A PHILIPPE LE VACHER U
Je loue Dieu de la bonne manière dont1 vous avez usé pour vous faire reconnaître missionnaire apostolique et grand vicaire do Carthage. Si vous avez procédé sagement en cela, vous le devez faire incomparablement davantage dans l’exercice. Vous ne devez nullement vous raidir contre les abus, quand vous voyez qu’il en proviendrait un plus grand mal. Tirez ce que vous pourrez de bon des prêtres et des religieux esclaves, des marchands et des çaptifs, par les voies douces, et ne vous servez des sévères que dans l’extrémité, de peur que le mal qu’ils souffrent déjà par l’état de leur captivité, joint avec la rigueur que vous voudriez exercer en vertu de votre pouvoir, ne les porte au désespoir. Vous n’êtes pas responsable de leur salut, comme vous pensez. Vous n’avez été envoyé en Alger que pour consoler las âmes affligées, les encourager à souffrir et les aider à persévérer en notre sainte religion ; c’est là votre principal, et non pas la charge de grand vicaire, laquelle vous n’avez acceptée qu’en tant qu’elle sert de moyen pour parvenir aux fins susdites ; car il