DANEMARK
1880 -s- ALS (Pierre), peintre de portraits et miniaturiste du plus grand mérite, qui étudia et passa une grande partie de sa vie à Rome, n. à Copenhague, 1725, m. 1775.
L. A. S., en français (au célèbre graveur Johann-Georg Wille); Copenhague, 3o juin 1763, 6 p. in-4. Superbe pièce, du plus haut intérêt artistique. Très rare. (Coll. Chateaugiron et A. Sensier.)
Lettre des plus curieuses pour la biographie de cet artiste. Il raconte son arrivée à Copenhague (après un long séjour à Rome). Il a sollicité seulement un logement, mais on n'a pu lui en donner, car tous les appartements autrefois destinés aux artistes sont actuellement occupés par des savants. Il a demandé une avance d'argent, mais il n'a rien pu encore obtenir que des promesses et des compliments. Il a fait plusieurs portraits, entre autres ceux de la baronne de Bernstorf, de Son Excellence de Rabe.de la grande maréchale de Moltke, du prince Frederick et du prince royal, etc. Il n'a pu finir encore que les tètes. « Tous sont réussi de manière qu'on en est extrêmement content. De cela je tirerai peu à peu de l'argent, pour vivre. On me les paie cinquante risdaler la pièce d'un tète sans mains. Pour deux mains je veut le double. C'est pourquoi qu'on se contente presque tous de la tète et ils épargne les mains. » Ha renoncé à son projet de faire un tableau d'histoire pour sa réception à l'Académie ; il se contentera de faire deux portraits grands comme ceux que M. Tocqué et M. Nattier ont envoyés. L'Académie lui a désigné comme personnages MM. Preisler et Jardin; ce travail devra être terminé à la Saint-Michel. Si après cela il ne trouve pas une place à la Cour, il s'en ira chercher fortune ailleurs. A Copenhague la vie et le loyer sont d'un prix très élevé et il ne peut trouver aucun peintre pour l'aider. Il parle ensuite de plusieurs artistes, Wiedeveldt, Jardin, Jolly, Mandelberg, Frankenau, Pilo.
4- 188 1 ■* THORVALDSEN (Albert- Bertel), un des plus grands sculpteurs de ce siècle, rival de Canova, n. à Copenhague, 19 novembre 1770, m. dans la même ville, 24 mars 1844. On lui doit un grand nombre de chefs-d'œuvre incomparables.
L. A. S., en italien, à M....; Rome, 4 juin 1834, 3/4 de p. in-8. Très rare. (Coll. Boilly et Fillon.)
11 mande qu'une légère indisposition l'a empêché de répondre plus tôt à son aimable billet. Il a exactement fait ce qu'il désirait.
LETTRE D'ALBERT THORVALDSEN
Numéro 1 8 8 1 .
PEINTRES ET: SCULPTEURS
S. vin
+■ 1882 * BISSEN (Hermann-Wilhelm), sculpteur célèbre, élève du grand Thor-
valdsen, n. à Silding (Schleswig), i3 octobre 1798, m. à Copenhague, 10 mars 1868.
L. A. S., en allemand; Sienne (Italie), 29 novembre 1 85 3, 2 p. in-8. Rare.
Jolie et amicale lettre dans laquelle Bissen fait part à son correspondant de ses projets de iroyage; il parle également de deux de ses statues. Curieux détails artistiques à ce sujet.
SUEDE
-5- 1 883 -* ROSLIN (Alexandre), célèbre peintre de portraits, qui reproduisit les traits de Louis XVI et de toute la famille royale de France, n. 17 18, m. 1793.
L. A. S., en français (au comte d'Angiviller, surintendant général des bâtiments du roi); Stockholm, 7 octobre 1774, 2 p. 1/2 in-fol. Légère coupure n'atteignant pas le texte. Rare.
Superbe lettre de félicitations de sa nomination aux fonctions de surintendant général des bâtiments du roi. Il fera tous ses efforts pour mériter sa protection. « Si après mon retour vous me jugés digne de faire le portrait en grand de notre auguste et nouveau maître (Louis XVI), je regarderois cette
marque de votre bienveillance comme la récompense / / M s / /f
le plus flatteur qui puisse m'être accordé et termine- /^t?-* A^yZ^yu^C ÇJf rt*C<J
rois ainsi ma carrière qui n aura laisse que d être ho- <-/'-' > ' r ci""r/rwv ' ' «
norable, quoique laborieuse. Monsieur, je suis main- y
tenant occupé à peindre la famille royale de Suède et // J. .y - / *~r jt/ s s je on me fait l'honneur de me désirer à la cour de Saint- {WrC^yJ #^PX/v Y e^TV^Ir C^Cf-f
Pétersbourg, où je me rendrois le printems prochain Jy
sous votre bon plaisir. De là je compte passer à la '
cour de Vienne et vous raporter quelque témoignage // sy -7 /yf
des efforts que j'aurois faits pour mériter votre bien- r/ ' ' y <~/^J veillance. » Intéressantes considérations artistiques.
* 1884 * TIDEMAND (Adolf), peintre célèbre, qui a cultivé le paysage et le genre historique, n. à Mandai (Norvège), 14 août 18 16, m. à Christiania, 24 août 1876.
L. A. S., en allemand, à Boser (Friedrich, peintre de genre, né à Halbau en Silésie en 181 3, mort à Dusseldorf en 1881), à Dusseldorf; Christiania, 9 avril 1849, 1 P- in-4. Très jolie pièce.
Charmante épitre amicale. Il s'excuse d'être resté si longtemps sans écrire. Détails intéressants sur sa famille. Tidemand fait ensuite de très judicieuses réflexions sur la situation politique en Allemagne. « Cela ne va toujours pas bien dans votre bonne Allemagne, toujours pas de solution, pas d'unité, pas même d'union! Vous avez
bien maintenant il est vrai, un empereur, auquel je souhaite de grand cœur de saisir avec ^ — /) décision le vrai moyen de rétablir l'harmonie entre les forces rivales qui se combattent ; Sfir ^f- g^^^f ^^^/^ amis ce résultat est sans doute bien éloigné encore
4- i885 * CHARLES XV, roi de Suède (8 juillet 1859), fils et successeur d'Oscar I, peintre très distingué, n. 3 mai 1826, m. à Malmoë, 18 septembre 1872.
L. A. S., en français, à un ami; 22 mars 1871, 3 p. 3/4 in-8, papier de deuil. Très jolie pièce.
Superbe et noble lettre sur la guerre de 1870. « Quelle paix! mon Dieu, non seulement-terrible, mais en même temps remplie de haine de la part des Allemands. Dieu veuille que vous pouviez vous refaire vite, au moins y commencer sans retard. Je peux vous assurer que ici tout le monde a une très grande sympathie pour votre patrie et que vraiment je puis dire que nous sommes les Français du Nord. Quel affreux gâchis à Paris. Au diable ces socialistes qui gâtent tout, et cela après une défense si hardie, si glorieuse et conduite avec tant d'acharnement. On doit honorer le courage de M. Thiers qui a pu signer la paix avec cette démembrement de la France. Il , , ,,
n'y avait rien affaire dans une telle situation des choses, mais vrai dire, moi je ( tL-^lfi^^t^^f^j^y
n'aurais jamais osé. » Cette lettre fait grand honneur au monarque suédois.
S. vin
GRAVEURS ET ARCHITECTES