TROISIÈME
SÉRIE
RÉVOLUTION FRANÇAISE
4- 281 <- KELLERMANN (François-Christophe), général en chef de l'armée du Centre, le vainqueur de Valmy (20 novembre 1792), maréchal de l'Empire (1804), n. à Strasbourg, 3o mai 1735, m. 12 septembre 1820.
L. S., avec un post-scriptum de 23 lignes aut. sig. , à Dumouriez; camp de Neuwkirch, 3i mai 1792, 2 p. 1/4 in-fol. — P. de Bonneville.
Il sollicite pour son fils (depuis général de cavalerie) une place près du ministre de France à Philadelphie. « Quant à ma position, ma petite armée de huit mille hommes est dans ma main; depuis huit jours que tout est rassamblé, je m'en auccupe en grand, les intelligences se dévelopent et dans peu elle sera aussi manœuvrière que les mellieures trouppes auxquelles nous aurions à faire... »
^ 282 -s- BAILLY (Jean-Sylvain), célèbre astronome, membre de l'Académie française (1784), doyen du tiers-état aux Etats-Généraux, président de l'immortelle séance du Jeu de Paume, premier maire de Paris (16 juillet 1789), n. à Paris, i5 septembre 1735, décapité dans la même ville le 11 novembre 1793.
L. S., comme maire de Paris, aux membres d'une section de Paris; Paris, 9 août 179 1, 0/4 de p. in-fol. — P. de la collection Dejabin.
• Il vient d'apprendre que le citoyen Boucaud, chargé de la descente des cloches qui doivent être fondues et converties en monnaie, a éprouvé, dans quelques sections de Paris, des difficultés dans l'exécution de sa tache. 11 leur recommande donc de seconder activement une opération à laquelle tout bon citoyen doit attacher le plus grand prix, puisqu'il s'agit de l'augmentation du numéraire.
*- 283 ^ DUGOMMIER (Jean-François Coquille), député de la Martinique à la Convention, général en chef de l'armée qui prit Toulon et de celle des Pyrénées- Orientales, n. à la Basse-Terre (Guadeloupe), ^
1736, tué à la bataille de la Montagne-Noire JiQijLQ. J~1\a j/^ ~^ (Catalogne), le 1 8 novembre 1794. rWW* — J
L. A. S. au citoyen Soullier, commandant à Sijean; Perpignan, 18 ventôse an II (8 mars 1 794), 3/4 de p. in-4. Très rare. (Coll. Cottenet.) — P.
Il l'assure qu'il n'oubliera pas son zèle et ses bons services et qu'il ne négligera pas l'occasion de les faire valoir.
REVOLUTION FRANÇAISE
S. III
4- 284 * DUMOURIEZ (Charles-François), général en chef de la première armée républicaine, vainqueur des Autrichiens à Jemmapes (6 novembre 1792), qui ternit à jamais sa gloire en passant à l'ennemi (1 avril 1790), n. à Cambrai, 25 janvier 1739, m. à Turville-Park (Angleterre), 14 mars 1823.
L. S. à Malus, commissaire-ordonnateur de l'armée; Bruxelles, 17 novembre 1792, 1 p. 1/4111-4, cachet brisé. — P.
Il attend la décision du ministre de la guerre (Pache) sur le paiement des déserteurs autrichiens, mais provisoirement il suspend tout paiement. « Dans la position où nous sommes, je ne regarde plus les Autrichiens qui nous arrivent comme déserteurs; ce sont des hommes dispersés par la frayeur et qui, ne sachant ou aller, viennent à nous. Les véritables déserteurs sont ceux qui quittent leurs drapeaux pour venir nous trouver en France, et nous tolérerions l'abus le plus insupportable si nous disposions plus longtemps des fonds delà république en faveur de ces hommes qui ne me paraissent y avoir aucun droit. » — (Dumouriez occupait Bruxelles depuis le 14 novembre.)
•f 285 CAMUS (Armand-Gaston), député de Paris aux États-Généraux et de la Haute-Loire à la Convention, créateur des archives nationales, dont il fut le premier conservateur, n. à Paris, 2 avril 1740, m. dans la même ville, 2 novembre 1804.
