LETTRES DE MADAME RÉCAMIER
F R A G M ENTS
Numéro 2120.
Numéro 2121.
812 FEMMES CÉLÈBRES S. x
4- 2128 ^ FERNIG (Théophile de), une des deux héroïnes qui ont été les aides de camp de Dumouriez pendant la campagne de Jemmapes, n. à Mortagne (Orne), 1779, m. 1 8 1 8. Sa correspondance a été publiée par M. Honoré Bonhomme.
L. A. S. au général Dumouriez; Altona, i5 mars 1795, 3 p. in-4, cachet. (Coll. B. Fillon.)
Curieuse lettre, e'crite au nom des deux sœurs et signée Théophile et Félicité Fernig, au général qu'elles appellent digne et respectable père. Elles se plaignent de son silence. « Dites-nous donc quel est la cause de votre cruel silence envers vos enfans infortunées? Pouriez-vous douter un moment de leur attachement inviolable pour vous... Ah! cher papa, reconnoissez-les (vos enfants); ils sont toujours les mêmes que lorsqu'ils avoient le bonheur de combattre à vos côtés et lorsque vous les faisiés mourir mil fois quand votre trop grand courage vous faisoit oublier votre rang pour encourager vos soldats... n
4-2124 {• RÉMUSAT (Claire-Elisabeth-Jeanne de Vergennes, comtesse de), dame du palais de l'impératrice Joséphine, auteur de piquants Mémoires sur la cour de Napoléon I, mère du célèbre philosophe, n. à Paris, 5 janvier 1780, m. dans la même ville, 16 décembre 1821. Son petit-fils a publié sa correspondance.
L. A. à son mari (le comte Auguste-Laurent de Rémusat, premier chambellan de l'empereur Napoléon 1, n. 1762, m. 1823); (vers i8o5), 1 p. i/|.in-8, papier à entourages gaufrés. Jolie pièce.
Délicieuse épître intime. Elle l'assure de sa tendre affection. Elle est bien à la campagne et serait tout à fait heureuse s'il était près d'elle. Le repos lui fait oublier tout le mouvement de la cour et elle a peine à se rappeler Saint-Cloud. « Charles (son fils) est beau et gentil. Je lui ai donné ce matin sa première leçon de latin et nous avons décliné Musa en pensant à vous, n
* 2125 *■ RÉMUSAT (Claire-Elisabeth-Jeanne de Vergennes, comtesse de).
L. A. S. (au duc Mathieu de Montmorency); Lille, 16 août, 1 p. 1/2 in-8. Rare. (Coll. Villenave.)
Très belle lettre sur la fondation à Lille d'un établissement de dames de charité pour soigner les malades et donner de pieuses instructions aux enfants. Elle sollicite le concours de Mathieu de Montmorency. Intéressants détails à ce sujet.
* 2126 FRY (Elisabeth), célèbre quakeresse, qui eut une grande influence sur les esprits de son temps, surnommée l'Ange de la charité, n. 1780, m. i2octobre 184.5.
L. A. S. à la marquise Colbert de Barol ; Londres, 6 décembre 1820, 2 p. 1/2 in-4. Très belle et curieuse pièce. (Coll. de la marquise de Barol avec notice autographe de Silvio Pellico.) — P.
Superbe lettre. Suivant l'usage des Quakers elle tutoyé sa correspondante qu'elle ne connaît pas. Elle a été très satisfaite du rapport que lui a fait son frère Cunningham sur la prison que dirige la marquise. Elle est sûre qu'elle a trouvé moyen de traiter les prisonnières avec bonté, non avec sévérité. Elle trouve que ces pauvres femmes sont faciles à conduire, mais très difficiles à mener de force. Elle lui conseille d'engager le gouvernement à les séparer des hommes, à leur donner une matrone pour les diriger
et même à leur remettre une partie du produit de leur travail pour les encourager à se bien conduire.