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ileortête le Roi des rois et le Seigneur des sei- ^eurs, marchent courageusement sous Tétendard da Crucifié, à la conquête du monde entier; voyez toutes ces choses et dites si c'est l'heure de se rendormir ou celle de veiller, de combattre et de souffrir pour le nom et le témoignage de Jésus? Ecoutez ce que TËsprit dit aux Eglises : « Celui qui vaincra mangera de l'arbre de vie qui est au paradis de Dieu. Celui qui vaincra ne craindra point la mort seconde. Celui qui vaincra et gardera jusqu'à la fin ks œuvres du Seigneur aura puissance sur les nations, et les brisera comme un vase d'argile ; il s'assiéra dans le temple de Dieu et sur le trône de l'Agneau, qui a vaincu et est assis sur le trône du Père! »
Ayons donc bon courage ', chargeons notre ciroix, et suivons Jésus hors du camp, portant son opprobre ; car nous n'avons point ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir (Héb. xm, i3, i4)- Portez-vous donc vaillamment dans cette bonne guerre, et allez tout de nouveau, pour cet effet, puiser des forces auprès de Jésus ; c'est à lui, et toujours à lui, que je crois devoir vous envoyer; car k il nous a été fait de la part de Dieu sagesse, justice, sanctification et rédemption ; » et c'est de sa plénitude que nous avons tous reçu grâce pour grâce. »
Adieu, mon cher ami, que le Seigneur vous fortifie et réjouisse votre cœur ! Donnez- nous de vos nouvelles, et dites-nous comment vont vos afiaires spirituelles. En attendant, croyez à l'affection sincère de votre dévoué frère en Jésus-Christ ,
Félix Neff,
Le lecteur a remarqué la singulière éloquence de quel* ques-uoes des dernières lettres : on voit que quand le ber* ger des pâtres voulait parler à des citadins et prendre leur langage, il atteignait facilement leur niveau. Nous allons en voir un nouvel exemple dans le fragment suivant d'un sermon que le missionnaire prononça à Mens, lors de la dédi* cace du temple, en novembre de cette année (1S26), sur ces paroles : yous donc comme des pierres viçes^ etc.
ce Le temple de Jérusalem était un lieu tout particulièrement honoré de la présence de l'Eternel ; rien d'impur n'y devait entrer. On s'y occupait exclusivement du service de Dieu ; c'est là qu'il était loué, adoré, béni ; c'est là qu'il rendait ses oracles, répandait ses bénédictions. .. .. L'Eglise appelée un Saint Temple, un tabernacle spirituel, doit présenter tous ces caractères en perfection et en réalité, comme le temple en type et en figure.. •• Or, quelle Eglise, à prendre ce mot dans une acception ordinaire, quelle aggrégation d'hommes pécheurs nous offrira cette réalité, et nous paraîtra digne d'être appelée la maison de Dieu en esprit ^ le tabernacle du Dieu vii^ant?.... »
Ici le prédicateur jette un coup d'œil rapide sur Thistoir^ de TEglise en général, les erreurs, les scandales, la corrop* lion, les schismes, etc.
Où tronverons*nous ce divin sanctuaire ? Dan$ Rassemblée des premiers-nés et des milliers d€m^ ges, dans la Jérusalem d en-haut. Là, mille fois mieux qu'en Sion, Dieu est servi, loué, béni ; cesaaotuaire céleste et spirituel est formé de la totalité des ^tres purs qui trouvent en Dieu leur bonheur, La gloire de Jéhovah le remplit et l'édairei et se rë«
fléchit sur chacune des pierres vivee dont il est formé.... Son amour les nnit, les embrase.... Le Roi de gloire habite au milieu d*eux, se réjouit de feur félicité, et se plaît à écouter le concert éternel de leur reconnaissance.... Tel est le temple que Dieu habite, le seul qui soit digne de lui...