L. A. S. au citoyen Pierres, imprimeur du département de Seine-et-Oise ; Paris, 10 nivôse an X (3i décembre 1801), 1 p. 3/4 in-8. — P.
Belle lettre toute relative ù l'impression d'un de ses mémoires.
^ 286 * RABAUT SAINT ETIENNE (Jean-Paul), pasteur protestant, député de la sénéchaussée de Nimes aux États-Généraux et de l'Aude à la Convention, éminent écrivain,n. à Nimes, avril 1 743, décapité à Paris le 5 décembre 1793.
L. A. S. (au ministre de la guerre Du Portail); Paris, 2 décembre 1791, 2 p. 3/4 in-4. — P.
Il lui recommande chaudement un citoyen nimois, Jean-César Porcher, pour une sous-lieutenance dans les troupes de ligne.
-y 287 ■:- MARAT (Jean-Paul), médecin, célèbre publiciste, député de Paris à la
Convention, dit Vami du peuple, n. à Boudry (canton de Neuchatel en Suisse),
24 mai 1743, assassiné à Paris par Charlotte Corday le i3 juillet 1793.
L. A. S. à M. de Saint-Laurent, à Madrid; Paris, 6 novembre 1783, 2 p. 1/2 in-8. — P.
Très intéressante lettre où il mande qu'il attend une réponse du comte de Florida-Blanca. « Vous m'exhortés à la patience, mon cher ami, en considération de l'importance de l'affaire pour la gloire de l'Espagne et la mienne. Quant à mon triomphe, il ne sauroit me manquer; mais j'ai mis mon bonheur à porter les sciences exactes et utiles au plus haut point qu'elles peuvent atteindre. J'ai besoin, pour réussir, de la protection d'un grand Roy et je serois au comble de mes vœux si je puis consacrer mes t-alens au bien d'une nation que j'aime et respecte... » — (On a joint à cette lettre une reproduction pliotogravée de la maison natale de Marat à Boudry. L'acte de baptême du fameux conventionnel, publié dans le Quérard,en 1 856, par M. Félix Bovet, ancien bibliothécaire de la ville de Neuchatel et littérateur éminent, a permis de rectifier la date de naissance que tous les biographes ont fciussement fixée à l'année 174 4.)
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4- 288 -s- CONDORCET (Jean-Antoine-Nicolas Caritat, marquis de), député de l'Aisne à la Convention, un des organisateurs de l'instruction publique, n. à Ribemont (Aisne), 17 septembre 1743, m. par suicide à Bourg-la-Reine le 9 avril 1794.
L. A. S. (à Jean-Claude de La Métherie, médecin et naturaliste, n. 1743, m. 1 8 1 7) ; (Paris, 1790), 3 p. 1/2 in-4. (Coll. A. Sensier.) — P.
Très curieuse épître dans laquelle il fait sa profession de foi sur la Révolution. — Il ne se soucie pas des titres de noblesse, mais il n'approuve pas les motions que l'on fait pour les détruire; chacun doit être libre d'ajouter à son nom le sobriquet qu'il lui plaît, dans la vie et les actes privés. A son avis, il faudrait que l'on établît pour les noms un système régulier comme il y en avait un à Rome : « mais, ajoutc-t-il, point de nom de baptême, parce que la théologie ne vaut pas mieux que la féodalité. » II repousse le système des deux chambres, dont on l'accuse d'être le défenseur, quand il a prouvé mathématiquement son absurdité. Quant au veto, il ne le voudrait que pour les questions de la paix et de la guerre. Oui, il regarde Lafayette comme l'appui de notre liberté, parce que, longtemps avant la Révolution, il était le confident des projets du général, et que, pendant qu'ils discutaient ensemble les meilleurs moyens d'établir la liberté, d'autres passaient leur vie à solliciter des places. Il ne peut estimer des amis de la liberté qui défendent la conservation de la traite des noirs. « Je me défie plus, dit-il, de ceux qui se plaisent dans le trouble, qui applaudissent aux violences, qui cherchent à multiplier le nombre des mécontents... Les hommes qui ont des lumières et des talents n'ont pas besoin de tous ces moyens pour être quelque chose... Voilà .
ma profession ÛQ-i'OS^ vov* /c-rf «, /fCn^/ia. de foi. Est-ce là / ' ' ce que vous ap- Z/ S /? "5 ✓ ' V-t*-'
pelez être un A^ur^ t.^.^c oa^<ja~ ec^reijy^ut^ije^t^- 0^-. £jpïc4/C?*>ça^*' vrai Jacobin ?» » . .
