1 p. in- 18.
Très jolie et intéressante pièce.
Belle lettre dans laquelle Edouard Manet le remercie d'un article paru dans le Figaro et qui, par ce vilain temps triste, l'a remis en belle humeur.
* 1704 -* GAILLARD (Claude-Ferdinand), peintre et graveur, élève de Léon Cogniet, qui excelle dans la reproduction de la figure humaine, n. à Paris, 7 janvier 1834. Il a peint un grand nombre de portraits, dont le plus célèbre est celui du pape Léon XIII. Dans la gravure il s'est illustré par des reproductions de maîtres anciens et par des portraits parmi lesquels on cite surtout ceux de Pie IX et de l'évêque Pie.
L. A. S. (à Louis Gonse, directeur de la Galette des Beaux-Arts); Paris, 3 mars 1879, 2 P- in-8. Très jolie et intéressante pièce. (Coll. B. Fillon.)
Belle lettre dans laquelle Gaillard le remercie de son article sur sa gravure du portrait de l'évêque de Poitiers Pie. « Je vous en remercie aussi pour l'évêque et pour l'éditeur. »
■5- 1705 + BARTHOLDI (Frédéric-Auguste), éminent sculpteur, l'auteur du magnifique Lion de Belfort et de la colossale statue de la Liberté, destinée à l'entrée du port de New-York, n. à Colmar, 2 avril 1834.
L. A. S. à M. Louis de Baër, à Stuttgart; Paris, 12 mai 1 858, 1 p. 3/4 in-8, enveloppe. Jolie pièce
Belle lettre d'envoi de la photographie de son projet de fontaine pour la place des Quinconces, à Bordeaux. — La photographie, qui porte la signature de Bartholdi, est jointe à la lettre.
*- 1706* HIOLLE (Ernest-Eugène), sculpteur, élève de Jouffroy, célèbre par la grâce et par le charme de ses œuvres, n On compte parmi ses plus belles productions Narcisse et Arion. Cet éminent artiste a fait aussi des bustes très estimés, et notamment ceux de Robert-Fleury, Viollet-le-Duc, Chenavard et Carpeaux.
L. A. S. à M. Destable (inspecteur de l'école des Beaux-Arts); Paris, i3 mars i885, 1 p. in-8.
Il le prie de prévenir les élèves de son cours qu'il ne pourra aller corriger leurs compositions que le lendemain.
à Valenciennes (Nord), 5 mai 1834.
PEINTRES ET SCULPTEURS
S. vtii
* 1707 f FANTIN LATOUR (Ignace-Henri-Jean-Théodore), peintre, un- des chefs de l'école réaliste, disciple de Gustave Courbet, n. à Grenoble, 14 janvier 1 836. Il signala ses débuts par Y Hom-
mage à Delacroix. Il a peint, dessiné ou lithographié une allégorie en l'honneur de Berlioz, des Souvenirs de Bayreuth, le Festival de Richard Wagner, les Scènes du Rheingold, etc. Il a obtenu, au Salon de 1 885 , un grand succès avec une composition qui réunit sur une même toile les chefs de l'école wagnérienne à Paris.
i° L. A. S. au peintre Fernand Calmettes (son collègue du comité Eugène Delacroix); (Paris), 14 avril 1 885, 1 p. in-8. Très jolie pièce.
Belle lettre. « Depuis notre dernière conversation, j'ai beaucoup pensé au monument Delacroix et de plus en plus Dalou me parait celui qui ferait l'œuvre la plus intéressante. » — (En avril 1884, un groupe d'artistes et d'admirateurs de Delacroix forma, sous la présidence de M. Auguste Vacquerie, l'éminent publiciste, un comité pour élever un monument à la mémoire d'Eugène Delacroix. Une souscription fut ouverte, une exposition des œuvres d'Eugène Delacroix fut organisée à l'école des Beaux-Arts, et le produit de l'une, et de l'autre s'élevait, en avril 1 885 , à la somme de plus de quatre-vingt mille francs, devant être affectés à l'érection du monument. C'est dans ces circonstances qu'au moment de choisir le statuaire qui serait chargé de ce grand travail, M. Fantin-Latour a écrit la présente lettre. Peu de temps après, Dalou réunit les suffrages du comité et fut chargé d'exécuter le monument.)
2" Dessin à la plume avec dédicace de trois lignes autographes à M. Alfred Bovet et représentant Y Evocation d'Erda.
C'est le croquis d'un frontispice destiné à la Revue Wagnérienne que dirige depuis quelques mois M. Duchemin.
-: 1708 * DELAPLANCHE (Eugène), sculpteur du plus rare talent, auquel on doit deux belles statues pour le fronton de l'Opéra, n. à Belleville (Seine), 28 février i836.
L. A. S. (au sculpteur Jules Dalou, dont il était le correspondant pendant le séjour de celui-ci à Londres); dimanche 23 novembre 1879, 2 p. 1/2 in-32. Très jolie pièce. — P.
Ëpitre amicale dans laquelle il lui promet l'envoi des journaux qui donneront un compte rendu du concours de la défense de Paris. « Je fais un buste a^rès décès et d'après photographie; je restaure un plâtre de ma Musique (statue exposée au Salon de 1877); je cherche des esquisses avec un modèle femme, bien entendu; je ne coupe pas dans l'autre sexe