‹ Lettres choisies de Saint Vincent de PaulChapitre 68 sur 100 · A FRANÇOIS DE SAINT-RËMY (D · texte numérisé non relu

A FRANÇOIS DE SAINT-RËMY (D

De Paris, ce 21 juin 1651.

Je vous remercie très humblement de l’honneur que vous et M. votre frère me voulez faire. Je vous en suis très obligé ; mais vous me désobligeriez extrêmement si vous en veniez aux effets. Les lettres dédicatoires se font à la louange de ceux à qui elles s’adressent, et je suis tout à fait indigne de louange. A bien parler de moi, il faudrait dire que je suis fds d’un laboureur, qui a gardé les pourceaux et les vaches, et ajouter que cela n’est rien au prix de mon ignorance et de ma malice. Jugez de là, Monsieur, si une personne si chétive que je suis, doit être nommée en public en la manière que vous me le proposez. C’est le plus grand déplaisir que vous me sauriez faire. Oui, Monsieur, il me serait si sensible que je ne sais si j’en perdrais le ressentiment. Je ne laisserai pas d’avoir une parfaite reconnaissance de la pensée seulement que vous en avez eue, vous assurant que, s’il se présente occasion de vous servir, vous et votre famille, je le ferai de tout mon cœur.

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