‹ Lettres choisies de Saint Vincent de PaulChapitre 65 sur 100 · AUX ÉCHEVINS DE RETHEL · texte numérisé non relu

AUX ÉCHEVINS DE RETHEL

De Paris, le 20 mai 1651.

J’ai reçu la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire avec grand respect et égale affection de vous rendre mes très humbles services. Le lecture en fut hier faite à une assemblée des dames de la Charité, où était Monseigneur' l’archevêque nommé de Reims. Chacun fut fort touché de l’état souffrant de votre ville et édifié de la bonté de ceux qui veulent contribuer à donner cinquante livres par semaine pour le soulagement des plus pauvres ; mais on ne peut rien ajouter aux deux cent cinquante livres que l’on y envoie d’ici tous les huit jours. Dieu veuille que l’on puisse continuer ! Il n’est pas croyable combien ces dames ont de peine à soutenir le faix d’une si grande dépense, qui va à plus de quinze mille livres tous les mois pour la Champagne et la Picardie.- Je vous supplie très humblement de croire, Messieurs, que je ferai tout ce que je pourrai pour votre satisfaction et pour l’assistance de vos pauvres, tant de la ville que des villages circonvoisins ; car l’intention des bienfaiteurs est que les uns et les autres soient visités et secourus par le prêtre de notre Compagnie qui est de là, autant que ce qu’on lui donne se peut étendre, préférant les pauvres malades et les plus abandonnés aux moins nécessiteux. .

Mon Dieu! Messieurs, que Notre-Seigneur a bien agréables vos sollicitudes au soulagement de ses membres affligés ! Je le prie qu’il en soit votre récompense, qu’il bénisse vos personnes et votre gouvernement, qu’il donne la paix à l’État et délivre son peuple du mâl qu’il souffre.

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