‹ Lettres choisies de Saint Vincent de PaulChapitre 60 sur 100 · A CHRISTOPHE D’AUTHIER · texte numérisé non relu

A CHRISTOPHE D’AUTHIER

15 janvier 1651.

Je vous fais ici un renouvellement des offres de mon obéissance ; je vous supplie de l’avoir agréable, d’autant plus que c’est avec toute l’humilité et l’affection qui me sont possibles ; à quoi je prends la confiance d’ajouter, Monsieur, que je n’ai en

1 . Évêque du Mans. — 2. Les prêtres de la Mission dirigeaient le séminaire du Mans. — 3. Pour « ces gens-ci ». — 4. Fondateur des Prêtres Missionnaires du Très-Saint-Sacrement.

rien contribué à la difficulté que M. Deslyons a trouvée en son affaire ; je ne savais pas seulement qu’il eût aucune pensée sur l’évêché de Babylone, jusqu’à ce que Monseigneur le nonce me dît par occasion, ces jours passés, qu’il avait reçu une lettre de la Sacrée Congrégation sur ce sujet et qu’il y avait fait réponse. Je serais encore à savoir aussi que vous, Monsieur, ayez obtenu ci-devant le décret pour cet évêché, si M. Alméras ne me l’avait mandé, l’ayant appris de vous. Je vous dis plus : je n’ai jamais fait ni dit aucune chose contre votre sainte congrégation ; au contraire, Dieu m’a toujours donné du respect pour elle et un grand désir de la servir. Et pour témoignage de ce, je n’ai jamais célébré la sainte messe, depuis que j’ai eu connaissance de son érection, que je ne l’ai recommandée à Dieu ; deux fois actuellement, l’une en la préparation et l’autre au Memento, à ce que sa divine bonté la fasse saintement prospérer et l’accompagne de ses bénédictions en son intention et en ses emplois, la nommant même plus tôt que la nôtre, parce qu’en effet je l’estime davantage. Je parle chrétiennement, Monsieur, et en la présence de Dieu, qui sait que je dis la vérité. Et afin que vous n’en doutiez pas, donnez-moi, s’il vous plaît, les occasions de vous le faire voir autrement que par paroles ; employez -moi pour le service de votre congrégation : j’espère que Notre-Seigneur me fera la grâce de m’y porter avec toute la vigueur que l’œuvre de Dieu requiert ; c’est ainsi que je nomme ce qui va au bien d’une Compagnie dédiée à sa plus grande gloire, comme est la vôtre.

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