‹ Lettres choisies de Saint Vincent de PaulChapitre 70 sur 100 · A LA SŒUR JEANNE LEPEINTRE · texte numérisé non relu

A LA SŒUR JEANNE LEPEINTRE

29 novembre 1651.

J’ai lu votre lettre avec une consolation sensible, telle que j’avais coutume de l’avoir toutes les fois qu’il me vient quelque chose de votre part. Il me semble que votre conduite se rend ‘tous les jours meilleure et qu’elle produit de nouveaux effets conformes à notre souhait. Je prie Notre-Seigneur qu’il soit lui-même son remerciement du calme dont vous jouissez après tant d’orages et de troubles qui ont agité votre petite barque. Il nous faut beaucoup aimer Notre-Seigneur, et avec cela nous tenir prêts à souffrir d’autres secousses et de nouvelles traverses. L’état de l’homme n’est jamais semblable : il est humilié, puis exalté, tantôt en paix, tantôt persécuté; aujourd’hui il est éclairé,

1. Qaund et lui, avec lui. — 2. Supérieure des Filles de la Charité établie» à l’hôpital de Nantes.

et demain il sera plein de ténèbres. Que faut-il faire? Se préparer, comme j’ai dit, à tous les événements: quand nous souffrons, espérer que Dieu nous délivrera, et, lorsqu’il nous traite doucement, faire provision de douceur et de patience pour bien user des peines qui succéderont. Enfin, ma sœur, il se faut donner à Dtpu en toutes les manières et souhaiter que sa volonté se fasse et nous y conformer dans les occasions fâcheuses comme dans les agréables, lesquelles s’entresuivent incessamment et pour cela requièrent de nous une disposition à tout et un détachement absolu de nous-mêmes. Mon Dieu, qui nous les donnera, que vous seul ! Nous vous les demandons humblement par votre Fils Jésus-Christ. Dieu nous fasse la grâce d’être toujours fidèles à ses lumières et à nos petits exercices

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