SUISSE
4- 1886 •* KELLER (Johann-Balthasar), célèbre fondeur et ciseleur en bronze, qui
a dirigé la fonte de la plupart des statues exécutées pour l'embellissement de Paris
et de Versailles à la fin du dix-septième siècle, n. à Zurich, 1 638, m. 1702.
L. A. S., en français, à la princesse d'Epinay; Paris, 2 novembre ibyo, 1/2 p. in-fol. Très rare.
Intéressant document historique. Il lui demande la permission de continuer à faire travailler le moulin qu'il a fait faire proche la fonderie à Douai « pour laver et raffiner les menus métaux qui se trouvent dans les terres de ladite fonderie. » — (L'ère de la grande fonderie commença sous Louis XIV, et elle reçut des frères Keller son plus grand éclat, écrit l'un de ses biographes. Jean-Balthasar Keller fut appelé à Paris par son frère ainé, Jean-Jacques, fondeur de canons; il avait appris le métier d'orfèvre et montrait beaucoup de goût pour les arts du dessin: il s'appliqua à la fonte des statues et y réussit admirablement. Les jardins de Versailles et des Tuileries sont ornées de nombreuses statues fondues par Keller.)
-> 1887 * KELLER (Johann-Balthasar).
P. A. S., en français, sur vélin; Paris, 16 juillet 1698, r- p. in-8 oblong. Très jolie et rare pièce.
Balthasar Keller, commissaire général des fontes de l'artillerie de France, donne quittance de trois cent soixante-quinze livres pour un semestre d'une rente constituée sur les aides et gabelles de la ville de Paris par contrat du 2 juillet 1682.
4- 1 888 GESSNER (Salomon), le célèbre poète, paysagiste de talent et surtout graveur d'un rare mérite, dont les planches et les eaux-fortes sont dignes des premiers maîtres, n. à Zurich, i avril 1730, m. dans la même ville, 2 mars 1787. L. A. S. à M.... ; Zurich, i3 septembre 1772, 3 p. in-4. (Coll. B. Fillon et Dubrunfaut.) — P.
Très intéressante lettre relative à la traduction française de ses nouvelles Poésies. Il a chargé de ce soin M. Meister, qui a du goût et comprend parfaitement les deux langues.
Celui-ci a soumis son travail à MM. Suard, Diderot et . /» '">V* ^
Watelet. Il faut maintenant faire illustrer ces poésies €^*^tA ^* *• *■ "* ' <=^^*-yG~&,^ZP'9~-*"
de vignettes de Fuessli. Il lui parle avec éloge de son * élève, le graveur Hakert ; il a vit avec plaisir ses travaux.
4 1889 ■* MECHEL (Christian von), graveur estimé, élève de Wille, ami de Winc-
kelmann, membre de l'Académie de Berlin, n. à Bàle, 4 avril 1737, m. à Berlin, 1817.
L. A. S. au libraire Gôschen, à Leipzig; Berlin, 14 janvier 1810, 2 p. in-4. Belle pièce. — P.
Intéressante lettre. Ayant, dit-il, pendant le cours d'une longue carrière artistique beaucoup voyagé et eu bien des occasions de voir nombre de choses curieuses dont il a pris des dessins, il a réussi à rassembler ainsi des matériaux d'un haut intérêt. Il offre à Gôschen de lui céder une planche représentant la main de fer
de Goetz de Berlichingen, qu'il a gravée d'après un dessin fait d'après /7) \ /? r /yZf j l'original qui se trouve à Saxthausen en Franconie, chez les descendants ^ XjZyfyy; il-^^ /fA^L^~^f 1^ de l'illustre homme de guerre. Son dessin reproduit tous les détails du S yp' —
merveilleux mécanisme de la main de fer. Intéressants détails à ce sujet. (y
4- 1890 4- KAUFFMANN (Maria- Anna- Angelica-Catarina), femme peintre, qui a joui de son temps d'une grande célébrité, n. à Coire (Grisons), 3o octobre 1741, m. à Rome, 9 novembre 1807. Sa peinture est agréable, mais trop souvent maniérée.
L. A. S., enitalien,à Raphaël Morghen (le célèbre graveur); Rome, 26 avril 1806, 1 p. in-4, cachet. — P.
Superbe lettre de remerciments de l'envoi d'une de ses gravures. » Gradisca dunque li miei più distinti ringraziamenti per taie gentilezza e per la memoria che di me conserva. »
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S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES
* 1891 + FUSELI (Johann-Heinrich Fuessli, dit), artiste célèbre, qui se fixa en Angleterre vers 1 776, succéda à West comme directeur de l'Académie des Beaux-Arts à Londres, et prit rang parmi les peintres les plus distingués de l'époque, n. à Zurich, 1742, m. à Londres, 16 avril 1825.
