‹ Lettres choisies de Robert Schumann,Chapitre 2 sur 22 · NOTICE DU TRADUCTEUR III · texte numérisé non relu

NOTICE DU TRADUCTEUR III

amis certains épisodes amoureux sur lesquels il fut impossible de se procurer aucun renseignement et qu'on est tenté de croir~e plutôt imaginaires que réels. Lors de son retour définitif à Leipzig, il retrouva, chez Wieck, sa charmante et surprenante fillette, Clara, qui, alors âgée de neuf ans, était déjà pleine de talent et fort admirée comme pianiste. Ses lettres parlent souvent, avec admiration, de ce jeune prodige qui est, pour lui, une exquise petite camarade. Ils sont ensemble, dit-il, « comme frère et sœur ». Certain paragraphe d'une lettre de Robert à sa mère peut faire supposer que, préoccupée de cette trop attrayante intimité, Mme Schumann engagea son fils à ne pas tourner ses espérances d avenir vers cette séduisante enfant.

En i832, une idée néfaste traversa V esprit du jeune artiste dont le talent de pianiste se développait chaque jour : pour augmenter et assouplir ce talent, il résolut de lui faire surmonter déplus grandes difficultés, et il attacha, pour l 'immobiliser , an doigt de sa main droite. Il ne travailla donc plus qii avec neuf doigts. Le résultat de cet essai fut déplorable : le doigt demeura paralysé, et Schumann fut forcé de renoncer, pour toujours, à se faire entendre en public : son piano ne lui servit plus qu'à se jouer, à lui-même, les compositions qui devinrent le seul but de sa vie artistique. Au point de vue de sa renommée, ce désastre Jut pourtant un bonheur, car, qu'est-ce que la gtoire fugitive du plus brillant interprète à

Page 1