‹ Lettres choisies de Saint Vincent de PaulChapitre 69 sur 100 · Archidiacre de Langres. — 2. Nonce en France · texte numérisé non relu

Archidiacre de Langres. — 2. Nonce en France

très zélé pour aller aux terres étrangères y étendre l’empire de Jésus-Christ, à quoi il se dispose, et même de mener quand et lui (1) quelques autres Pères pour travailler à son dessein ; et, m’a-t-on dit, Monseigneur, que la Sacrée congrégation de Propagànda fidc lui en donne les facultés, avec douze cents francs pour leur subsistance. Il n’y a que deux jours qu’il est parti pour Bretagne, résolu, dès qu’il sera de retour ici, de partir pour aller à Memphis, autrement le grand Caire. Voilà, Monseigneur, ce que j’en appris hier, étant allé exprès au couvent des Carmes mitigés. Si Votre Seigneurie Illustrissime désire que j’en fasse une plus ample information, je le ferai volontiers, Monseigneur, n’ayant consolation au monde plus grande que d’obéir et de complaire à Votre Seigneurie Illustrissime pour l’extrême respect que je lui porte ; mais il me sera fort difficile de trouver personne hors de son ordre qui le connaisse assez pour m’en rien dire de plus assuré.

Je supplie très humblement Votre Seigneurie Illustrissime de me pardonner, si je ne vais moi-même lui rendre compte de ceci, pource que je suis d’une assemblée ce matin, qui me prive de cet honneur, et de me faire celui de me commander absolument ce qu’il lui plaira, puisque Dieu lui a donné un pouvoir souverain sur moi.

Depuis cette lettre écrite, Monseigneur, j’ai vu un homme qui a connu ce Père à Rome, qui m’a dit qu’il est vrai qu’il est savant et bon religieux, mais un peu entreprenant et qui a même usé de quelque souplesse au fait dont est question ; car du commencement il ne demandait que d’être grand vicaire de Monsieur l’évêque de Memphis ; mais depuis, pour agir en chef et indépendant de l’évêque, il a demandé des facultés pour lui et pour trois ou quatre autres de ses compagnons.

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