II NOTICE DU TRADUCTEUR
heureusement, il mourut alors que Robert avait à peine sei^e ans. La mère de famille, femme d'un grand cœur et d'un esprit très distingué, mais qui avait dû subir une vie étroite et difficile, pour mener à bien l'éducation de ses cinq enfants, éprouvait une anxiété maternelle, très compréhensible, à l'idée de voir son Benjamin se lancer dans une carrière où, même après de longs et pénibles efforts, le succès est si souvent aléatoire. Devant la désapprobation de son tuteur, honnête commerçant de Zwickau, Robert dut se résigner à aller suivre, à Leipzig, les cours de Droit de l'Université ; de là, il s'installa, sur sa demande, à Heidelberg, où il étudia, de concert, la jurisprudence et surtout la musique. Ses lettres à sa mère nous font assister à la lutte qu'il soutint en faveur de l'Art. Il avait conscience de son génie et affirmait à Mme Schumann que s'il pouvait faire quelque chose de grand sur cette terre, « ce serait uniquement par la musique ».
// finit par triompher de toutes les résistances et retourna à Leipzig oà, sous la direction de Wieck, célèbre professeur de musique, il mena une vie de labeur, que n 'interrompaient même pas les cruelles crises d'hypocondrie pendant lesquelles — chose étrange! — son cerveau malade et surmené produisait sans relâche. Jusqu'à sa mort, ses plus fortes œuvres, ses « Lieder » les plus pénétrants furent enfantés dans la douleur.
Dans ses « Lettres de Jeunesse », il conte à ses