‹ Lettres autographes composant la collection de M. Alfred BovetChapitre 44 sur 312 · ACCUSATEUR PUBLIC · texte numérisé non relu

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RÉVOLUTION FRANÇAISE

*- 295 -* MIRABEAU (H onoré-Gabriel Riquettt, comte de), député de la sénéchaussée d'Aix aux États généraux, le plus grand orateur de l'Assemblée Constituante, n. au Bignon (Seine-et-Marne), 9 mars 1749, m. à Paris, 2 avril 170,1.

L. A. S. « Gabriel » (à Sophie de Monnier) ; (prison deVincennes), 2 3 février 1780 , 1 p. in- 32, cachet. (Coll. Merlin.)—P. de Bonneville.

Charmant billet, ainsi conçu : « Je t'envoie une lettre de Dupont, que tu as pensé faire mourir de peur en lui adressant à l'hôtel de Mirabeau. Écris-lui sous le couvert de M. Turgot, ministre d'Etat, en son hôtel à Paris, et sur la seconde enveloppe l'adresse de Dupont. Nous sommes raccommodés; ainsi fais-lui ta jolie mine, que je baise bien fort jusqu'à la morsure inclusivement. » — (11 s'agit de Dupont de Nemours, célèbre économiste et ami de Turgot.)

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* 296 -c- MIRABEAU (Honoré-Gabriel Riquetti, comte de). L. A. S. à Palissot (le célèbre littérateur); château du Bignon, 27 juin 1781, 1 p. in-4, cachet brisé. — P.

Très belle lettre, dans laquelle il lui demande quand paraîtra son édition de Voltaire. « J'ai toujours pensé, depuis que j'ai su que vous travailliez à un commentaire de ce grand homme, que votre ouvrage mériteroit de beaucoup la préférence sur tous ceux qui auroient le même poète pour objet, parce que vous seul peut-être réunissez les lumières et le courage nécessaires pour énoncer et respecter la vérité dans l'examen des trop nombreux ouvrages d'un écrivain si inégal et si infatigable... »

•5-297-* RENAUDIN (Jean-François), l'héroïque commandant du vaisseau le Vengeur, n. à Saint-Martin-du-Gua (Charente-Inférieure), i3 juillet 1760, m. au même lieu le 1 mai 1809.

P. S., signée aussi par son cousin Mathieu-Cyprien Renaudin (capitaine en second du Vengeur, n. à Saint-Denis, dans l'île d'Oléron, en 1757, m. en 1 836) ; à bord du vaisseau le Vengeur, 7 floréal an II (26 avril 1794), 1 p. petit in-4. (Coll. B. , r^

Fillon') , ssfas/)

Curieuse pièce écrite un mois et quatre jours avant I'im- >/ /~ /s/ /c^t* ^ ^ y

mortel combat du i juin. C'est l'approbation de la fourniture < — -— d'aunes de toiles et d'une table de huit couverts pour le — "^>"^ vaisseau le Vengeur. * —

4- 298 * GRÉGOIRE (Henri), député du clergé lorrain aux États-Généraux, conventionnel, évêque constitutionnel de Blois, qui fit voter l'abolition de la royauté et de l'esclavage et prit la plus grande part à l'organisation de l'instruction publique, n. à Veho (Lorraine), 4 décembre 1750, m. à Paris, 28 avril 1 83 1 .

L. A. S. à Rouget de Lisle, « officier du génie, etc., rue Notre-Dame-des-Victoires, hôtel du Brésil, à Paris » ; Paris, 8 octobre (181 1), 3/4 de p. in-4. — P.

'RÉVOLUTION FRANÇAISE

Charmante épître. « Au moment où je faisois les préparatifs d'un départ|pour un petit voyage, m'est arrivé le poëme charmant la Matinée, du célèbre auteur de la Marseilloise, que j'ai lu avec délices. Les vers en sont beaux, les sentimens exquis; le cœur les a dictés, le génie a écrit. Je ne veux pas retarder le plaisir que goûteront à cette lecture iady Morgan (la célèbre romancière anglaise) et son mari. Jelui envoyé la Matinée. J'y joins l'adresse de l'auteur et je lui annonce en même tems que. si elle publie quelque nouvel ouvrage, elle trouvera dans M. Rouget de Lisle un traducteur qui est lui-même traduit dans toutes les langues des peuples civilisés. » — (Rouget de Lisle habitait Paris depuis 1795 et ne s'occupait plus que de littérature et de musique.)

