FORSTER (François
L. A. S. à M. Landry père, artiste graveur, au Locle (canton de Neuchâtel) ; Paris, 3 février 1862, 2 p. in-8.
Belle lettre par laquelle il le remercie de la médaille de David de Pury que son fils, M. Fritz Landry, lui a fait parvenir. « Je viens vous exprimer ma reconnaissance de ce bon souvenir, et le plaisir que me fait l'examen de ce nouvel ouvrage de votre fils; oui, il y a dans cet ouvrage une exécution d'une franchise et d'une netteté si remarquable, des qualités réelles; il ne me laisse qu'un seul regret, c'est que, contre l'usage, il soit un peu en profil perdu, mais il est vrai que cela lui donne plus d'originalité... En vous réitérant mes remerciements, je vous prie de faire mes compliments à votre fils... »
^ 1901 ~* ROBERT (Louis-Léopold), l'illustre et mélancolique peintre des Moissonneurs et des Pêcheurs de l'Adriatique, n. à la Chaux-de-Fonds, i3 mai 1794, m. par suicide à Venise le 20 mars 1 835 . Élève de Louis David, Léopold Robert s'est fait une place spéciale dans l'école française en peignant le peuple italien avec un sentiment poétique et un style qui n'excluent pas certains côtés de la vérité. Dessin à la sépia rehaussé de gouache, signé; Rome, 1820, in-8. Superbe et rare pièce. — P.
Très intéressant dessin d'une belle ordonnance dans la composition et d'une grande intensité dans l'effet. Il représente l'atrium du palais Borghèse sur les bords du Tibre; on y voit des paysans romains dansant sous les portiques.
1902 -s- ROBERT (Louis-Léopold).
L. A. S. au graveur Ch. Girardet (n. au Locle, 1 780, m. à Versailles, 1 863 , père de Karl, d'Edouard et de Paul Girardet), son maître, à Neuchâtel, et à madame Charles Girardet; Rome, 27 juillet 1822, 3 p. in-4. Cette lettre, signée deux fois, est l'une des plus anciennes connues de Léopold Robert.
Superbe lettre dont voici les passages les plus intéressants : « J'ai des grâces à rendre à Dieu de m'avoir donné jusqu'à cette époque une santé parfaite, et elles sont d'autant plus vives qu'il m'a fait arriver au but que je me proposois depuis si longtemps d'avoir une existence indépendante et de pouvoir montrer l'attachement que j'ai pour ma famille : ce bonheur temporel devroit me rendre heureux, mais je m'apperçois que mon pauvre esprit se tourne quelquefois trop à la misanthropie et à cet état d'indifférence, de froideur pour tout, même dans les sentiments; je me rappelle les impressions vives que j'ai eues, de plaisir ou de peine, de contentement, de bonheur; si elles se représentoient, je crois qu'elles seroient fort différentes. — Quand je me laisse aller à mes réflections, je me compare moralement à des personnes beaucoup plus avancées en âge, même à des vieillards, je m'étonne de leur trouver un caractère plus jeune. — Ne croyez pas cependant que le mien soit sombre et noir, la religion et la raison sont deux grands préservatifs. Si un artiste pouvoit se satisfaire en représentant ce qu'il sent, c'est-à-dire s'il arrivoit à rendre un sujet comme il se présente à son imagination, il seroit bien plus heureux, mais il y a ceci de pénible dans les arts {au moins pour moi) qu'après avoir bien travaillé et que j'arrive au terme d'un travail il finit toujours par m'ennuier et je trouve toujours sur la toile une froideur de sentiment qui me décourage; il faut avouer qu'on a toujours l'espérance en perspective — c'est le plus beau don que la divinité ait fait à l'homme... Il faut vous parler aussi un peu de mes travaux; j'ai fait les figures de plusieurs tableaux, je me propose de faire les fonds à la campagne. — Les artistes qui les ont vu ont trouvé des progrets dans l'exécution, j'avois fait plusieurs
PEINTRES ET: SCULPTEURS
S. vin
tableaux qui tombaient un peu dans le noir (j'aime tellement le sévère); ces derniers ont été trouvé vigoureux et transparents. Ce qui me touche et me charme dans les arts, c'est la sévérité et la naïveté et surtout la simplicité : ce sont trois qualités en peinture que n'ont eu que Raphaël et ses prédécesseurs. » Considérations artistiques d'un grand intérêt.
