LETTRE DE LÉOPOLD ROBERT — FRAGMENT
" r f° ^ ^ Numéro 1904.
PEINTRES ET: SCULPTEURS
S. vin
•s- 1906 * BOVY (Antoine), célèbre graveur en médailles, qui étudia à Paris et y prit peu cà peu la place hors ligne qu'il a occupée dans cette branche de l'art, et qu'il gardera dans l'avenir, n. cà Genève, 14 décembre 1795, m. dans la même ville, 18 septembre 1877. Ses compositions et ses portraits sont également remarquables.
L. A. S. à M. Landry père, au Locle; Paris, 6 mars 1 861, 4 p. pl. in-8. Belle et rare pièce.
Très belle et intéressante lettre dans laquelle Bovy parle à M. Landry de son fils M. Fritz Landry, qui étudiait chez l'illustre graveur à Paris. — Conseils judicieux et considérations basées sur l'expérience. Bovy fait l'éloge des capacités de son élève et déclare qu'il espère en son avenir. — (M. Fritz Landry, qui a signé déjà plusieurs médailles d'un grand mérite, fait beaucoup d'honneur à son maître, dont il a justifié les Hatteuses prédictions.)
*• 1907 •* ULRICH (Hans-Jakob), peintre, qui a traité avec talent le paysage, les marines et les animaux, n. à Zurich, 1798, m. dans la même ville, 17 mars 1877.
L. A. S., en français (au peintre Raymond Brascassat); Zurich, 20 novembre 1864, 4 p. pl. in-8.
Très belle et intéressante lettre. Il lui parle avec enthousiasme d'un séjour qu'il vient de faire en Belgique. « Je me suis arrêté à Bruges, à Anvers et à Bruxelles après avoir quitté les bords de la mer et j'ai revu avec un vrai bonheur les chefs-d'œuvre de nos maîtres flamands; mon Dieu que tout cela est au-dessus des bizarreries, pour ne pas dire plus, de ce que font nos corriphées d'aujourd'hui ; ah j'ai retrempé ma foi en ces grands maîtres et il n'y a pas de danger que je change de religion ; que j'aurois voulu t'avoir à mes côtés en visitant ces magnifiques collections de chefs-d'œuvre flamands ! La Belgique est un paysqui me plait infiniment, on sent que c'est un pays qui est fait pour la peinture ; à Anvers j'étois enchanté du pittoresque qu'offre l'Escaut avec des navires de toute espèce dont les voiles découpent si délicieusement l'horizon; j'ai été ravi de cette ville; que de jolis motifs je trouverois là pour le genre que j'aime... »
* 1908 * IM HOF (Heinrich-Max), célèbre sculpteur, élève de Thorvaldsen à Rome, où il passa la plus grande partie de sa vie, n. à Biirglen (canton d'Uri), mai 1798, m. à Rome, mai [869. Sa belîç statue d'Ère est conservée au musée de Berne.
L. A. S. à M . d'Effinger de Wildegg (Louis-Rodolphe, le digne fondateur de la Société bernoise des Beaux-Arts, n. i8o3, m. 1872), au château de Wildegg; Rome, 14 avril 1847, 3 p. pl. in-4. — P.
Superbe lettre artistique toute relative à ses travaux. Il est sur le point de terminer le modèle de sa Judith, qui a un grand succès, et il compte l'exécuter en marbre, bien qu'il n'ait pas de commande. Cet ouvrage marque, croit-il, un progrès sensible dans son talent. L'année a été mauvaise pour les arts; lui-même et bien d'autres bons artistes n'ont pas reçu une seule commande. Il parle plus loin de la peine que lui a causée la mort de son compatriote Rauch. l'excellent paysagiste, qui vient d'être enlevé dans la fleur de l'âge; de Hauser, qui a vendu au roi de Prusse son grand tableau du Massacre des enfants de Bethléem ; du peintre Buhlmann (l'intelligent collectionneur de l'art suisse), qui excelle dans l'art de reproduire les couchers de soleil. Madame de Rougemont a acheté pour son père M. de Bonstetten le Coucher de soleil à Rome, tableau qui a eu un grand succès auprès des artistes italiens et dont les journaux ont parlé avec éloges, etc.
S. vin