LETTRE DE GEORGES CUVIER A DEYEUX
Numéro 585.
SAVANTS ET EXPLORATEURS
4- 585 -* CUVIER (Jean-Léopold-Nicolas-Frédéric, dit Georges).
L. A. S. à Nicolas Deyeux (pharmacien et chimiste, membre de l'Institut, n. à Paris le 21 mars 1745, m. le 27 avril 1887); Paris, 10 juin 1807, 1 p. in-4, tète imprimée et vignette de l'Institut.
Belle lettre où il réclame son concours pour l'histoire des sciences demandée par l'Empereur. Il le prie de lui noter les améliorations que la pharmacie, considérée comme art chimique, a retirées des perfectionnements de la chimie, soit pour sa simplification, soit pour une préparation plus facile et plus sûre des remèdes, soit par la découverte de remèdes nouveaux.
* 586 -f HUMBOLDT (Friedrich-Heinrich-Alexander von), un des plus grands savants de l'Allemagne, auteur du Cosmos, n. à Berlin, 14 septembre 1769, m. dans la même ville, 6 mai 1859.
L. A. S., en français, à Deleuze (le naturaliste, continuateur de Mesmer); Valenciennes, 23 octobre (j 818), 2 p. in-4, cachet armorié. (Coll. B. Fillon.) — P. de Forster d'après Steuben.
Très belle lettre où il mande qu'il doit accompagner le roi de Prusse (Frédéric-Guillaume III) au congrès d'Aix-la-Chapelle. Il parle de l'affection que lui a témoignée ce prince et de ses projets de voyage. Intéressants détails. — (Le congrès d'Aix-la-Chapelle entre les souverains de Russie, d'Autriche et de Prusse, s'ouvrit le 3o septembre. On y fixa l'évacuation du territoire français au 3o novembre.)
•3- 587 i- HUMBOLDT(Friedrich-Heinrich-Alexander von).
L. A. S., en français, à miss Helen-Maria Williams (romancière, qui a traduit le voyage de Humboldt et de Bonpland) ; ce jeudi (1 823), 3 p. in-4. — P.
Superbe lettre ou il la remercie de l'envoi de ses Poèmes (publiés en i823), dont il fait le plus grand éloge. (Voir page 119.)
588 -+ BICHAT (Marie-François-Xavier), l'illustre créateur de la physiologie moderne, n. à Thoirette (Jura), 11 novembre 1771, m. à Paris, 22 juillet 1802.
L. A. S. au directeur de l'école de médecine de Paris ; (18 prairial an VII, 6 juin 1799), 1 p. in-4. Très rare. — P.
Il déclare qu'il se retire du nombre des candidats à la place du citoyen Flagonard. — On a joint une lettre,^ écrite le 28 février i83a, et par laquelle le frère de Bichat demande à céder à la Faculté de médecine les manuscrits de celui-ci.
589 <- GEOFFROY SAINT HILAIRE(Etienne), un des plus grands naturalistes français, n. à Etampes (Seine-et-Oise), i5 avril 1772, m. à Paris, 19 juin 1844.
L. A. S. au docteur Étienne Pariset (secrétaire perpétuel de l'Académie de médecine, membre de l'Académie des sciences morales et politiques, n. 1770, m. 1S47) ; ( 1 833), 3 p. 1/4 in-8. — P.
Très curieuse épitre où il mande que Pariset doit inaugurer le buste de Cuvier dansle sein de l'Académie des Sciences. « Ainsi Cuvier n'est pas mort; il arrive de partout; il se présente demain en marbre et parfaitement ressemblant; il arrivera aprèsdemain, tout son cerveau dehors, toutes ses facultés analysées, toute sa gloire émiettée par l'un des grands talents du siècle, buriné par l'histoire et pour la dernière postérité. » Il lui signale un article paru, le 4 juillet, dans le Constitutionnel et consacré à Cuvier. L'auteur a parfaitement montré Cuvier voué au système des différences, tandis que Lamarck rejette les genres et les groupes pour ne croire qu'aux individus et que Geoffroy Saint-Hilaire n'admet qu'un seul animal modifié dans ses produits variés par arrêt ou par extension de développement.
LETTRE DE XAVIER BICHAT Numéro 588.
SAVANTS ET EXPLORATEURS S. v
* 59o * GEOFFROY SAINT H I LAI RE (Etienne).
