‹ Lettres choisies de Saint Vincent de PaulChapitre 79 sur 100 · A UN ÉVÊQUE j · texte numérisé non relu

A UN ÉVÊQUE j

Je suis bien marri, Monseigneur, de ce que le malheur du temps vous prive des fruits de votre abbaye. Je me trouve bien empêché de vous dire mon sentiment là-dessus, tant parce que je ne suis pas en lieu de vous servir, qu’à cause des brouilleries du royaume : néanmoins, Monseigneur, il me semble que l’état présent des affaires vous doit divertir du voyage de la cour, jusqu’à ce que les choses soient un peu éclaircies. Plusieurs de Nosseigneurs les évêques se trouvent en la même peine. M. de... n’a pas seulement perdu tout son revenu courant, mais encore toutes les provisions qu’il avait faites pour longtemps ; et bien qu’il soit en grande réputation à la cour, et cela avec sujet, toutefois, ayant fait un voyage ici, pensant se réparer, il n’y a pas eu satisfaction. M. de Sarlat (2) qui a tenu ferme en son diocèse, a fait revenir sa ville sous l’obéissance du roi, lorsque, dans les premiers mouvements, elle s’était déclarée pour le parti contraire ; de quoi il a reçu de grandes louanges à la cour et s’est ouvert la voie à une reconnaissance. Et quoique vous n’ayez pas occasion de rendre un pareil service à Sa Majesté, votre présence néanmoins peut notablement aider à contenir la province, étant estimé et considéré au point que vous êtes. C’est une chose qui est maintenant fort à désirer et qui sera aussi fort bien remarquée.

Je vous supplie très humblement d’agréer ma simplicité et les offres de mon obéissance.

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