L. A. S., en anglais (à son voisin et vieil ami M. Carlesright) ; Londres, 19 octobre 1822, 1 p. in-8.
Joli billet écrit à l'âge de quatre-vingts ans. Etant retenu chez lui par une attaque de rhumatisme, il regrette vivement de ne pouvoir accepter l'invitation à diner de son vieil ami M. Carlesright.
4- 1892 ■* DROZ (Jean-Pierre), célèbre graveur en médailles, directeur de la Monnaie de Paris, n. à la Chaux-de-Fonds, 1746, m. à Paris, 23 mars 1823. Il s'occupa de perfectionnements et d'inventions pour le mon- /> j a //.
nayage. Il est l'auteur d'un balancier remarquable. Q/^J^^f^ ^muu^
i° L. A. S. à Claude-Pierre Molard (ingénieur-mécanicien, membrede l'Académie des sciences, n. 1759, m. 1837); (Paris), JOs^d 7 messidor an X (26 juin 1802), 3/4 de p. in-8. (Coll. B. Fillon.) 1/ ^ a&/
Jolie lettre d'envoi des différents papiers qu'il lui a promis et du rapport de l'Institut sur sa pompe à feu. Très intéressants détails à ce sujet.
2° P. A., à la troisième personne, 4 p. 1/2 in-fol. Superbe pièce du plus grand intérêt.
Description d'une machine ou balancier inventée et perfectionnée par Droz. Il raconte que cette machine, dont l'usage remonte à 1783, lui a servi pour frapper, en 1786, son essai de six livres, et, en 1787, son essai de louis d'or. — (Droz, n'ayant pu faire agréer ses services en France, accepta les offres de Mathieu Boulton, l'associé de Watt, et se rendit à Londres.)
•f^ i8g3 ■* MEYER (Johann-Heinrich), peintre et écrivain sur les arts, ami et conseiller artistique de Goethe, directeur de l'Académie des Beaux-Arts de Weimar (1807), n. à Stàfa (canton de Zurich), 16 mars 1769, m. à Weimar, 14 octobre i832. L. A. S. au professeur Hiïfeland, à Landshut; Weimar, 28 janvier 1816, 2 p. in-4. Belle pièce.
Belle et intéressante lettre. On jouera après-demain en l'honneur de la fête de la grande-duchesse, le réveil d'Epiménide, de Goethe, avec quelques-unes des modifications qu'il y a introduites; le maitre de chapelle Weber de Berlin (Bernhard- Anselm Weber, maître de chapelle du roi de Prusse, n. 1766, m. 1821) est venu lui-même pour diriger la musique qu'il a composée pour cette pièce. « Autant que je puis en juger elle est très réussie, pleine de charme et d'expression 1
Il parle également du sculpteur Schadow qui est venu à / » (y /"/W Sj&^tf*
Weimar communiquer à Goethe ses projets (plans) pour la /C'/c-£'t/&' statue commémorative qui doit être élevée au prince Blûcher
à Rastadt. Intéressants détails artistiques à ce sujet. V /
4- 1894 * GIRARDET (Abraham), graveur célèbre, dont les planches se distinguent par une grande fermeté de touche et par une harmonie parfaite des teintes, n. au Locle, 1763, m. à Paris, 2 janvier 1823. Parmi ses planches on cite la Transfiguration d'après Raphaël, qui lui a valu le surnom de Girardet la Transfiguration.
L. A. S. à M. Laurent, directeur de la collection des gravures du Musée français; Paris, 19 juillet
1 8 1 3, 1 p. in-4. Très jolie et intéressante pièce. <~?i , > . ^
Très belle lettre d envoi d une épreuve de la statue de Livie a " /> la retouche de laquelle il a travaillé. Il le prie de lui donner un *^4**a*fzf c/^Kj^zàC- s. g*S >
dessin, car il est actuellement sans ouvrage. <L^6é t^^txrcfec
PEINTRES ET: SCULPTEURS
S. vin
* 1895 + TŒPFFER (Adam-Wolfgang), un des meilleurs peintres suisses, quia traité le genre avec un esprit et une touche qui font songer aux maîtres flamands, n. à Genève, 1766, m. dans la même ville, 1847. M était P?re c^e l'illustre conteur.
i° L. A. à sa femme, à Genève, avec un croquis original à la plume, où il s'est représenté luimême en guise de signature; Mornex, jeudi soir, 3 p. in-4, cachet. Très rare.