4-289-* LA TOUR D'AUVERGNE CORRET (Théophile-Malo de), célèbre guerrier et philologue, le premier grenadier de la République, n. à Carhaix (Finistère), 23 novembre 1743, tué à Oberhausen (Bavière), 27 juin 1800. L. A. S. à Carnot; Passy, 8 floréal an VIII (28 avril 1800), 1 p. 1/4 in-4. (Coll. Gilbert.) — P.
Pièce historique par laquelle il remercie Carnot de lui avoir annoncé que le premier consul lui avait décerné un sabre d'honneur et le titre de premier grenadier delà République. Il s'efforcera de mériter ces trop flatteuses distinctions. « Dans ces sentimens, je supplie le premier consul de ne m'accorder, pour le moment, d'autre distinction que celle qui me mettrait à portée de justifier sous ses ieux le titre honorable du plus ancien des grenadiers de l'armée française, en me permettant de rejoindre mes braves frères d'armes en cette seule qualité. Telle est mon unique ambition. Je m'estimerais heureux que le premier consul l'envisageât du même œil et avec la même, bonté dont il a toujours regardé le dévouement des Français à la cause de la liberté, celui du soldat comme celui du général. » En post-scriptum il déclare accepter respectueusement le sabre d'honneur « qui m'a été accordé par le héros qui a acquis sur tous les Français sensibles à l'honneur et à la gloire les mêmes droits que la patrie, dont les destinées lui sont confiées. » — On a join la minute de la lettre parlaquelle Carnot annonça à La Tour ^ d'Auvergne les dis- •
tinctions que lui ac- * - - ^ y,
cordait le premier consul.
290 ■+ MAURY (Jean-Siffrein), célèbre orateur de la chaire, membre de l'Académie française (1785), député du clergé de Péronne aux États-Généraux, adversaire de Mirabeau, cardinal (1794)^. à Valréas (Vaucluse), 26 juin 1746,111. à Rome, 1 1 mai 181 7.
L. A. S. à M. de la Tour, secrétaire du Roi, à Paris; Versailles, 22 février 1785, 2 p. in-4, cachet brisé. (Coll. de Girardot.) — P.
Très belle lettre sur ses sermons et sur les éloges dont l'a honoré l'abbé de Fontenay (jésuite et écrivain distingué). « Il y a une affluence extraordinaire à mes sermons qu'on daigne écouter ici avec la plus extrême indulgence. Le Roy y assiste, même les jours ouvriers, et vous verrés qu'il n'est pas facile de trouver place dans la chapelle. J'ai reçu l'ordre de prêcher le panégyrique de saint Vincent de Paul, et je le destine au quatrième dimanche, 6 mars prochain. C'est précisément le jour que vous avés choisi pour venir m'entendre avec mon" frère. Vous me combleriés de joye si vous m'ameniés M. l'abbé Brotier et M. l'abbé de Fontenay. Nous dinerions tous dans mon petit réduit apostolique et, pendant l'intervalle du diné au sermon, je vous procurerois la permission d'aller passer une demie heure avec M. le Dauphin (fils aîné de Louis XVI, alors âgé de quatre ans). Vous serés enchanté /^?
de la bonne mine et de la gaietté de ce jeune prince. Au surplus, vous allés croire que je
plaisante, mais, en honneur, je crois que nous aurons un fort bon diné...» — (Le panégyrique de saint Vincent de Paul fut un des plus grands succès oratoires de l'abbé Maury.)
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RÉVOLUTION FRANÇAISE
S. III
-s 29 1 * FOUQUIER TINVILLE (Antoine-Quentin), procureur au Châtelet de Paris, le fameux accusateur public près le tribunal révolutionnaire, n. à Hérouel (Aisne), juin 1 746, décapité à Paris le 7 mai 1795.
P. S.; Paris, 21 ventôse an II (1 1 mars 1794), 1 p. in-4, vignette, tête imprimée et cachet du Tribunal révolutionnaire. — P. de Bonneville.