Que seront donc les diverses églises où TEvangile est prêché $ui la terre ? Quand on élevait le magni* fîque temple de Salomon, toutes les pierres^ tous les Ms quon y apportait étaient si bien taillés et préparés^ qu'on ny entendait, dit Thistorien sacré, m marteau, ni hache, ni aucun instrument de fer (i Rois Yi, 7). Mais il n'en était pas ainsi, bien cer^ tainement, datis les carrières de marbre, ni au Liban ou Ton coupait les cèdres, non plus qu'aux ardentes fournaises entre Succoth et Iséréda, où; Ton fondait Tairain pour les vases sacrés.... Ainsi, dans le Ciel, ce majestueux sanctuaire s'élève sans, bruit, sans effort ; tout y arrive pur et parfait. VEpouse de t Agneau na ni tache, ni ride, ni rien de semblable; mais dans ce monde impur et ténébreux, carrière obcure, d'où le grand Architecte veut bien tirer quelques pierres pour son édifice, que trouverons-nous, sinon des chantiers dressés pour un jour, où tout paraît en mouve-» ment et en désordre?.... Que de pierres informes, de rebuts, de débris inutiles, que d'objets d'un usage passager !.... Combien d'arrangements purement provisoires!.... Que de mercenaires, d'étran* gers, occupés dans ces carrières, comme les ou-» vriers d'Hiram, et qui, comme eux, n'entreront jamais dans le sanctuaire!.... Que de dissensicNKi.
entre les ouvriers, même les plus fidèles ! que de conjectures, de discussions vaines au sujet du bot final et du plan du grand Architecte, qui n^est connu que de lui seul!.,.. Chercheron^^nous dans ce chaos la véritable Eglise, le temple spirituel?.*;. Voudrons-nous la composer de Tensemble de tooi ces blocs informes, ébauchés, ou seulement de ceux qui nous paraîtront déjà préparés par le Mai^
tre? Essaierons-nous de réunir dans un ordre
commun tous ceux que nous trouverons disposés dans chacune des diverses carrières ouvertes en mille endroits du monde? Ou, ne pouvant y parvenir, nous efforcerons-nous au moins de les grouj[>er en. divers tas, comme ces pierres déjà taillées qu'on assemble pour les toiser avant que de les mettre en œuvre?....
Oh ! que le céleste Maître est bien plus sage !•••• Tandis que nous nous disputons sur la prééminence dé tel ou tel chantier, et que d'autres se consument pour y introduire un ordre parfait, le divin Salomon parcourt en silence cette vaste exploitation, choisit, marque, enlève, et place dans son édifiée les matériaux préparés au milieu de tous ces frotte^ ments , assignant à chaque pièce le lieu qui lui est propre, et pour lequel il l'a. destinée.... Telle est, mes bien-aimés frères, la grande idée que nous de« vous nous faire de ce tabernacle céleste, de cette maison spirituelle de Dieu, de cette Eglise universelle, tant militante que triomphante, dont nous reconnaissons l'existence dans le symbole apos^
tolique Oh combien nous paraîtront alors
pitoyables le$ orgueilleuses prétentions de telle ou
telle Elglise à luniTersalité , ainsi que les inter* minables diputes sar la succession, la hiérarchie et la discipline, qui, dans tous les temps, comme en* core aujourd'hui, ont divisé et troublé les fidë* les !.... Travaillons plutôt, dans la carrière.où nous sommes placés, à préparer le plus de matériaux possibles ; et surtout prions le Seigneur qu'il fasse de nous tous des pierres vives pour son édifice l \men !
A SA HÀRR.
Sxtrait d'une lettre d'Anrievz, contenant le i^cit d'une visite d'u& capitaine an£^ais, et un paasajfe du col 4'Ortière.
ArTieox^ 11 décembre 1826.
(').... Notre brave capitaine G>ton est venu ; et ce qu'il y a de plus singulier, c'est qu'il montait à Freyssinières par un autre chemin, à Tinstant même où, descendant de Freyssinières, je me suis dé-^ tourné à Mont-Dauphin^i pour mettre ma lettre à. la. poste. J'appris la chose à Guill^tre ; et, retournaat sur mes pas, je Tai trouvé qui revenait déjà sur les siens, ne m'ayant pas trouvé à Pallon. Alors, nous y sommes. aUés ensemble-; il a d'abord visité avec moi et un guide de mes élèves, toutes les balmes. (cavernes) des rochers de Pallon, qui, toutes, out probablement servi dé retraite aux Yaudois poursuivis, et dont plusieur3 ont certainement servi de
(1) Dans celte lettre, dit la mère de Neff , mon flU m'apprenait qu'il n*ayait pas trooyé le capitaine i Grenoble , et qu*il Tafait Taine*. vieoi attendu quatre jouri i Saint-Laurent.