■5- 2Q9 * VALAZÉ (Gharles-Éléonore du Friche de), député de l'Orne à la Convention, proscrit avec les Girondins, n. à Alençon, 23 janvier ijS'i, m. par suicide à Paris le 3o octobre 1793.

L. A. S. à l'Assemblée nationale; Essay (Orne), 8 août 1790, 3 p. in-fol. (Coll. Gauthier-Lachapelle.) — P. de Bonneville.

Lettre écrite comme maire d'Essay et signée aussi par les officiers municipaux de cette commune. Ils réclament que les assemblées primaires soient rétablies à Essay, contrairement à une décision des commissaires du roi les transportant dans une commune voisine.

* 3oo MANUEL (Pierre-Louis), procureur de la Commune de Paris, auteur de la Bastille dévoilée, n. à Montargis, 17D1, décapité à Paris le 14 novembre 1793.

L. S., signée aussi par Duport-Dutertre (ministre de la justice en novembre 1790, n. en 1754, décapité le 28 octobre 1793), à MM....; (juillet 1790), 1 p. 1/2 in-fol. — P. de Bonneville.

Pièce historique. Ordre de veiller à ce qu'il n'y ait pas de troubles pendant la fête de l'anniversaire de la prise de la Bastille. « Paris a donné au reste du royaume l'exemple de toutes les vertus ; il lui doit encore celui de la discipline et du bon ordre au milieu de la fête la plus populeuse qui fût jamais. Il faut que nos frères d'armes disent, en nous quittant : Nos frères de Paris nous avoient enchantés par leur courage, ils nous ont étonnés par leur sagesse et leur bon ordre... »

•f- 3oi -* SANTERRE (Antoine-Joseph), commandant en chef de la garde nationale parisienne, général en Vendée, n. à Paris, 16 mars 1752, m. dans la même ville, 6 février 1809.

L. A. S. au premier consul Bonaparte; 16 messidor an VIII (5 juillet 1800), 1 p. 3/4 in-4. (Coll. Chambry). — P.

Intéressante lettre où il demande à faire partie de l'armée de réserve. « Je vous ai offert, en vendémiaire an IV, mes services; vous ne les dédaignâtes pas. J'ai presque tout perdu au service de la République. Je ne puis maintenant me passer de vous demander une place. L'on m'a offert le traitement de réforme. J'avais alors de la fortune , je n'ai pas cru devoir être payé sans servir. Depuis, l'on m'a interdit politiquement mon habitation au faubourg Saint-Antoine, ce qui m'a ôté mes ressources commerciales. » Aussi est-il forcé de demander le traitement de réforme, si on ne veut pas l'employer. — Une note de Bourrienne renvoie cette lettre au ministre de la guerre. Carnot a écrit ces mots : « Il a été fait un rapport aux consuls pour sa réforme. » —(Le 28 juillet Bonaparte réintégra Santerre dans les cadres et l'admit à jouir du traitement de réforme affecté à son grade.)

3o2 s- SANTERRE (Antoine-Joseph).

P. S. par les membres des Comités de salut public et de sûreté générale Eue Lacoste, Amar, Dubarran, Louis (du Bas-Rhin), Ruhl, Moïse Bayle, Barère et Vadier; Paris, 10 thermidor an II (28 juillet 1794), 1 p. in-4, vignette, tête imprimée et cachet du Comité de salut public. (Coll. Jacques Charavay.)

Important document, écrit le lendemain du 9 thermidor, et ordonnant la mise en liberté immédiate du général Santerre. —(Santerre avait été arrêté comme orléaniste; il fut , le 3o juillet 1794 , nommé général de division en Vendée.

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