A BERNARD CODOING
De Beauvais, ce II de juillet 1642.
J’ai été fort aise d’apprendre par celle que vous écrivez à M. Soufliers la façon de donner des ordres. A propos de M. Souiliers, vous m’écrirez, s’il vous plaît, à moi toutes les choses et à nul autre des affaires. Vous lui dites quelque chose de Messieurs Germain et Ploesquellec (1) qu’il n’est pas expédient qu’autre que moi sache, ni, si faire se peut, aucun défaut de pas un de la Compagnie, selon les règles de la vraie charité. Ce que vous écrirez à un autre pour me le dire, ne me fera pas hâter la réponse plus tôt.
Je vous ai écrit que j’espérais que Notre-Seigneur me ferait la grâce de m’amender, et j’y travaille, en effet, par sa bonté.
Vous dites que vous ne ferez rien sans ordre et que vous vous proposez d’aller piano, piano. O Monsieur ! que mon cœur est consolé de cela ! Ressouvenez-vous, Monsieur, que le moyen de faire monter un arbre bien haut, c’est de lui couper les branches, et que les animaux qui se nourrissent trop jeunes s’exténuent. Oh ! que Notre-Seigneur nous a fait une grande leçon de ne nous pas hâter en ce peu qu’il a voulu faire, en comparaison des apôtres, et de ce qu’il pouvait, et quand il s’allait cacher au fort que les troupes le suivaient ! Au nom de Dieu, Monsieur, si la nécessité