temple» pendant plusieurs siècles , comaie l*attes^ tent les noms qu'elles portent encore : Bal ma de la Claisetta {petite église), Bal ma d'al Pretchia (baU me du prêche)^ etc. La plupart sont d'un accès dif^ ficile, et tellement cachées qu'il faut être du pays pour les trouver. Le capitaine est resté dans les Hautes- Alpes depuis le samedi, 20 octobre, qu'il est irrÎTé en Ghampsaur, jusqu'au 1 1 novembre , que nous sommes allés ensemble à Mens pour la d飫> cace. Pendant son séjour ici, je l'ai fait voyager, à la lettre , par monts et par vaux, jour et nuit, par vent, neige et glace ; et pour clôture, je lui ai fait passer le fameux col d'Orsière, où je ne supposais pas autant de neige ; car il y en avait quatre ou cinq pieds de toute fraîche tombée, et point de cheniintracé. Nous avions dix guides , la plupart robustes chasseurs de chamois. Nous sommes restés six heures et demie pour atteindre le col, et quatre pour le descendre, c'est-à-dire qu'il a fallu tout le jour pour faire un trajet qui se fait ordinairement en quatre ou cinq heures. Il faisait froid , comme de raison ; mais heureusement le temps était calme et serein. Le pauvre capitaine, qui n'est pas accootomé à pareille quantité de neige, ne savait pas trop comment s'en tirer, et a eu beaucoup de fatigue. Ce voyage, a-t-il dit, lui donnait une idée des expédilions au pôle. Nos guides ont eu aussi beaucoup de peine. Pendant près de trois heures, il a fallu relever le premier, celui qui ouvre la trace, de deux cents en deux cents pas, et quelquefois beaucoup plus souvent. Heureusement nous avions assez de ^provisions, surtout du vin ; personne ne s'en estres*
êenih Je craignai3 pour le capitaine ; mais il est ix>« buste et courageux. Pour moi, je suis fait à ce tra«* rail et à ce climat.
Il a Yu toutes nos églises et presque tous les ha** meaux ; et il a pu emporter une idée assez juste des Alpes. Il paraissait particulièrement amateur de Freyssinières, bien qu'il |3C Tait vu qu'enseveli dans les neiges. Le caractère des habitants lui plaisait beaucoup ; mais non pas , pourtant , leur malpro^ fceté et leur peu d'industrie. Je suis resté à Mens doaze jours, à Tépoque de la dédicace ; la neige, tombée dans les Basses-Alpes qui séparent Tlsère de la Drôme , a empêché les pasteurs du départe* ment d'y venir, à l'exception d'un vieillard de Cbâ-* tilloa. Nous n'avons donc été que cinq ; mais au moins nous n'avons pas eu le crève-cœur d'entendre des prédicateurs à la mode, comme cela serait sans doute arrivé, s*il avait fait beau temps.
J'ai fait un tour à Grenoble pour des emplettes ; puis, je suis revenu en Champsaur, et de là à Freyssioières avec quatre jeunes hommes de Saint-Laurent , qui viennent pour mon école de cet hiver. Cette fois nous avons fait le tour ; et encore noua avons eu peine d'arriver à Dourmillouse, où noua avons été claquemurés par une chute de neige continuelle ; il en est tombé presque de la hauteur d'un homme ; et d'énormes et nombreuses avalanches qui ont roulé de toutes parts, l'ont encore amon-^ celée en quelques endroits sur les sentiers, à plus de vingt-cinq pieds de hauteur. Depuis le i" novem-^ bre, nous n'avions pas eu un beau jour jusqu'à jeudi dernier. J'ai profité de ce temps pour descendre ven^
Hélas ! qui nous aurait dit que cet hiver serait le dernier que NefT passerait avec ses chers élèves dans son cher Dovmillouse, et que notre cœur allait se serrer en trouvant, dès le titre du chapitre suivant , ces tristes mots : Betour à Genèçe! El c^est pourtant le cas! Relisons donc avec un redoiblement dMnlérét les lignes, trop peu nombreuses, quinoss restent sur cette belle vie ! Le missionnaire se repose maia* tenant de ses travaux, et ses œuvres Font suivi !
■ (1) Je ne saif quelle. EdU, (2) Le même qoi est appelé Faloret, p. 128.