LE PEUPLE
Asile ! asile ! asile !
Pauvre enfant, sois tranquille.
Noël, gens de la ville !
Noël, au bon sonneur 1 Que le ciel le bénisse Lui dont l'heureux caprice Change un jour de supplice En un jour de bonheur !
Avant ceci i6 vers de 4 syllabes, une rime féminine et une rime masculine.
Mademoiselle Louise Berlin, 8, vue de Seine-F.-S.-G.
Ce 22 novembre i833.
Mademoiselle,
Comme je vous l'avais dit, mon premier moment de liberté d'esprit a été pour vous. Voici vos prescriptions remplies. Vous verrez que j'ai été d'une exactitude janséniste. Ne jugez pas ces bouts-rimés trop sévèrement.
J'ai écrit ces vers entre Harel et Renduel, deux tristes asiles pour un Pégase quelconque. Renduel s'est chargé de vous faire parvenir l'exemplaire de Marie \ L'avez- vous reçu ? Il va sans dire que Armand a le sien n'est-ce pas ? Vous seriez bien bonne de me faire savoir si MM. Janin et Béquet ont chacun le leur. Je les ai bien recommandés à Renduel.
' Marie Tudor.
Je vous écris sur mon genou, sur un affreux chiffon de papier, de ma chambre où je n'ai ni table, ni encre, ni plumes, heureux que je suis d'y oublier la nuit que je passe le jour à écrire.
Je vous adresse cette lettre à Paris, pensant que vous n'êtes peut-être plus aux Roches. Ma pauvre Didine est un peu moins laide depuis quelques jours. Je vous l'amènerai un de ces après-midi, ainsi que ma femme qui vous aime bien.
Si Didine savait que je vous écris sans elle, elle ferait un beau train. Dédé continue d'être très occupée des vaches et des paons des Roches. Les vaches surtout ont laissé une trace lumineuse dans sonesprit. Je vous assure qu'elle parle très bien et qu'elle écrit mieux que moi.
A bientôt. Mademoiselle. J'espère que toutes les santés qui vous sont chères, et à moi aussi, vont bien, et je mets à vos pieds bien humblement mes méchants vers et ma bonne amitié.
VICTOR H
Mademoiselle Louise Berlin, S, rue de Seine. F. S. -G.
5 décembre i83 3.
Voici, Mademoiselle, la chanson de Quasimodo'. Je l'ai faite la plus gaie que j'ai pu; mais il me semble impossible qu'elle soit tout à fait folâtre.
Vous en jugerez. Votre sens musical doit être, après tout, souverain, et mes rimes sont les très humbles servantes de vos notes.
Vous verrez que j'ai d'ailleurs rigoureusement rempli vos prescriptions. C'est toujours un grand bonheur pour moi de fournir un thème à votre pensée, une charpente à votre
' La Esméralda, acte IV, scène ii.
Mon Dieu j'aime Hors moi-même, Tout ici, L'air qui passe.
Kt qui chasse Mon souci, etc.
architecture, un canevas à votre broderie. Voici
de la grosse toile, couvrez-la d'arabesques d'or.
C'est votre affaire.
Moi, je suis plus jamais votre affectueux et
dévoué ami,
VICTOR H
Mademoiselle Louise Bertiyi, 8, rue de Seine. F. S. -G.
23 janvier 1834.
Mademoiselle,
Voici le duo, et vos indications littéralement suivies, une exceptée sur laquelle vous lirez en marge ma petite et timide objection. Décidez.
J'ai quelque chose à vous demander pour le scénario. J'irai vous en parler le premier soir que j'aurai tout à moi. Ce sera bientôt.
Tous mes respects à vos pieds.
VICTOR H
Mademoiselle Louise Berlin,
8, rue de SeiJie.
Février 1834.
Tu t'abuses peut-être.
Apprends en ce moment Que cet homme est ton maître Et n'est pas ton amant !
L'aventure est nouvelle !
Amis ! qu'en dites-vous ?
Quel triomphe pour elle !
Et quel affront pour nous !
Que voulez-vous qu'on fasse Et que dire s'il faut Qu'une fille si basse Ait le regard si haut !
Ou bien encore :
Que sur l'heure on la chasse !
A la porte! Il le faut!
Une fille si basse Élever l'œil si haut!
Vous voyez, Mademoiselle, que vous avez le choix entre de bien mauvais vers, mais vous les voulez ainsi. C'est votre faute.
Poupée me charge de vous dire qu'elle vous
aime bien et que Toto' et puis Chariot et puis Dddé continuent d'être les plus utiles qu'ils peuvent au progrès de l'humanité.
Moi je me mets à vos pieds.
Papa n'a pas mis comme Je lui avais dit. Je
lui avais dit que Toto, Chariot et De'dé étaient
bien gentils.
Ton amie,