* Kjo3 + ROBERT (Louis-Léôpold).
L. A. S. au peintre Jakob Ulrich(n. à Zurich, [798, m. 1877), à Paris, 1 p. 1/2 in-8. Très joliepièce.
Kpitre amicale ou il se réjouit des succès obtenus par son ami et qui lui ont été annoncés par M. Marcotte (le Mécène de T.éopold Robert). Il esi occupe à terminer un tableau destine à M. Paturle. (Il s'agit sans doute des Pêcheurs de l'Adriatique.)
-> 1904-5- ROBERT (Louis-Léopold).
L. A. S. au comte d'Argout, ministre du Commerce; Paris, 2 septembre 1 83 1 , 2 p. in-4. Belle pièce.
Superbe lettre par laquelle il déclare qu'ayant reçu des mains de Sa Majesté la décoration de la Légion d'honneur, il se hasarde à lùi recommander M. Charles Girardet. « C'est un artiste dont le génie inventif mérite votre protection, monsieur le Comte, surtout parce qu'il est joint à la probité la plus rare. Je suis plus que personne à même de le savoir, ayant été son élève dans une carrière que j'avois embrassée avant de devenir peintre. » Il le prie donc d'accorder à Girardet l'autorisation d'avoir chez lui une presse lithographique. — (Cf. la lettre de L. Robert à Ch. Girardet, n» 1902).
4 iqc-5 * ROBERT (Louis-Léopold).
P. A. S. de M. Charles Berthoud (professeur, publiciste, critique d'art éminent, n.à Neuchàtel en 181 3, qui, dès la fondation de la Société des Amis des Arts à Neuchàtel, salua ses expositions par des articles dans lesquels il jugea l'art et les artistes avec une grande largeur de sentiment et un style élégant, et étudia plus tard, dans la Galerie suisse dirigée par E. Secrétan, les deux maîtres Léopold Robert et Gleyre), à Auguste Bachelin, à Mann; Gingins, 12 août 1884, 2 p. in-8, enveloppe.
Très belle lettre relative à Léopold Robert. « Revenons, cher Monsieur, puisque vous voulez bien y insister, à l'étude que j ai publiée, il y a quinze ans, sur Léopold Robert. — Sainte-Beuve — de tous les écrivains français celui qui me semble avoir le mieux parlé de Robert — avait lu mon travail et m'avait aimablement engagé à le poursuivre et à le compléter. Mais, déjà alors, « le long espoir et les vastes pensées » n'étaient plus à mon usage, et mon fragment est resté ce qu'il était. C'est à l'occasion d'une correspondance inédite et très précieuse de Robert que l'idée de cet essai m'était venue. Cette correspondance se trouvait à Rome. Mon spirituel ami, Louis Bovet-Wolff, voyageait alors en Italie. Averti par moi. il découvrit le vieux Romain détenteur de ces lettres, et obtint de me les rapporter. Elles sont maintenant à la bibliothèque de Neuchàtel. — Mais que parlé-je ici de Sainte-Beuve et des autographes de Robert, et de moi! J'apprends aujourd'hui même que notre Musée vient de s'enrichir d'une toile importante du peintre des Moissonneurs, et que c'est à votre initiative toujours active et désintéressée, que nous en sommes redevables. Au lieu de vous entretenir de souvenirs personnels qui me sont chers parce qu'ils se rapportent aux pages ou j'aurais voulu taire passer quelque chose du sentiment qui ne me quitta guère en les écrivant, c'est de vous seul qu'il devrait être question aujourd'hui. Mais vous êtes accoutumé à vous oublier pour les autres, et vous ne m'en voudrez pas. Adieu, .le serre la main qui tient tour à tour le pinceau et la plume à laquelle nous .devrons bientôt une sœur de Jean-Louis » (le beau roman de M. A. Bachelin).