Très belle lettre toute relative à sa santé et à ses travaux qui sont dérangés par des pluies continuelles, mais, dit-il : « J'ai trouvé des figures et j'en fais à force dans la chambre tant que dure la journée: s'il pleut encore je continuerai, et ne perdrai pas mon temps; j'espère pourtant avoir encore assez de beau pour faire deux ou trois dessins de paysage, si le soleil qui s'est presque toujours tenu caché veut me le permettre. Je suis bien contrarié cette année par la pluie qui me poursuit partout!
2° L. A. à la même, à Genève; Chavannes, vendredi soir, 4 p. pl. in-4. Très intéressante pièce.
Lettre des plus remarquables. « Un jour ne ressemble guerre à l'autre dans la vie, aujourd'hui à la table des grands, demain dans le plus maigre cabaret du pays, mais je suis fait à tout; je suis assez fêté ici.... Point de courage pour l'art, pas plus chez les amateurs ou soi-disant tels que chez bien des gens pour aller au sermon. Cependant l'épaisseur des bois, la beauté des arbres mérite bien que l'on s'y arrête; comme l'on pourrait se perdre dans ses détours; avec quelle volupté j'enfile les endroits les plus jjnoirs et les plus épais, on voit peu d'hommes ici — quel avantage; je voudrais rendre impénétrable aux humains tout le circuit de la forêt — y vivre.... avec toi pourtant, car il faut pour être heureux se garder d'être seul, mais tu ne serais pas comme moi femme à te contenter de gland, et j'en suis bien fâché, car cela dérange mes projets. — Je veux me faire sauvage, également je le deviens, ce sera seulement un peu plus tôt; plût au ciel qu'il me poussa deux pieds de bouc, que je devint satyre, j'abiterais le creux d'un chêne ou le tronc caverneux d'un châtaignier, ma figure ridicule et extraordinaire me séparerait des hommes — en les fuyant je fuirait les vices, les crimes, je romprait avec cette race impie, exécrable, et j'épargnerais à mes yeux le spectacle dégoûtant de leurs turpitudes. Mais j'aurais peur qu'ils m'atrapassent comme une bête rare et qu'enfermé dans une cage on fit voir monsieur le Philosophe pour amuser les badauts et les petits enfants.... »
* 1896 + MEURON (Maximilien de), peintre célèbre, qui par son tableau de YEiger fut l'initiateur de la peinture alpestre, n. à Corcelles-sur-Concise (canton de Vaud), de parents neuchàtelois, 8 septembre 1785, m. à Neuchàtel, 27 février 1868.
i° Croquis à la plume représentant un bouquet d'arbres au bord d'une route. — 20 L. A. S. à Léopold Robert (l'illustre peintre), à Rome; Neuchàtel, i3 juin i83o, 4 p. 1/2 in-4. Superbe pièce.
Précieuse lettre. Meuron donne des conseils et des encouragements paternels à L. Robert, il s'informe avec une touchante sollicitude de ses travaux, et parle de lui-même avec une modestie qui peint la rare noblesse de son caractère. « Vous
me pressez d'aller auprès de vous. Assurément ce seroit bien en vue de vous que cuperoit pas une minute; mais il me sera difficile, pour ne pas dire impossible, de vous aller visiter cette automne. » Il indique les motifs qui l'empêchent de partir et ajoute : « Mais le pis de tout, et c'est un sentiment qui m'affecte, c'est que mon intérêt ou plutôt mon attrait pour la peinture s'arfoiblit beaucoup, et cela parce qu'il me semble que je n'ai plus ni imagination, ni talent. Pour surcroit de découragement je viens d'apprendre que dans une exhibition de Londres, deux grands tableaux que j'y avois envoyés et que le propriétaire y a voulu exposer pour voir le jugement que les amateurs en porteroiem, ces deux tableaux, dis-je, ont été envisagés comme des croûtes... Quoique mon amour-propre n'ait pas là une nourriture bien douce, je n'en tire pas des conséquences décourageantes, je sais que l'empire du goût et de l'habitude influe beaucoup sur les jugemens des amateurs qui souvent ne sont pas très connoisseurs... Si comme vous, mon cher ami (je vous le dis sans compliment), j'avois ce talent de donner de l'âme à mes tableaux et que je visse les amateurs attachés et fixés comme par enchantement à la vue des produits de mes pinceaux, alors je dirois cela en vaut la peine, et je ne craindrois pas d'entreprendre un voyage qui m'avanceroit dans la carrière...! »
'irai à Rome. Sans cela ce projet ne m'oc-