L. A. S. (à F. -M. de La Mennais) ; Verdun, i5 juin 1834, 1 p. 1/2 in-4.
Très belle lettre où il exprime son admiration pour La Mennais « qui sent si bien les misères du peuple et qui se dévoue pour inspirer les hommes du pouvoir et les pousser aux œuvres de la charité et de la philanthropie. » Il parle ensuite de son mémoire sur les mamelles des cétacés et réitère ses éloges. « Quelle bombe au milieu de la paix apparente de l'ordre social que celle que nous a apportée ces magnifiques Paroles d'un croyant. Le mortier-monstre qui a réduit Anvers ne contient rien d'aussi puissant. «
-> 5gi BROUSSAIS (François-Joseph-Victor), célèbre médecin, créateur de l'école physiologique, qui eut un éclatant succès de 1821 à 1828, n. à Saint-Malo, 17 décembre 1772, m. à Vitry-sur-Seine, 17 novembre 1 838.
L. A. S. au ministre de l'Intérieur (Casimir Perier, qui occupa ces fonctions du 3.1 juillet au 2 novembre i83o); Paris, i3 octobre i83o, 2 p. in-4. (Coll. B. Fillon.) — P.
Belle lettre ou il lui recommande le docteur Emery qui a été désigné par les professeurs de l'école des Beaux-Arts pour la chaire d'anatomie pittoresque et qu'une pétition des élèves de M. Gerdy tend à priver de cette place.
•> 592 <- BONPLAND (Aimé-Jacques-Alexandre Goujaud, dit), célèbre voyageur et naturaliste, compagnon d'Alexandre de Humboldt dans son voyage en Amérique, n. à la Rochelle, 29 août 1773, m. à Corrientes (Confédération Argentine), 1 1 mai 1 858. Il avait été dix ans prisonnier au Paraguay.
L. A. S. à un collègue; (La Malmaison, dont il était intendant), 1 9 mai 1814, 1 p. in-4.
Relative au placement en Russie d'exemplaires de sa Description des plantes rares Je Navarre et de la Malmaison (qu'il avait publiée l'année précédente).
4- 5q3 * AMPÈRE (André-Marie), un des plus grands savants qu'ait produits la France, inventeur de Pélectro-dynamisme, principe de la télégraphie électrique, n. à Lyon, 22 janvier 1.775, m. à Marseille, 10 juin 1 836.
L. A. S. à La Rive fils (le célèbre physicien suisse); Paris, 11 janvier 1822, 3 p. 1/2 in-4. — L
Très intéressante lettre sur son exposé méthodique des phénomènes électro-dynamiques. Il a eu communication d'un travail de M. Savary (astronome, membre de l'Académie des Sciences en i832) qui a, dit-il. « une telle importance pour la confirmation de ma théorie, qu'en attendant qu'il soit imprimé en entier, j'en ai fait un extrait qui doit former un vingtquatrième article à joindre aux vingt-trois articles de mon exposé méthodique, dont il se trouve former une partie essentielle. »
* 594 * AMPÈRE (André-Marie).
L. A. S. à Alexandre Lenoir (le célèbre archéologue, fondateur du musée des Petits-Augustins, actuellement l'école des Beaux-Arts, n. 1761, m. 1820); mardi 3i août (i83o), 1/2 p. in-8.
Jolie lettre où il l'invite à venir diner chez lui avec Dugas-Montbel, Ballanche et Beuchot. Le jour a été fixé à lundi prochain. « C'est donc ce jour que tu es sommé de venir diner dans la rue des Fossés-Saint-Victor. Ce sera un grand plaisir pour eux et un plus grand encore pour le meilleur de tes amis. »
4 5(j5 {- GIRARD (Philippe-Henri de), l'illustre inventeur de la machine à filer le lin, n. à Lourmarin (Vaucluse), 1 février 1776, m. à Paris, 26 août i8q5. L. A. S. à un savant (Arago ?) ; Varsovie, 20 janvier 1842, 3 p. 1/2 in-4. Rctre.
Superbe lettre écrite de Pologne, .ou il exerçait les fonctions d'ingénieur en chef des mines. 11 lui recommande le rapport qui doit être fait à l'Institut sur son Chronothcrmomètre et sur son Metéorographe. Il réclame la récompense nationale à laquelle son invention de la machine à filer le lin lui donne droit. 11 combat l'objection qui pourrait lui être faite à cause de son expatriation. C'est l'injuste abandon du gouvernement de son pays qui l'a forcé à accepter l'honorable protection de l'empereur d'Autriche. « Je dis l'injuste abandon, car cet abandon était une violation de rengagement solennel pris à la face