Ordre au gardien de la maison d'arrêt de l'Abbaye de laisser communiquer le citoyen Jean- Christophe Kieulin et son épouse trois fois par décade avec le détenu Schneider. — (Euloge Schneider, accusateur public près du tribunal révolutionnaire de Strasbourg, était détenu à cause de la cruauté qu'il avait montrée dans ses fonctions. Il fut condamné à mort et exécuté le 10 avril suivant).
•h 2Q2 * PACHE (Jean-Nicolas), ministre de la Guerre (1792), maire de Paris (1793), membre influent du parti hébertiste, n. à Paris, 1746, m. à Thin-le-Moutier (Ardennes), 18 novembre 1823.
P. S., écrite et signée aussi par Baudrais, administrateur du département de police (qui reçut et contresigna le testament de Louis XVI), au citoyen Lavacquerie, concierge de la maison d'arrêt de l'Abbaye; Paris, 7 avril 1793, 3/q de p. in-fol., tête impr. et vig. delà Commune de Paris.
Pièce historique. Ordre de recevoir dans la maison d'arrêt de l'Abbaye Louis-Philippe-Joseph Egalité (le duc d'Orléans) et de le maintenir en étal d'arrestation, « conformément aux décrets de la Convention nationale en date d'hier et d'aujourd'hui relativement aux individus de la famille des Bourbons. » — (Le duc d'Orléans fut emmené à Marseille, mis en jugement et déclaré innocent. Il n'en fut pas moins retenu prisonnier et, ramené à Paris, il fut traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et exécuté le 6 novembre 1793.)
4- 293 * SIEYES (Emmanuel-Joseph), célèbre constituant et conventionnel, un des initiateurs de la Révolution française, membre du Directoire (1799), n. à Fréjus (Var),
3 mai 1748, m. à Paris, 20 juin 1 836.
P. A. S.; (Paris), samedi 23 avril (1791), 1/2 p. in-4. — P.
Curieux document en réponse à une demande de M. Béchet. directeur de l'hôpital des Quinze-Vingts. La nouvelle constitution civile du Clergé (décrétée le 12 juillet 1790; étant en pleine activité, il n'y a dans Paris d'autres paroisses que les trente-trois fixées d'après les décrets. En conséquence le directoire du département de la Seine (dont Sieyés était membre depuis lemoisde février) arrête que l'église des Quinze-Vingts ne peut être considérée que comme une chapelle particulière et que tous les droits paroissiaux doiventretourner à la paroisse de Saint-Antoine.
4 294 -s- JEANBON SAINT ANDRÉ (André), pasteur protestant, député du Lot
à la Convention, organisateur de la marine républicaine, préfet de Mayence sous
l'Empire, n. à Montauban, 25 février 1749, m. à Mayence, 10 décembre 1 8 1 3 .
L. A. S. à ses collègues (en mission en Savoie); Paris, 16 février 1793, 2 p. 1/4 in-4. (Coll. Chambry :.) — P.
Il a reçu leur lettre à la Convention sur la mort du tyran et il y a supprimé le mot de condamnation, qui pouvait faire équivoque, et il y a substitué une expression qui rendît mieux leurs vrais sentiments qui étaient pour la mort, sans appel aû peuple. « Les passions sont moins bruyantes depuis la mort de Capet, mais elles ne sont pas moins aigries ... Condorcet, Barrère et Gensonné nous ont lu à eux trois une constitution quia été loin de plaire à tout le monde. Ce mal- /? a -f- — f
heureux enfant de huit ou neuf pères Brissotins a contre ^ /^/^f^ ^/o/>^f a S^^s^jp?/
lui, aux yeux de bien des gens, un vice très essentiel, — -j^^" "e^iSCf/X^S ■ 64sr/6>
celui de sa naissance; et puis on le trouve rachitique. mal conformé, cela va jusqu'à dire qu'il ne pourra pas vivre. Il y a pourtant dans cet ouvrage de fort bonnes choses, mais il faudra le lire pour en bien juger. Beurnonville (ministre de la guerre) ne va pas bien ; il chasse tous les patriotes des places dont il dispose et les remplit d'aristocrates... »